Les importations de produits alimentaires en chute libre

Après les mesures de régulation du commerce extérieur

Les importations de produits alimentaires en chute libre

Par :Meziane Rabhi, Liberté, 25 août 2009

Avec l’interdiction du crédit automobile en particulier et du crédit à la consommation en général, il faut s’attendre à la chute libre des importations de véhicules au 2e semestre 2009. Mais pour le reste des produits, les prix pourraient augmenter en raison de la pénurie.

Les mesures prises par le gouvernement pour réguler le commerce extérieur et agir sur les niveaux des importations qui, les dernières années, ont pris l’ascenseur semblent déjà porter leurs fruits. La facture alimentaire a baissé d’un milliard de dollars, les sept premiers mois de l’année 2009, à 3,714 milliards de dollars contre 4,715 milliards de dollars sur la même période de l’année 2008, selon les chiffres du Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis) des Douanes nationales, repris par l’APS.
Pour le seul mois de juillet, la baisse des importations est encore plus forte. Et la tendance risque de s’accentuer avec les nouvelles mesures inscrites dans la loi de finances complémentaire 2009. Le gouvernement a, en effet, pris une série de mesures visant à réduire les importations parmi lesquelles figurent, notamment l’interdiction du crédit véhicule et du crédit à la consommation et l’instauration du crédit documentaire comme unique moyen de paiement des importations.
Le Cnis indique que la facture des importations des principaux produits alimentaires et des véhicules a enregistré une nette baisse durant le mois de juillet 2009 par rapport à la même période de l’année précédente. Pour les principaux produits alimentaires, le montant des importations a atteint 297 millions de dollars en juillet 2009, contre 649 millions de dollars en juillet 2008, soit une baisse de 54,24%, selon les chiffres fournis par le Cnis. Les importations des laits et produits laitiers, des céréales, semoules, farine et sucre ont enregistré la plus forte baisse. En effet, la facture des laits et produits laitiers s’est établie à 50 millions de dollars en juillet 2009, contre 130 millions de dollars en juillet 2008, soit une baisse de 61,54%. Les importations des céréales, semoules et farine ont reculé à 173 millions de dollars contre 408 millions de dollars, soit une baisse de 57,6%.
La facture des sucres et sucreries a également diminué puisqu’elle est passée à 20 millions de dollars contre 46 millions de dollars, soit une baisse de 56,52%. La baisse de la facture des importations des produits alimentaires a touché aussi les légumes secs (-38,46%), le café et le thé (29,41%) et les viandes (-22,22%). Par ailleurs, la facture des importations a baissé pour plusieurs produits de consommation non alimentaires à l’exception notable des pièces détachées des véhicules dont le montant des importations a presque quintuplé. Il s’agit notamment des médicaments dont les importations se sont établies à 148,22 millions de dollars en juillet 2009, contre 216,05 millions de dollars en juillet 2008, soit une baisse de -31,4%. Même tendance pour les véhicules de tourisme dont les importations ont atteint 137 millions de dollars en juillet 2009, contre 177 millions de dollars en juillet 2008, en recul de -22,6%.
Les importateurs et les concessionnaires semblent avoir anticipé l’entrée en vigueur de nouvelles décisions du gouvernement étant donné que la loi de finances complémentaire 2009 n’a été promulguée que le 26 juillet. Avec l’interdiction du crédit automobile en particulier et du crédit à la consommation en général, il faut s’attendre à la chute libre des importations de véhicules au 2e semestre 2009.
Par ailleurs, les importations des barres en fer et en acier ont connu une baisse de 51,82% en se chiffrant à 127,25 millions de dollars, contre 264,12 millions de dollars en juillet 2008. Par contre, les importations des parties et accessoires des véhicules ont enregistré une très forte hausse en se chiffrant à près de 103 millions de dollars en juillet 2009, contre 24 millions de dollars durant juillet 2008, soit une hausse de près de 327,72%.
Dans un article publié dans MOCI repris par Optimexport, Isabelle Verdier indique que “le port de Marseille-Fos, qui réalise une partie importante de son trafic avec l’Algérie, subit de plein fouet les nouvelles mesures restrictives décidées fin juillet par Alger dans la loi de finances complémentaire pour 2009 quant aux modalités d’importation de marchandises”.