8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers

Chakib Khelil

8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers

Le Quotidien d’Oran, 1 janvier 2006

Trente-trois milliards de dollars d’investissements sont attendus dans les 5 prochaines années «dont probablement 8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers» dans le secteur des hydrocarbures, a déclaré le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, dans un entretien paru hier dans le quotidien El Moudjahid.

En matière d’IDE (investissement direct étranger), le ministre a indiqué que les investissements «vont inclure pour la première fois une dizaine d’unités pétrochimiques, grâce à la loi sur les hydrocarbures et surtout le prix de cession du gaz qui va permettre la consolidation des paiements des impôts et encourager le développement». Les projets d’une dizaine d’unités pétrochimiques dont les appels d’offres internationaux ont été lancés seront, a ajouté le ministre, «octroyés dans les six prochains mois» en plus de la construction d’une unité de GTL qui sera réalisée «avec des partenaires étrangers». Khelil a également rappelé la réalisation en cours du projet intégré de GNL d’Arzew avec un partenaire étranger, ainsi que d’autres projets dans les domaines du transport par bateaux et les bouées offshore qui vont permettre dans cinq ans «d’exporter en Chine et de charger de grands bateaux réduisant de ce fait les grands coûts».

Khelil a aussi rappelé que durant ces cinq dernières années, les IDE en Algérie se sont élevés à «plus de 8 milliards de dollars dans le secteur des hydrocarbures et plus de 600 millions de dollars dans le secteur autre que les hydrocarbures». Dans le cadre du dessalement de l’eau de mer dont les projets octroyés dépassent un million de mètres cubes par jour, «ce qui vaut plus d’un milliard de dollars dont la contribution du partenaire doit être aux environs de 500 à 600 millions de dollars», poursuit le ministre de l’Energie.

Cela étant dit, huit milliards de dollars d’investissements directs étrangers dans le secteur des hydrocarbures pour les cinq prochaines années, c’est relativement peu par rapport à l’effet d’annonce qui a accompagné la nouvelle loi sur les hydrocarbures adoptée le 19 mars dernier. C’est à peine le niveau d’investissement qui a été réalisé durant les cinq dernières années (surtout avec BP qui, à elle seule, a déjà investi plus de 4 milliards de dollars dans des projets gaziers), soit sous le régime de l’ancienne loi sur les hydrocarbures dont le remplacement a été justifié par le fait qu’elle n’offrait plus les conditions nécessaires pour placer l’Algérie dans une position avantageuse pour attirer des investissements étrangers dans un secteur voué à une grande concurrence internationale et régionale.

Ainsi, grâce aux privilèges qu’elle accorde aux partenaires étrangers, la nouvelle loi sur les hydrocarbures est censée attirer plus d’investissements que le précédent texte de loi pour une période équivalente.

Finalement, l’Algérie compte investir dans les cinq prochaines années 25 milliards de dollars (sur les 33 prévus), à travers l’Etat et les entreprises publiques du secteur des hydrocarbures, soit trois fois plus que les partenaires étrangers.

Mohamed Mehdi