50 milliards de dinars pour la réalisation de la nouvelle ville de Hassi Messaoud

Conseil des ministres

50 milliards de dinars pour la réalisation de la nouvelle ville de Hassi Messaoud

Le Quotidien d’Oran, 15 janvier 2006

La promulgation des textes de mise en oeuvre de l’application de la réconciliation nationale est pour bientôt. C’est ce qu’a déclaré hier le chef de l’Etat, lors du premier Conseil des ministres, depuis son hospitalisation.

Intervenant à l’issue de l’adoption du programme spécial complémentaire de développement pour les wilayas du Sud, le Président Bouteflika a notamment indiqué que «l’option de la paix et de la réconciliation nationale, que la nation a souverainement et massivement soutenue le 29 septembre dernier, verra bientôt la promulgation de textes de mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale». «Cependant, a-t-il ajouté, la réconciliation nationale se renforcera encore davantage grâce aux résultats que produira notre effort national de développement et dans la concrétisation du sursaut national entamé en 1999». Le Président Bouteflika a, dans le même contexte, insisté sur «la mobilisation exemplaire attendue du gouvernement et de tous les services de l’Etat», dans cette perspective.

Le Conseil des ministres a adopté le programme spécial complémentaire de développement pour les wilayas du Sud. L’enveloppe globale destinée à ce programme a été augmentée de 127 milliards de dinars passant ainsi de 250 à 377 milliards de DA, a annoncé le communiqué, rendu public à l’issue de la réunion. Cette augmentation résulte, en premier lieu, d’une décision du président de la République, prise séance tenante, d’inclure dans le programme spécial Sud le projet de transfert d’eau potable de la nappe de In Salah vers Tamanrasset (700 km) et de le financer par une première tranche supplémentaire de 50 milliards de DA. Elle découle, en second lieu, d’une décision du Conseil des ministres de ce samedi de consacrer une enveloppe de 50 milliards de DA à la réalisation de la nouvelle ville de Hassi Messaoud en vue de délocaliser l’actuelle ville, trop exposée aux risques industriels majeurs induits par la proximité du gisement pétrolier géant du même nom.

Le programme spécial Sud prévoit, par ailleurs, un grand nombre de projets destinés à l’amélioration des conditions de vie des populations de ces régions pour un total de 296 milliards de DA dont 110 milliards pour la réalisation de 60.000 logements et 80 milliards pour l’alimentation en eau. En outre, un budget global de 74 milliards de DA est destiné au développement économique de ces contrées dont plus de 60% pour le développement du réseau routier (47 milliards de DA) ainsi que 17 milliards de DA pour l’agriculture. D’autre part, au moins 20 milliards de DA seront destinés à l’amélioration des moyens de l’administration, notamment la Justice et les services de contrôle.

Ce programme spécial, qui concerne dix wilayas (Adrar, Laghouat, Biskra, Bechar, Tamanrasset, Ouargla, Illizi, Tindouf, El-Oued et Ghardaïa), vient s’ajouter à des crédits de plus de 300 milliards de DA déjà consacrés à ces mêmes wilayas dans le cadre du programme complémentaire de soutien à la croissance pour la période 2005-2009. A ce propos, le Président Bouteflika a souligné que «notre devoir est de vaincre le défi des distances pour rapprocher le développement» des citoyens de cette région, mais aussi de «réunir les conditions attractives pour un développement économique durable et non fondé exclusivement sur la manne passagère des hydrocarbures». Dans ce contexte, le chef de l’Etat a chargé le gouvernement de veiller à l’exécution de ce programme spécial complémentaire sur la période 2006-2009, «avec la même célérité et la même souplesse» qui caractérisent désormais la réalisation du programme de soutien à la croissance. «J’entends que les autorisations financières liées à ce programme soient toutes libérées sur les années 2006 et 2007 et que les crédits de paiements ne soient pas une entrave à l’accélération des travaux», a-t-il précisé.

Par ailleurs, le Président Bouteflika a invité les investisseurs nationaux «à tirer profit de la forte demande interne générée par l’effort public d’investissement, s’impliquer davantage dans la production de biens et de services, s’écarter des activités parasitaires et spéculatives qui n’ont plus d’avenir en Algérie et mettre à niveau l’outil de production hors hydrocarbures». Aux investisseurs étrangers, il a rappelé que «le marché algérien, actuellement l’un des plus attractifs dans les pays du tiers-monde, leur est ouvert» sur un pied d’égalité que leurs homologues algériens. Le chef de l’Etat s’est aussi référé à la bonification des taux d’intérêt pour l’investissement dans la PME, récemment décidée par la loi de finances, instruisant le gouvernement d’accorder la bonification maximale de 150 points sur les intérêts des crédits bancaires destinés aux investissements (hors hydrocarbures et mines) à travers les dix wilayas du Sud.

Le président de la République a saisi cette occasion pour rappeler que l’Algérie est actuellement engagée dans un programme de développement sans précédent dans l’histoire du pays, qui avec l’enveloppe supplémentaire décidée pour les wilayas du Sud est désormais équivalant à 60 milliards de dollars en attendant le programme spécial des Hauts Plateaux qui sera adopté dans le courant de ce trimestre. Il a ajouté que c’est là une opportunité historique qui s’offre à notre pays, grâce à une bonne mais passagère conjoncture des marchés mondiaux des hydrocarbures, et dont l’objectif est de rattraper les retards de développement accumulés durant la période de la tragédie nationale, d’améliorer les conditions de vie de nos populations et d’asseoir les fondements du développement économique national de manière durable.

Cette démarche qui se déploie en parallèle avec un processus de désendettement du pays, le niveau de la dette extérieure étant déjà ramené à 16,4 milliards de dollars à la fin de l’année dernière, est destinée à garantir à nos jeunes générations un avenir digne dans un pays désormais inséré dans une économie mondiale marquée par une compétition impitoyable pour les faibles, a souligné le chef de l’Etat. Enfin, le Conseil des ministres a entendu une communication sur le contrat de gré à gré conclu pour la gestion de l’eau et de l’assainissement de la wilaya d’Alger, entre, d’une part, l’Algérienne des Eaux et l’Office national d’assainissement et, d’autre part, la compagnie Suez Environnement, contrat qui a été approuvé.

M. Mazari