Ali Haddad : «Je n’ai peur de personne»

Ali Haddad : «Je n’ai peur de personne»

par Zahir Mehdaoui, Le Quotidien d’Oran, 21 janvier 2016

Le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad, dément avoir toute « accointance » avec le pouvoir ou le gouvernement et affirme qu’il est victime d’une campagne de dénigrement virulente de la part de parties qu’il n’a pas voulu citer.

S’exprimant, hier, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à l’Hôtel EL Aurassi, au terme de la première assemblée générale, après son élection à la tête du FCE, Ali Haddad a voulu faire passer l’image d’un homme serein, imperturbable et surtout très offensif.

«Je n’ai peur de personne», a-t-il clamé devant les journalistes, non sans préciser qu’il tirait sa force de tous les membres du FCE qui lui ont accordé leur confiance.

Pour Ali Haddad, il ne fait aucun doute dans son esprit que c’est la nouvelle vision économique prônée par le FCE qui est visée par ces attaques récurrentes qui touchent jusqu’à sa personne.

Le patron du FCE qui était aux côtés de ses deux prédécesseurs, Reda Hamiani et Omar Ramdane, a saisi cette occasion pour réfuter toutes les accusations distillées à travers la presse à son encontre.

C’est le cas du prétendu crédit d’une valeur de plus de 180 milliards de DA (1,3 milliard de dollars US) que lui aurait accordé la BNA.

«Mon groupe n’a jamais bénéficié de cette somme astronomique », a déclaré le conférencier qui tient à mettre cette fausse information sur le compte de la campagne dont il dit être victime.

« Nous avons, dans le cadre de notre travail, demandé effectivement un financement de l’ordre de 5 milliards de DA à cette banque mais la somme rapportée par certains médias est purement imaginaire », souligne le PDG de l’ETRHB qui ajoute dans le même cadre que le groupe qu’il dirige travaille avec 5 banques, y compris des banques étrangères de droit algérien.

«Je tiens à vous préciser que l’année dernière, j’ai payé plus de 20 milliards de DA d’imposition et d’impôts », dira M. Haddad qui tente par là de remettre en cause toutes les rumeurs qui circulent à son compte sur de prétendus avantages fiscaux dont il est bénéficiaire du fait de ses liens avec la famille du président de la République et pour avoir financé la campagne électorale de ce dernier en 2014.

Le patron de l’ETRHB affirme que son groupe a bénéficié de projets dans le cadre de la loi au même titre que toutes les autres entreprises. Mieux, il dira devant la presse que son groupe que l’on tente de diaboliser est une entreprise citoyenne et a réalisé des travaux dont personne ne voulait, pour leur complexité et leurs coûts, y compris des entreprises publiques.

«Nous somme des bâtisseurs et nous ne sommes pas des prédateurs comme tentent de l’affirmer certains », dira Ali Haddad qui ne veut pas cependant identifier ces personnes ou ces parties qui sont à l’origine de la campagne, qui dit-il, le vise très souvent personnellement.

«Nous n’avons au FCE jamais demandé de l’aide à l’Etat. Ce que nous voulons en tant qu’association patronale c’est la liberté d’entreprendre et d’investir en Algérie», renchérit encore Haddad qui rappelle que le pays est en crise et qu’il était temps maintenant de travailler.

Au sujet de la crise financière, justement, que connaît le pays depuis la chute des prix de pétrole, le président du FCE affirme qu’un groupe financier allemand a proposé de mettre à la disposition de l’Algérie 10 milliards de dollars alors qu’un autre fonds, Saoudien cette fois-ci, propose pour sa part pas moins de 100 milliards de dollars.

Par ailleurs, évoquant le fonctionnement du FCE après son élection à sa tête, Haddad a tenu à rappeler qu’il s’était engagé à travailler avec tout le monde pour faire de l’association patronale une organisation forte, une organisation qui soit en mesure de porter haut la voix de l’entreprise et d’installer l’esprit et la culture d’entreprise dans notre pays.

«Aujourd’hui, j’ai l’immense honneur de présider une organisation qui regroupe environ 900 chefs d’entreprise avec plus de 1500 entreprises (contre 300 en décembre 2014). Le FCE est devenu, grâce à la qualité de ses interventions, une organisation reconnue à l’échelle nationale et internationale et un allié incontournable pour tous ceux qui partagent avec nous notre combat pour une Algérie prospère», dira M. Haddad qui souligne dans le même ordre d’idées que toute cette activité que le Forum a déployée durant l’année 2015 a surtout permis au Forum de construire les instruments, les mécanismes et les méthodes par lesquels il pourra réellement se mobiliser et avoir une parole forte en matière de politique économique pour réaliser son objectif général qui est de peser pour qu’une impulsion positive et déterminante soit donnée aux réformes de l’économie nationale.