Benmeradi fait le point sur la coopération algéro-française

À quatre jours d’un Forum de partenariat et d’affaires

Benmeradi fait le point sur la coopération algéro-française

Par : Meziane Rabhi, Liberté, 28 mai 2011

Les négociations sur 12 dossiers phare de collaboration franco-algérienne sont “réglées à 90%” et il reste celui de Renault avec la question de la commercialisation des véhicules, a déclaré, jeudi à l’AFP, le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi, à quatre jours d’un Forum franco-algérien de partenariat et d’affaires qui rassemblera, à Alger, environ 500 entreprises.
“Nous pensons avoir très bien avancé sur le dossier Renault. Tout a été plus ou moins réglé, mais il reste la question de la commercialisation”, a précisé M. Benmeradi.
Le ministre a indiqué que Renault “considère que, disposant d’une entreprise qui a un réseau en Algérie, celui-ci pourra assurer la vente” des 150 000 véhicules que l’usine prochainement implantée en Algérie produira. Pour l’Algérie, il s’agit de la production d’une JV (joint-venture). “C’est à nous de nous occuper de la vente”, plaide M. Benmeradi, annonçant la poursuite des discussions sur le projet, durant la visite de Jean-Pierre Raffarin du 29 au 31 mai. Dans un entretien à l’APS, le ministre a indiqué que les négociations avec le groupe français Renault “ont atteint leur vitesse de croisière”. Il a estimé, toutefois, qu’un projet “d’une telle ampleur nécessite d’avancer sûrement, car il engage sur le long terme et aura un effet de levier sur d’autres industries, telles que l’acier, la fonderie, la plasturgie, les pneumatiques, etc.”.
Le ministre n’a donné aucune prévision sur le développement de la sous-traitance autour de ce projet. S’agissant du projet pétrochimique que Sonatrach négocie avec le groupe français Total, Benmeradi a expliqué que l’accord-cadre fixant les échéances, les obligations et les conditions réciproques entre les deux parties, qui, normalement, expire en juillet prochain, sera prorogé afin de permettre à la société nationale des hydrocarbures de finaliser l’étude de faisabilité déjà engagée. L’annonce de la reconduction de cet accord-cadre pourrait être faite lors de la visite en Algérie de M. Raffarin. “C’est un projet stratégique qui avoisine les 5 milliards de dollars. Il pourrait être générateur d’une filière de l’industrie pétrochimique importante et faisant appel, à terme, à un grand nombre de PME” algériennes, a-t-il précisé. Les autres projets dans l’industrie pharmaceutique avec Sanofi-Aventis, dans les cimenteries avec Lafarge et dans l’industrie du verre avec Alverre avancent bien. Concernant le projet de partenariat entre le français Alstom et les firmes algériennes Ferrovial et l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) pour la fabrication et la maintenance de rames de tramway à Annaba, M. Benmeradi a estimé qu’“il est concrètement engagé. La société a été constituée et les équipes dirigeantes sont à pied d’œuvre à Annaba”.
Le projet Sanofi-Aventis, dont l’objectif est de réaliser une unité de production de médicaments à la nouvelle ville de Sidi-Abdallah, a lui aussi abouti après que le Conseil national de l’investissement eut donné son accord pour sa concrétisation. Selon le ministre, les difficultés qui entravaient la concrétisation du projet Saint-Gobain, qui consiste à privatiser l’entreprise algérienne EPE-Alver, “ont été aplanies et il devrait y avoir, lors de la prochaine visite de M. Raffarin en Algérie, la signature de l’accord scellant cette opération”. Pour ce qui est du dossier ciment, il a fait savoir que “des équipes travaillent actuellement pour développer un partenariat plus élargi entre le français Lafarge et le groupe public cimentier algérien Gica”. Outre la production de ciment, la joint-venture permettra aussi de produire du béton.
Le ministre de l’Industrie a indiqué à l’AFP que l’Algérie a besoin d’investissement et de savoir-faire pour sortir de sa quasi-dépendance du secteur des hydrocarbures. Évoquant les dispositions de la loi de finances complémentaire, M. Benmeradi affirme que l’objectif du gouvernement est “de mettre en place un mécanisme” qui permette un développement des partenariats pour acquérir un savoir-faire plus important que le simple commerce entre les pays. Mais il a reconnu que dans le dispositif mis en place, “il y a énormément de lacunes”. Chemin faisant, “nous faisons face à des incohérences : nous sommes en train de les corriger”, a assuré le ministre.