Relations algéro-françaises: 160 entreprises pour sauver la face

RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES

160 entreprises pour sauver la face

L’Expression, 18 Mai 2011

Des rencontres sont programmées en bilatéral pour chaque entreprise

Jean-Pierre Raffarin sera accompagné par le secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur lors de sa prochaine visite à Alger.

Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat français chargé du Commerce extérieur, se déplacera à Alger le 30 mai prochain pour participer au Forum de partenariat et d’affaires algéro-français. Jean-Pierre Raffarin, chargé par le président Sarkozy de faire avancer les dossiers économiques, sera aussi du voyage. Mais en réalité, il n’y a pas que les dossiers économiques qui intéressent les deux pays qui essayent aussi, dans le même temps, de booster leurs relations politiques. Le fait que les dossiers qui fâchent soient presque totalement aplanis, laissait entrevoir une éclaircie. Mais le conflit en Libye et les projets de régulation de l’immigration sont venus jeter un froid entre les deux capitales. Alors, les autorités des deux pays tentent de découpler les questions politiques des dossiers économiques, dans l’espoir de réaliser une avancée sur ces derniers. L’autre espoir est le fait que l’économie puisse être une locomotive en mesure de constituer un effet d’entraînement contribuant à dénouer les termes de la brouille que tous souhaitent passagère.
En tout cas, le forum des 30 et 31 mai, prévu sous les auspices d’UBIFrance, agence française pour le développement international des entreprises, est organisé pour favoriser le rapprochement des intérêts économiques et commerciaux des entreprises des deux rives de la Méditerranée. Il réunira près de 540 entreprises soit 380 algériennes et 160 françaises, à la recherche d’une relation gagnant-gagnant, selon la formule consacrée.
D’ailleurs, des rencontres sont programmées en bilatéral pour chaque entreprise alors que plusieurs ateliers retenus pour des débats, devraient permettre de proposer des pistes de réflexion en réponse aux besoins et attentes des entreprises en matière de partenariat public-privé. Les ressources humaines, le transfert de savoir-faire et l’innovation sont aussi des thèmes retenus. Du côté algérien, tout ce volet de la coopération sera géré par le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi, qui a effectué récemment une visite en France pour préparer l’événement. Le ministère du Commerce et celui des Affaires étrangères sont aussi engagés dans ces dossiers. Le soutien des partenaires institutionnels proches des entreprises comme les organisations patronales, les Bourses de sous-traitance, l’Andi (promotion des investissements) et Algex (promotion des exportations) est aussi sollicité. Le directeur général de l’Andi, M.Mansouri, animera une table ronde sur les opportunités d’investissement. Les nouvelles mesures dans le domaine ainsi que les contraintes rencontrées par les hommes d’affaires seront débattues en présence d’experts.
Lors des ateliers sur le partenariat public et privé, il sera question d’évoquer les expériences réussies en matière des eaux (Seaal), transport (métro et tramway), ou encore le ciment (Lafarge). Banques, agroalimentaire et automobile ne seront pas absents des débats. Ces dossiers n’enregistrent pas un état d’avancement similaire.
La 15 mai dernier, le ministre de l’Industrie, Mohamed Benmeradi, a affirmé que sur les 12 grands dossiers de coopération économique algéro-française, 60% sont finalisés et en cours d’application grâce au groupe de travail mixte qu’il copréside avec l’envoyé spécial du président français en Algérie, Jean-Pierre Raffarin. Il s’agit des projets de Sanofi-Aventis (médicament), du groupe cimentier Lafarge, la privatisation d’Alver (Algérie verre) à Oran, du métro d’Alger, du projet de vapocraquage d’éthane prévu dans le cadre d’une association entre Sonatrach et Total à Arzew. S’agissant du dossier d’implantation d’une usine de Renault en Algérie, Benmeradi a précisé que les négociations sont bien avancées mais ne sont pas encore finalisées. Renault a accepté un taux d’intégration nationale de 50% dans le cadre de son projet de montage d’une usine de fabrication de véhicules, a précisé le ministre. Benmeradi avait déclaré fin avril que le dossier Renault continue d’avancer. «Nous avons mis en place des groupes de travail qui sont en train d’avancer sur l’aspect technologique, le taux d’intégration. L’aspect économique porte, quant à lui, sur les facilitations et les encouragements que l’Etat algérien peut donner, notamment», disait-il.

Ahmed MESBAH