L’électricité pour unir les pays du Maghreb

Chakib Khelil au mensuel marocain « Economie Entreprises »

L’électricité pour unir les pays du Maghreb

par M. Mehdi, Le Quotidien d’Oran, 2 juin 2008

Dans un entretien à paraître aujourd’hui, le ministre de l’Energie et des Mines, et président en exercice de l’OPEP, Chakib Khelil, a révélé un projet de joint-venture entre la compagnie Sonelgaz et l’Office national de l’Electricité (ONE – Maroc).

Selon une dépêche AFP citant l’entretien, le ministre « a affirmé avoir donné son accord pour la création d’une «joint-venture» entre Sonelgaz et son homologue marocaine ONE pour développer une interconnexion électrique au niveau régional». « Nous oeuvrons actuellement pour créer une interconnexion électrique maghrébine et nous menons des études pour la création d’un pipeline méditerranéen », a-t-il ajouté. Le ministre considère qu’une interconnexion électrique peut être un début pour la création d’un marché maghrébin, regrettant au passage que les frontières entre les deux pays soient encore fermées depuis 1994. « L’histoire, dit-il, a démontré que la fermeture des frontières n’est bonne pour personne », citant l’exemple de l’Europe avant et après le Traité de Rome.

A propos du marché pétrolier, Khelil prévoit, « logiquement », une « baisse de la demande » de pétrole cette année. Cette baisse serait, selon lui, la conséquence de la « récession, la montée en puissance des énergies alternatives et une augmentation de la production ». « Sachez, par exemple, que les Etats-Unis ont rouvert plusieurs nouveaux gisements pétroliers et gaziers, jugés jadis pas rentables, mais intéressants à un baril de plus de 123 dollars », a ajouté le président de l’Opep. Quant au cours sur le marché international, Khelil considère que les prix actuels du baril devaient être ajustés « à l’inflation mondiale et à la baisse du dollar, vous vous apercevrez que ce prix équivaut à celui de 1985 ». Il maintient, en tout cas, que la hausse des prix n’est pas liée à l’offre de pétrole, «mais un problème de spéculation». Il considère, par ailleurs, que cette hausse des prix devrait inciter les pays non producteurs, dont ceux d’Afrique, « à consommer mieux ». Il cite, à ce propos, le plan d’efficacité énergétique lancé récemment par le Maroc qu’il juge comme étant « un très bon cas d’école ». Le ministre souhaite l’établissement d’une « interconnexion électrique régionale » en Afrique, non seulement pour faire face à d’éventuelles pénuries d’électricité, mais également éviter des investissements lourds à supporter par certains pays. « Lorsqu’on n’a pas les moyens, pourquoi construire une centrale électrique si on peut utiliser l’excédent du pays voisin », a déclaré le président de l’Opep.