Lafarge, Total, et Sanofi-Aventis, dossiers débloqués

Lafarge, Total, et Sanofi-Aventis, dossiers débloqués

Farouk Djouadi, Maghreb Emergent, 15 Mai 2011

C’est le dégel entre Paris et Alger, en matière de coopération économique. Outre Renault, les dossiers d’investissement de Sanofi-Aventis, Lafarge et Total ont été débloqués, a affirmé, ce dimanche à Alger, M. Mohamed Benmeradi, ministre de l’industrie et de la PME. Le Forum de partenariat Algérie-France, prévu les 30 et 31 mai en cours à Alger, sera une autre occasion pour régler d’autres dossiers, a indiqué le ministre devant les membres du groupe parlementaire pour l’amitié algéro-française à l’APN.

 

Plus de la moitié, soit 60 % des 12 dossiers qui étaient en suspens sur la table du Conseil national d’investissement ont été réglés, a déclaré le ministre. Il est question du projet de Sanofi Aventis qui avait proposé un projet d’ « extension » de son usine à Ain Benian et que les pouvoirs publics algériens avaient considéré comme un nouveau projet donc à soumettre à la règle 51/49, instauré dans la LFC 2009. Mohamed Benmeradi a fait savoir que le géant de l’industrie pharmaceutique a accepté la règle des 51/49 et son projet sera réalisé au niveau de Sidi Abdellah. Il s’agit, également, d’un projet de pétrochimie à Arzew , un complexe de vapocraquage qui sera réalisé en partenariat entre Total et Sonatrach, rejoint depuis août 2010 par Qatar Petroleum. Un projet « très intéressant » selon les termes de Benmeradi, qui nécessitera des investissements de l’ordre de un milliard de dollars. L’autre dossier et non des moindres, réglé depuis la désignation de Raffarin comme monsieur Algérie, est celui de Lafarge qui avait acheté, en 2007, les cimenteries d’Orascom à M’sila et Mascara dans le cadre de la cession à la bourse du Caire de la branche internationale des matériaux de construction de la holding égyptienne. Cette transaction qui a permis au magnat égyptien Naguib Sawiris de gagner plus d’un milliard de dollars, graces notamment à des aides publiques locales, a poussé les autorités algériennes à geler les contrats de concessions et le géant français des matériaux de construction à déposer plainte.

Usine Renault, négociations sur la commercialisation

La situation est désormais assainie. « Lafarge a retiré sa plainte et a accepté de travailler conformément à la règle des 51%/49% », dans ses nouveaux projets d’investissements en Algérie a affirmé le ministre. Il a fait part, en outre, du reglement du dossier de la société publique Alverre à Oran dont le capital sera ouvert au profit du groupe français Saint Gobain, spécialisé dans l’industrie du verre. Benmeradi a indiqué pour ce qui concerne le dossier Renault que les deux partie s’attellent à régler l’aspect commercial. Le constructeur français, dit-t-il, veut que la production de son usine soit commercialisée par Renault Algérie. « La question est en cours des négociations », a-t-il indiqué. Benmeradi a tenu à signaler que l’usine de Renault permettra la création de 8000 emplois directs et 20 000 autres indirects. Cette usine qui fonctionnera avec un taux d’intégration local de 50 % devrait favoriser, selon ses prévisions, la création de quelques 300 PME de sous-traitance. Il a précisé, dans la même optique que la priorité dans le programme de mise à niveau des entreprises algériennes – doté de 4 milliards de dollars- sera accordée aux PME devant travailler autour de l’usine de Renault. D’autre part, le ministre de l’Industrie a indiqué que le Forum de partenariat Algérie-France verra la participation de 100 entreprises du coté français et 300 entreprises du coté algérien. Le forum coïncidera avec l’organisation de la Foire internationale d’Alger (FIA).