Production nationale : Huit filières risquent de disparaître

Production nationale : Huit filières risquent de disparaître

par S. E. K., Le Quotidien d’Oran, 2 mai 2015

Dans le sillage de la campagne médiatique « consommons algérien », une conférence a été organisée, ce jeudi, par le Chambre de commerce et d’industrie de la wilaya d’Alger. Plusieurs chefs d’entreprise et commerçants sont venus écouter les experts et économistes ayant animé les débats sur cette question, dont l’expert financier Abderrahmane Benkhalfa et le consultant Sid Ali Abdellaoui.

D’emblée, Abderrahmane Benkhalfa, citera 8 filières vouées à disparaître du paysage économique du pays, si rien n’est fait, devant le flux des importations qui inondent le marché national. Il s’agit, selon le conférencier, des secteurs agricoles et de la Pêche, des industries alimentaires et des produits de large consommation comme les produits d’hygiènes et les cosmétiques, de la pièce de rechange, les produits électroniques, les produits d’ameublement, la filière de la chaussure et d’habillement, les matériaux de construction et enfin le secteur des services.

Abderrahmane Benkhalfa, tout en admettant qu’en Algérie il y a une production abondante, demande toutefois aux opérateurs de fabriquer des produits de meilleure qualité et conditionnés dans un emballage aux standards reconnus. Les orientations du conférencier ne se limitent pas simplement à ces deux conditions. Il suggère aux producteurs de faire la promotion médiatique de leurs produits. Car pour lui, l’Etat ne peut pas tout faire à la place de l’opérateur, à l’image de la présente campagne médiatique du produit local. D’ailleurs, l’expert financier, qui appelle à revoir la politique des subventions des produits de consommation, explique que « le secteur économique est l’affaire des opérateurs et entrepreneurs et que l’Etat doit simplement encadrer et accompagner l’activité l’économique en fixant le cap et la stratégie». Sur le sujet inhérent à la chute des revenus des hydrocarbures, le conférencier indiquera qu’il ne sert à rien de s’affoler. « Nous devons avoir confiance en nous. Nous avons encore une grande marge de manœuvre pour nous rattraper et remettre en marche notre économie, en prenant les bonnes décisions », a-t-il rassuré, estimant nécessaire l’intégration de l’activité informelle dans le circuit économique réel. Pour sa part, le consultant Sid Ali Abdellaoui est revenu sur le crédit à la consommation devant entrer en vigueur sous peu. A ce propos, il dira « que le crédit à la consommation doit concerner exclusivement les produits nationaux, comme cela a été annoncé au départ. « Si ce dispositif n’est pas respecté, dira-t-il, l’opération n’atteindra pas ses objectifs, à savoir l’essor de la production nationale ».