Pourquoi le dinar ne baisse pas sur le marché parallèle des devises

Pourquoi le dinar ne baisse pas sur le marché parallèle des devises

Samir Allam, TSA, 16 août 2015

Depuis quelques jours, le dinar est en chute libre dans les cotations interbancaires, touchant un plus bas historique face au dollar et à l’euro.

Mais sur le marché parallèle des devises, considéré comme le véritable repère pour la valeur du dinar, la monnaie nationale fait plus que résister face à l’euro. Ce dimanche, un euro coûtait 160,7 dinars. Il y a une semaine, alors que le dinar avait déjà entamé sa descente aux enfers sur le marché officiel, il était à 159,5 dinars.

Par le passé, une petite variation du dinar sur le marché interbancaire provoquait immédiatement une dégringolade sur le marché parallèle. Pourquoi cette règle n’est -t-elle pas valable actuellement ?

« Il y a une forte baisse de la demande sur le marché », explique un « cambiste » clandestin qui opère à Alger et à Paris. « Les dernières mesures prises par le gouvernement ont rendu presque impossible l’utilisation de faux registres de commerce pour effectuer des importations. Or, ce sont ceux qui utilisent ce type de registres qui constituaient l’essentiel de la clientèle du marché parallèle », détaille notre cambiste.

« Aujourd’hui, le propriétaire d’un registre ne peut pas le louer à plusieurs importateurs à la fois. Il doit à chaque domiciliation être présent physiquement », ajoute-t-il.

L’autre explication à la baisse de la demande sur le marché parallèle vient du fait qu’il est de plus en plus difficile de faire sortir les devises collectées en Algérie.

« Depuis quelques jours, aucun centime n’arrive à Dubaï, plaque-tournante du change parallèle algérien ». Pourquoi ? « Habituellement, l’argent transite par la Libye. Mais les Libyens ont de plus en plus de mal à le faire parvenir à Dubaï. Nous ignorons pourquoi », explique-t-il.

Le marché parallèle des devises est-il en train de subir une mutation, après les dernières décisions du gouvernement sur les importations ? Notre « cambiste » se montre prudent. « Nous ne pouvons pas juger sur un seul mois ». Selon lui, août est souvent « calme » sur le front du change parallèle. « Les entreprises sont fermées et l’activité économique est réduite partout. Il faudra attendre septembre et octobre pour tirer des conclusions ».