3,6% de croissance pour l’Algérie en 2012

Rapport de la Banque mondiale sur la région MENA

3,6% de croissance pour l’Algérie en 2012

El Watan, 25 septembre 2011

Les nouvelles prévisions de croissance de la Banque mondiale (BM) dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) tablent sur un taux de croissance de 3,7% en 2011 pour l’Algérie.

Dans un rapport intitulé «Middle East and North Africa Economic Developments and Prospects», publié à la veille de l’ouverture des réunions annuelles d’automne du FMI et de la BM, l’institution de Bretton Woods tente de faire un tour d’horizon de l’évolution des économies arabes avant et après le printemps arabe.Le rapport montre que la région MENA a connu un niveau d’investissement soutenu au cours des deux dernières décennies par comparaison avec l’Amérique latine et l’Europe de l’Est. Toutefois, dans les pays exportateurs de pétrole tels que l’Algérie, ces niveaux ont été principalement soutenus par un investissement public massif et croissant. Et c’est justement cet état de fait qui permet à la Banque mondiale de tirer diverses conclusions autour de l’évolution des indicateurs macroéconomiques en Algérie depuis 2000. De fait, les constats établis par la BM sont sans appel.

L’Algérie a inscrit le taux moyen de croissance, pour la décennie, le plus faible de la région derrière même la Libye. Un taux qui n’arrive d’ailleurs pas à toucher la barre des 4% contre près de 6% pour la Jordanie. Côté prévisions, l’institution de Bretton Woods prévoit que l’Algérie termine l’année sur une croissance de 3,7%, en hausse par rapport à 2010 (3,3%), laquelle décélérera légèrement en 2012 à 3,6%.La BM ne fait bien entendu pas l’impasse sur la dépendance chronique de l’économie algérienne du secteur des hydrocarbures. C’est ainsi qu’il est encore une fois rappelé que le segment énergie et mines domine les secteurs créateurs de valeur ajoutée même s’il ne participe que de manière marginale à la création de l’emploi. Idem pour ce qui est de l’efficience de l’investissement.

Le rapport démontre que malgré une légère amélioration durant la dernière décennie, les investissements directs étrangers peinent à participer à la création de 20 000 emplois, sans oublier le fait que ces derniers restent très minimes comparativement à la masse d’argent injectée dans le cadre des programmes d’investissement public. Même si la dépense publique a amélioré l’élasticité de l’emploi par rapport à la croissance, dont le taux a augmenté à 0,91% entre 2004 et 2008, cela n’est pas sans effet sur les comptes macroéconomiques de l’Algérie. Celle-ci a enregistré, durant les dernières années, des déficits budgétaires atteignant parfois les 6% du produit intérieur brut.

Les limites de l’investissement public

Pour l’année 2011, la Banque mondiale prévoit un déficit estimé à 3,3% du PIB, lequel devrait baisser en 2012 à 1,1%. Du côté de la balance des comptes courants celle-ci devrait enregistrer un excédent de 17,8% du PIB cette année, lequel devrait baisser à 17,4% l’année prochaine. Ce qui fait dire à Caroline Freund, économiste en chef pour la région MENA à la Banque mondiale, que l’une des craintes que suscite l’investissement public dans les pays en développement exportateurs de pétrole est qu’en l’absence d’une bonne gouvernance, rien n’atteste que ce type d’investissement stimule la croissance.

Et d’ajouter que l’investissement public ne saurait être substitué à l’investissement privé, surtout en cas de mauvaise gouvernance.
Notons toutefois que le rapport en question consacre un petit chapitre aux principales mesures d’ordre socioéconomique prises par divers gouvernements de la région au lendemain du printemps arabe.
C’est ainsi que pour le cas de l’Algérie, la BM a rappelé les mesures concernant la hausse des salaires dans la Fonction publique, la création d’emplois nouveaux, le lancement de nouveaux programmes de réalisation de logements et enfin l’élargissement des subventions aux produits de première nécessité.

Melissa Roumadi