Abderrahmane Benkhalfa : “L’Algérie n’est pas en crise”

Alors que les chiffres qu’il a avancés la veille inquiètent

Abderrahmane Benkhalfa : “L’Algérie n’est pas en crise”

Liberté, 9 mai 2016

“L’Algérie pourra continuer sur le même rythme de croissance, en dépit de la conjoncture”, a-t-il soutenu.

Pour le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, l’Algérie n’est pas en crise. Depuis Béjaïa où il effectuait une visite de travail et d’inspection et assistait aux 5es assises nationales du commissariat aux comptes, il a affirmé que le pays disposerait suffisamment de ressources pour rebondir dans les trois ou quatre années à venir.
Devant un parterre d’experts, de commissaires aux comptes, de financiers, d’opérateurs économiques, d’acteurs sociaux et politiques, le ministre a tenté d’expliquer qu’en dépit de la baisse des revenus extérieurs conséquemment à la chute des prix des hydrocarbures, le pays peut s’en sortir. La chose à faire : “Il ne faut pas écouter les faux rossignols” et se détourner des “vendeurs de pessimisme”, allusion à l’opposition ainsi qu’à ses relais médiatiques — autres déclinologues. La presse y sera, en effet, pointée pour avoir relayé des données, communiquées par ses services, et qui font état d’une fiscalité pétrolière durant les deux premiers mois de l’année, en baisse de 20,7% par rapport à la même période de l’année 2015. Ce qui induit forcément un déficit qui va se creuser, d’où le recours, forcément, au Fonds de régulations des recettes (FRR). Un point sur lequel, les journalistes présents avaient souhaité faire réagir le ministre régalien. Pour ce dernier, l’Algérie pourra continuer sur le même rythme de croissance, en dépit de la conjoncture. La solution préconisée : imprimer plus d’efficience à la gestion des ressources rares. Il faut aussi que les projets, financés, deviennent sources de profitabilité, une sorte de retour sur investissement. Le ministre a, néanmoins, reconnu que la dépense publique a atteint un seuil d’insoutenabilité. Il faudra alors insuffler plus d’efficacité aux investissements publics et surtout faire la chasse aux surcoûts. Être efficient dans l’esprit du ministre, c’est faire une bonne utilisation des ressources humaines, informationnelles et financières. En d’autres termes, c’est faire les choses correctement. Le ministre a indiqué que l’objectif de son gouvernement est d’atteindre une croissance de 7% à l’horizon 2018. Il faut, pour cela, revoir le modèle de croissance et le mode de financement. À l’instar de son collègue du gouvernement, le ministre de l’Énergie et des Mines exclut le recours à l’endettement extérieur et dit tout le bien qu’il pense de l’endettement intérieur via l’emprunt obligataire que le gouvernement a lancé. Une opération qui commence à porter ses fruits, déclarera-t-il en substance.
Il n’a pas manqué de s’en prendre à ceux qui critiquent l’opération sur le plan religieux : “L’intérêt consenti n’est, en fait, qu’une redistribution des profits qu’escompte le gouvernement à travers des projets qu’il veut financer avec cette manne.”
Le ministre des Finances a procédé, par ailleurs, à l’inauguration du nouveau siège de l’Inspection du commerce avant de se diriger vers la daïra de Kherrata pour assister aux festivités officielles de la commémoration du 71e anniversaire des douloureux événements du 8 Mai 1945. Sur les lieux, il a déposé une gerbe de fleurs au carré des Martyrs, au pont de Henouze.

M. Ouyougoute