Une autre campagne pour appeler les algériens à consommer national

Une autre campagne pour appeler les algériens à consommer national

Quand l’état ne donne pas l’exemple

El Watan, 11 mai 2015

A près avoir essuyé des échecs lors des deux premières opérations de 2003 et 2009, la campagne de sensibilisation pour la consommation des produits locaux refait surface.

Mais cette fois-ci dans une conjoncture difficile marquée par la baisse des recettes d’hydrocarbures, donc par la réduction des moyens de financement des importations.

D’où cet empressement à pousser l’Algérien à consommer national, sans commencer par donner l’exemple au plus haut niveau de l’Etat. Le travail a déjà commencé à travers des opérations de communication, d’information, de vulgarisation et de sensibilisation (spots publicitaires sur différents supports, particulièrement audiovisuels).

Ayant facilité pendant les années d’opulence les importations tous azimuts, encourageant ainsi la frénésie de la consommation, le gouvernement se réveille et décide de plaider la cause de la production nationale avec l’appui du Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui, il faut le rappeler, était l’initiateur des précédentes campagnes (celles de 2003 et 2009). Mais au-delà des aspects liés à la compétitivité et aux performances des entreprises nationales ainsi qu’à l’organisation du marché (conditions nécessaires pour la réussite d’une telle opération), d’autres points sont à prendre en considération.

Les représentants du gouvernement qui évoquent à chaque occasion les efforts consentis pour garantir la qualité et la disponibilité des produits locaux font-ils de leur côté l’effort de consommer national pour donner l’exemple aux citoyens ? Certes, certaines entreprises publiques appliquent le concept de la préférence nationale favorisant les opérateurs économiques nationaux via la sous-traitance, comme c’est le cas pour l’approvisionnement des corps constitués en tenues de travail et en produits alimentaires (des groupes publics agroalimentaires et quelques entreprises privées alimentent exclusivement les casernes, notamment en produits alimentaires). Mais là aussi place aux pratiques douteuses.

Des hommes d’affaires posent d’ailleurs le problème de l’absence de transparence et de favoritisme. Ils sont d’ailleurs nombreux à refuser de soumissionner aux commandes publiques. «Les jeux sont souvent ficelés à l’avance. La priorité est accordée à l’alimentation des réseaux de l’importation», regrettera un chef d’une entreprise privée spécialisée dans la maroquinerie et les cuirs.

Scepticisme autour de l’opération

Cela pour dire que les pouvoirs publics se contentent d’appliquer la maxime : «Faites ce que je dis, pas ce que je fais». Ce que soulignera Amine, salarié d’une société nationale. «Car, poursuivra-t-il, même si on ne nous rend pas compte, on remarque bien le train de vie de nos responsables. Ils se soignent à l’étranger, et je doute fort qu’ils prennent les médicaments génériques. Aussi, il n’y a qu’à voir les voitures dans lesquelles ils roulent, les costumes et les chausses qu’ils portent. Ce n’est pas du Made in Algeria. Ils ne proviennent pas des usines algériennes ni de Chine d’ailleurs, mais ils arrivent directement des grandes marques européennes.

On ne leur demande pas de renoncer à tout cela, mais de réduire uniquement la cadence pour faire semblant de donner l’exemple et encourager les citoyens lambda à aller vers le produit local.» «Quand on sait que des hauts placés de l’Etat et les hommes d’affaires du pays font appel à des ouvriers étrangers pour les finitions de leurs constructions avec des matériaux importés, tout est clair.

Arrêtons de cacher le soleil avec un tamis», martèlera pour sa part Yacine, maçon de son état. «Avec un Etat qui s’érige en donneur de leçons et oublie de jouer son rôle de guide, la campagne risque de connaître le même sort que les précédentes», prévoit par ailleurs Amel, enseignante, qui reste sceptique quant à l’issue d’une telle opération. Un point de vue partagé par Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection du consommateur et de son environnement (APOCE). «Je l’ai bien dit lors du lancement de la campagne ‘‘Consommons national’’ : pour être sensibilisateur, il faut d’abord donner l’exemple.

Or, nos responsables ne font rien de tel», soulignera M. Zebdi. Et de s’interroger : «Comment peut-on espérer la réussite de la campagne dans ce cas ?»

Les experts ne croient pas non plus à la réussite d’une telle campagne. «Si on veut encourager et inculquer aux Algériens de consommer national (des produits algériens fabriqués par des Algériens), il faudrait commencer par ancrer cet objectif dans le comportement de ceux qui sont en charge de la gestion de l’économie nationale. Le jour où on verra nos ministres, nos walis et tous les responsable de la chose publique s’habiller algérien, manger des produits algériens, se soigner dans les hôpitaux algériens, rouler dans les modestes voitures algériennes (en l’occurrence la Symbol dont on espère qu’elle connaîtra à terme un taux d’intégration élevé)… l’effet de démonstration ne tardera pas à se manifester et la notion de patriotisme économique ne sera pas un vain mot chez nous», notera à cet effet Kouider Boutaleb, enseignant à l’université de Tlemcen. Pour ce dernier, l’Algérien est devenu insensible aux discours.

«Ancrer l’objectif dans le comportement des décideurs»

«Ce ne sont pas des campagnes de sensibilisation qui vont bouleverser une situation devenue inextricable avec une économie de bazar, informalisée à plus de 50%, fonctionnant à l’importation», rappellera-t-il. Quid alors de la démarche à adopter pour convaincre un citoyen en perte de confiance vis-à-vis de ses gouvernants ? En réponse à cette question, il dira : «Ce qu’il faudrait, ce sont des stratégies et politiques avec des objectifs clairement énoncés et évalués périodiquement dans tous les secteurs d’activités, dont la cohérence et le pilotage seraient confiés à une institution, quelle que soit sa dénomination, qui rendra compte périodiquement des réalisations dans la transparence.»

Ce qui permettra, de l’avis de notre enseignant, d’évaluer les compétences sectorielles à tous les niveaux sur le terrain et d’instituer la reddition des comptes. «Autrement dit, se départir de l’empirisme qui caractérise les processus décisionnels à tous les niveaux, dont la nocivité gangrène l’économie nationale», conclura-t-il.

Une manière de préciser qu’au-delà des théories et des leçons, le comportement et la vision managériaux responsables à la tête de nos institutions sont déterminants dans la réussite d’un projet ou d’une stratégie. Sinon, comment expliquer ces échecs à répétition ?

Samira Imadalou


 

Échec des réformes, libéralisation anarchique : La déferlante des importations lamine le produit algérien

«Ils nous ont tués avec les importations !» C’est par cette phrase qu’un chef d’entreprise publique de fabrication de meubles exprime ce qu’il pense de la campagne ‘‘Consommer algérien’’.

Une initiative dans laquelle les opérateurs économiques sont loin de placer tous leurs espoirs, trop souvent déçus par des slogans politiques creux et des campagnes aussi éphémères que la cote dont jouit le produit national auprès des consommateurs.

Car, à mesure que le produit national s’est dévalorisé, le produit importé l’a remplacé dans ce qui semble être un processus irréversible. L’Etat qui promeut le produit local aujourd’hui n’est pourtant pas étranger à cette situation. Ouverture économique anarchique, restructurations infructueuses, stratégies industrielles hasardeuses et environnement des affaires non propice à l’investissement, ont largement contribué à troquer plus facilement le local contre l’importé.

Si certaines filières arrivent encore à titrer leur épingle du jeu, comme l’agroalimentaire ou l’électroménager, d’autres semblent avoir perdu définitivement la confiance des consommateurs largement attirés par ce qui vient d’ailleurs. Pour le secteur de l’ameublement par exemple, les importations ont plus que doublé en 5 ans (2009-2014). Celle de la matière première, à savoir le bois, a quant elle augmenté de plus de 60% durant cette période.

Les importations ont laminé la production locale. C’est un fait. Encore faut-il déterminer si leur envolée est la conséquence de la déstructuration du secteur industriel productif, ou si elle en est la cause. L’entrée dans l’économie de marché s’est manifestée au début de 1991 par la levée du monopole sur le commerce extérieur, pendant que l’Etat restructurait le secteur public.

Processus

L’autonomie des entreprises, les holdings, les sociétés de gestion des participations (SGP), les privatisations, ou encore dernièrement les groupements d’entreprises n’ont pas réussi à remettre l’industrie nationale sur pied. La fermeture de dizaines d’entreprises et les licenciements de plus de 150 000 travailleurs sous la pression du FMI ont fini d’achever un secteur agonisant pour lequel les opérations d’assainissements bancaires à répétition ont été infructueuses.

Entre la fin des années 1980 et 1997, la production industrielle a baissé de 35% (Taous Hamdaoui, Bilan des réformes du secteur industriel en Algérie, université de Annaba) et la part du secteur dans le PIB est descendu à moins de 6%. Le secteur des industries manufacturières en a le plus pâti en raison d’une situation aggravée par l’accord d’association avec l’Union européenne et les conséquences du démantèlement tarifaire.

Dans une étude sur «L’impact de l’accord d’association, 2005», l’économiste Mohamed Yazid Boumghar évoquait une baisse «brutale» de 30% du taux de protection pour le secteur des industries manufacturières pour les deux premières années de la mise en œuvre de l’accord. Les droits de douanes moyens par branche affichent des baisses de «72% pour le secteur du bois, 52% pour la chimie, et 26% pour le textile», relève-t-il.

Difficile de résister à l’assaut des importations dans ce cas. Amar Takjout, secrétaire général de la Fédération nationale des industries manufacturières des textiles et cuirs affirme qu’avec la fermeture de «beaucoup d’entreprises depuis 20 ans, le potentiel existant ne peut répondre à plus de 20% des besoins nationaux». A titre d’exemple, le secteur du textile ne représente «en termes de disponibilité que 5% du marché national. 95% des besoins sont satisfaits par l’importation», dit-il.

Insuffisance

Dans la filière chaussure, l’entreprise nationale ne fournit que 1% des besoins du marché estimé à 70 millions de paires par an. Quand ce n’est pas un problème de quantité, le produit national pèche souvent par une qualité (conception, réalisation et finition) qui laisse à désirer et une disponibilité aléatoire,Difficile dans ce cas d’offrir au consommateur un produit qui soutienne la concurrence avec toutes ces contraintes, et ce, même avec l’apport du secteur privé dont l’émergence a peu contribué à modifier la trajectoire du secteur. Beaucoup de chefs d’entreprise reconnaissent qu’il est plus facile d’importer et de vendre que de produire en Algérie. Plus de la moitié des entités économiques existantes font du commerce, et à peine 10% appartiennent au secteur industriel.

Des aberrations, comme celles qui imposent à un producteur de payer les mêmes droits de douanes pour un intrant qu’un importateur de produits finis, la facilité du gain pour certains, la pression fiscale pour d’autres, les difficultés d’accès aux crédits bancaires et au foncier, etc. sont autant de facteurs qui ont contribué à détourner les opérateurs économiques de l’investissement productif et par ricochet le consommateur algérien du produit local. Aujourd’hui, avec ou sans volonté politique, il faudra sans doute plus qu’une simple campagne de sensibilisation pour corriger les deux.
Safia Berkouk


Importation massive d’intrants et de pièces de rechange

Les entreprises nationales boudent le local

Relancer la consommation nationale simplement en sensibilisant les ménages pourra-t-il suffire à encourager la production locale, quand on sait que d’autres acteurs importants de la consommation dont les institutions publiques et les entreprises étatiques ou privées entrent en ligne de compte ?

Que ce soit dans leur accès à la commande publique, dans le taux d’intégration des produits fabriqués, ou de la matière première utilisée, l’entreprise locale est bien loin de la notion «consommer national». Quand l’Etat et ses ramifications ont des besoins, ils ne vont pas souvent chercher du côté de l’outil de production ou du fournisseur local de service pour les combler. Aujourd’hui, moins de 20% des marchés publics vont aux entreprises nationales, selon Zaïm Bensaci, président du conseil national consultatif pour la promotion de la PME. Quand les entreprises ont besoin d’intrants, de services ou de pièces de rechange, elles recourent aussi à l’importation.

C’est le cas notamment de Sonatrach, dont le recours à la sous-traitance étrangère est massif. Moins de 1% des pièces dont elle a besoin sont fabriqués localement. Beaucoup de produits distribués dans les bases de vie de Sonatrach sont importés, nous dit un cadre de la compagnie.

Et même quand elle sous-traite avec des entreprises privées, celles-ci «proposent des produits importés». Certaines sources de l’entreprise indiquent que de la literie portant le sceau d’un hôpital français se serait retrouvée dans certaines bases de vie, pendant que le secteur national du textile tourne à moins de 10% de ses capacités. Autre exemple : les centres hospitaliers qui représentent un gros marché potentiel préfèrent utiliser les produits d’importation pour leurs besoins en literie, déplore Amar Takjout, porte-parole de la Fédération nationale des travailleurs du textile et cuirs. Une commande auprès des entreprises nationales du secteur permettrait à ces dernières de relever sensiblement leurs capacités de production (jusqu’à 50% grâce également aux ménages), selon le syndicaliste.

Deux poids, deux mesures

Il arrive que dans certains cas, le gouvernement instruise institutions, organismes et entreprises publiques afin de s’approvisionner auprès d’autres entreprises publiques pour certains de leurs besoins. Le ministère de l’Intérieur a, par le passé, renfloué le carnet de commande de la SNVI pour la booster. Les administrations publiques sont aujourd’hui appelées à acheter la Renault Symbol pour les mêmes raisons. Cependant, en matière d’instructions, il y a le deux poids, deux mesures, selon qu’on est une entreprise publique ou privée.

Amar Moussaoui, patron d’une entreprise privée spécialisée dans la fabrication de chaussures de sécurité, déplore qu’«on ne laisse pas les entreprises publiques acquérir ce dont elles ont besoin auprès des fournisseurs de leur choix». Dans l’esprit de booster la consommation nationale, le gouvernement pourrait instruire ses démembrements, y compris les entreprises publiques, de passer commande auprès de fournisseurs nationaux, fussent-ils privés. Mais, même si c’était le cas, «je ne vois pas qui pourrait réellement le faire», s’interroge Amar Moussaoui. Pour les marchés publics, il y a une procédure d’appel d’offres à suivre, mais ce patron reconnaît ne pas y soumissionner, car «il n’y a pas de transparence».

De plus, «on est obligé d’acheter El Moudjahid pour pouvoir consulter les appels offres». Moins de 1% de ces commandes émanent du secteur public pour ce chef d’entreprise. Mais la commande publique n’est pas le seul souci des entreprises nationales, car elle suppose déjà l’existence d’un produit national. Une notion à relativiser quand on sait que plus de la moitié des besoins des entreprises sont importés. «70% de la matière première est importée, nous n’avons pas d’alternatives», déplore Amar Moussaoui. De plus, «les importateurs ne ramènent pas de la bonne qualité».

Selon Amar Takdjout, le taux d’intégration de la majorité des entreprises algériennes ne dépasse pas les 20%. Pour la nouvelle Symbol, ce taux au démarrage de l’usine est à moins de 15%. La SNVI qui fabrique des véhicules industriels depuis des décennies a un taux d’intégration de moins de 50%.

Pour l’économiste Kouider Boutaleb, «l’économie algérienne ne peut se construire et devenir efficiente que d’une façon endogène en reposant sur les capacités de ses entreprises publiques et privées». Des entreprises dont les produits ont du mal à s’imposer face au double assaut d’une importation massive et d’un secteur informel incontrôlé, voire incontrôlable, quand il n’est pas délibérément toléré.
Safia Berkouk

Le made in Bladi, un slogan sans mesures d’appui : La faiblesse de la logistique bloque la production nationale

Appeler les Algériens à consommer des produits fabriqués localement passe également par l’organisation des réseaux de distribution et par la lutte contre l’informel.

Or, sur ces deux questions, un grand retard est à signaler. Là aussi, du côté des responsables en charge en charge du secteur, ce ne sont pas les orientations et les instructions qui manquent ni même les promesses. Ce qui dénote de l’incapacité de l’administration à suivre l’application de la règlementation et aller jusqu’au bout dans la mise en œuvre des décisions. «Les produits locaux souffrent d’une faiblesse de la politique logistique», estime à ce sujet Abdennour Nouiri, expert en commerce.

A ce sujet, notre interlocuteur relève l’absence de bases logistiques dignes de ce nom (réparties régionalement) et le manque de formation des gestionnaires. Des manques qui handicapent, selon M. Nouiri, toute la production nationale dont le ratio par rapport aux produits importés est loin d’être en adéquation avec le taux arrêté (64%) par les enseignes internationales de grande distribution pour l’implantation dans un pays donné.

Ce qui bloque d’ailleurs l’arrivée de ces grandes enseignes sur le marché algérien. «‘‘Consommons algérien’’ est donc un vœu pieux qui n’aura nul effet», avertit l’expert dans ce cadre. En d’autres termes, lancer des campagnes de ce genre sans veiller scrupuleusement à l’application des mesures d’appui à la production nationale sur toute la chaîne (de la production à la commercialisation) n’aura pas d’impact. D’ailleurs, les dysfonctionnements pullulent à ce niveau.

La raison principale est liée à la négligence de la chaîne logistique (ou ce qu’on appelle la supply chain) qui représente un pôle stratégique des entreprises englobant l’ensemble du processus de production : de l’approvisionnement à la livraison finale en passant par la fabrication, le stockage et la distribution.

Elles sont nombreuses les entreprises à ne pas prendre conscience de la nécessité de faire appel à cet outil de planification. Ce qui engendre des perturbations dans le rythme de production, et donc le recours à l’importation. Les commerçants et les consommateurs tout autant que les producteurs s’en plaignent.

Exemple : avec une production agricole instable et en l’absence d’une connexion entre l’amont et l’aval agricole, les transformateurs de l’industrie agroalimentaire se retrouvent souvent dans l’obligation de recourir à l’importation des matières premières pour faire marcher leurs usines. Les commerçants, de leur côté, évoquent souvent des ruptures de stocks pour certains produits appréciés par les consommateurs et soulignent des modifications dans la qualité. «Dès qu’un produit réussit sa pénétration sur le marché, on remarque une dégradation de sa qualité quelque temps après et ce sont les consommateurs qui font la remarque.

Sinon, parfois dans d’autres cas les quantités livrées ne répondent pas aux besoins exprimés», nous confiera le gérant d’une supérette à Alger, comme pour rappeler les pratiques déloyales de certains industriels et l’absence de contrôle rigoureux sur le terrain. Donc, parler du «made in Bladi», c’est toute une stratégie à adopter et à élaborer au préalable entre tous les secteurs. Mais c’est aussi une confiance à instaurer entre les consommateurs, les décideurs et les producteurs nationaux.
Samira Imadalou