Industrie : La conjoncture économique n’a pas altéré la bonne marche des affaires

Industrie : La conjoncture économique n’a pas altéré la bonne marche des affaires

El Watan, 12 octobre 2012

Le 9e Salon international de l’industrie a pris fin jeudi dernier sur un sentiment de satisfaction partagé aussi bien par les exposants algériens et étrangers que par les nombreux professionnels qui l’ont visité.

La conjoncture économique, en apparence peu favorable à l’engagement d’initiatives industrielles, n’a, à l’évidence, pas du tout altéré la bonne marche des affaires, puisque de nombreux exposants, notamment étrangers, nous ont affirmé avoir conclu de belles affaires ou des promesses de contrats qui ont de fortes chances de se concrétiser à terme. Un constat que confirme l’une des responsables de la Chambre de commerce et d’industrie française qui ont accompagné à ce salon une trentaine d’entreprises de l’Hexagone.

Pour la plupart des sociétés qui ont fait le déplacement, affirme-t-elle, les affaires ont plutôt bien marché, en dépit des craintes suscitées par le déclin des prix du pétrole et de l’annonce, exagérément médiatisée, de la suspension de nombreux projets et chantiers en cours de réalisation.

Certains responsables de PME françaises ont même insisté auprès de nous pour obtenir la promesse de les faire assister au prochain salon, nous apprend-elle. Dans la centaine de stands affectés aux entreprises de production, était exposée toute une panoplie de produits industriels ou à usage industriel et parfois même de gros équipements qui n’ont du reste pas tardé à porter la mention «vendu». Preuve, s’il en faut, de la bonne marche des affaires que nous évoquions plus haut.

Pour cette 9e édition d’Alger-Industries, comme du reste pour la précédente, les organisateurs du salon n’ont pas manqué de déplorer l’insuffisante représentation des entreprises publiques qui font, depuis quelques années déjà, très peu d’efforts en matière de marketing. Les réflexes des entreprises de monopole continuent à persister sans doute en raison de l’absence d’obligation de résultats et de défaillances managériales qui caractérisent aujourd’hui encore cette catégorie de sociétés.

Ces dernières ayant été tout récemment remises sous la tutelle de leurs ministères respectifs, il est important que ces derniers interpellent leurs dirigeants sur la nécessité d’accorder un peu plus d’importance à la promotion commerciale de leurs produits. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront améliorer la compétitivité et, par conséquent, les résultats comptables des entreprises qu’ils managent.

En visite au salon Alger-Industries et notamment aux stands des entreprises françaises où il s’est attardé, l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Emié, nous a déclaré être très satisfait du nombre relativement important de sociétés françaises présentes et de la qualité organisationnelle de l’événement qui leur permet de promouvoir, quand les conditions le permettent, des partenariats industriels multiformes avec des entreprises algériennes.

A noter qu’en marge de ce salon, une intéressante journée d’étude portant sur les stratégies d’exportation et le déploiement des PME algériennes à l’international a été organisée par Batimatec Expo, en collaboration avec des responsables d’institutions chargées de l’encadrement et de la promotion des exportations.

Outre les responsables de l’Ianor, de l’Inapi et du Cetim, qui ont mis en évidence l’importance des normes, des certifications de qualité et du dépôt de marques, pour toute démarche d’exportation, le président de l’association ACE a, dans un brillant exposé, insisté à l’effet d’aider à les surmonter, sur les principales contraintes qui entravent les exportations hors hydrocarbures. Toute la difficulté, affirme-t-il, consiste à identifier les auteurs des blocages à défaut de quoi, les exportations algériennes ne connaîtront jamais l’essor auquel le potentiel économique du pays les prédestinent.

Le président d’ACE, Smaïl Lalmas, ne manquera toutefois pas d’ouvrir d’intéressantes pistes de travail aux dirigeants de PME disposant d’un potentiel minimum d’exportation à l’effet de les aider concrètement à concevoir des stratégies d’export qui pourraient s’avérer très utiles à tous ceux qui souhaiteraient mieux connaître les métiers de l’exportation avant de se lancer dans cette aventure, certes, gratifiante, mais extrêmement périlleuse pour ceux qui ne les maîtrisent pas.
Nordine Grim