La Banque mondiale propose son soutien

Nouveau modèle de croissance

La Banque mondiale propose son soutien

El Watan, 9 mai 2017

La Banque mondiale (BM) veut soutenir l’Algérie dans la mise en œuvre du nouveau modèle de croissance économique qui s’étalera jusqu’à l’horizon 2035, a ainsi affirmé un membre du conseil d’administration de la banque, cité par l’APS, en qualifiant cette démarche d’«ambitieuse».

La Banque mondiale a fait part de sa disponibilité à s’impliquer dans la mise en œuvre du nouveau modèle de croissance mis en place par l’Algérie, ont indiqué avant-hier à Alger des responsables de cette institution, à l’issue d’une audience avec le ministre des Finances, Hadji Baba Ammi. Une délégation composée de dix directeurs exécutifs membres du conseil d’administration de la BM, précise un communiqué du gouvernement, effectue depuis dimanche dernier une visite de travail en Algérie dans le cadre de la coopération entre les deux parties.

«Notre visite en Algérie vise à connaître de près le pays et voir dans quelle mesure la Banque mondiale peut y apporter son soutien», a précisé en ce sens le porte-parole de cette délégation, Merza Hassan, ajoutant que le modèle de croissance projeté pour la période allant de 2020 à 2035 constitue «un programme ambitieux auquel nous voulons apporter notre soutien dans le cadre du partenariat stratégique qui lie l’Algérie et la Banque».

Le même responsable affirme que la Banque mondiale observe la mise en œuvre de ce programme «avec beaucoup d’attention, car nombre de pays peuvent tirer profit de cette expérience», a-t-il soutenu. «Nous sommes à Alger pour rencontrer les autorités, comprendre les défis et le programme du développement du pays et voir l’intervention de la BM sur le terrain (…). Nous donnerons à l’Algérie tout l’appui nécessaire», a assuré en définitive le représentant de l’institution financière internationale.

Initié en réponse à la crise financière née de la chute des prix du pétrole, le nouveau modèle de croissance avait fait, rappelle-t-on, l’objet d’une rencontre tripartite gouvernement-UGTA-patronat en juin 2016, avant d’être adopté officiellement un mois plus tard par le Conseil des ministres. Visant à la fois la diversification de l’économie nationale et la rationalisation de la politique budgétaire, cette démarche, dont les grandes lignes ont été dévoilées récemment par le ministère des Finances, se fixe notamment en guise d’ objectifs une progression des recettes fiscales de 11% par an, l’accélération de la modernisation administrative, l’amélioration de la fiscalité locale, ainsi qu’une stabilisation des dépenses budgétaires, aussi bien de fonctionnement que d’équipement, à un niveau global ne dépassant pas les 7000 milliards de dinars par an.

De même, cette nouvelle démarche, qui reste plutôt floue quant aux mesures à mettre en place pour amorcer concrètement la diversification de l’économie, prévoit un rééquilibrage de la balance des paiements dès 2019, alors que celle-ci, faut-il le rappeler, a vu son déficit se creuser à près de 28 milliards de dollars à fin 2015.
Akli Rezouali