Appréciation de l’économie algérienne par la Coface

Appréciation de l’économie algérienne par la Coface

“Les perspectives de croissance pour 2008 et 2009 sont bonnes”

Par :Meziane Rabhi, Liberté, 10 août 2008

Une pénurie de matériaux de construction et la hausse des prix pourraient cependant ralentir certains chantiers, avertit l’organisme d’assurance français

Les perspectives de prix élevés du pétrole devraient pérenniser une situation financière extérieure extrêmement solide. C’est ce que souligne la Coface sur son site internet. “Le solde courant, malgré une forte progression des importations, est largement excédentaire, l’endettement extérieur est faible et les réserves de change dépassent trois ans d’importations”, lit-on dans le document, soulignant qu’au plan budgétaire, les recettes pétrolières donnent aux autorités les moyens de financer le Plan de soutien à la croissance. “Affectée en 2006 par un net recul du secteur des hydrocarbures (-2,5%), dû à des opérations de maintenance dans le secteur gazier, la croissance a enregistré une reprise en 2007”, indique la Coface. Cette reprise a été soutenue par une accélération des investissements publics et par la bonne tenue de la consommation des ménages, encouragée par les augmentations de salaires de la Fonction publique, le relèvement du niveau global des revenus et la baisse du chômage. Les secteurs de la construction et des services ont réalisé de bonnes performances, en hausse respectivement de 7 et 10 %. La production d’hydrocarbures est, quant à elle, restée bridée par des opérations de maintenance, freinant la croissance globale de l’économie qui s’est établie à 4,6%. “Les perspectives de croissance pour 2008 et 2009 sont bonnes et devraient se situer autour de 5%”, estime la Coface. Cependant, avertit l’organisme d’assurance français, “une pénurie des matériaux de construction et la hausse des prix pourraient cependant ralentir certains chantiers”. Pour sa part, le secteur pétrolier, bien qu’à nouveau en terrain positif grâce à la reprise de la production de gaz, connaîtra une croissance faible compte tenu de la moindre évolution attendue de la demande de ses principaux clients, États-Unis et Europe. “Expansionnisme budgétaire, augmentation des salaires, hausse des prix des produits alimentaires et renchérissement des prix des produits importés résultant de la dépréciation du dinar face à l’euro ont créé des tensions inflationnistes. Une politique monétaire prudente devrait cependant contenir l’inflation autour de 5,5%”, souligne le document. Les entreprises bénéficient d’un contexte économique porteur mais les réformes structurelles dont elles pourraient bénéficier, et notamment celles du secteur bancaire, progressent lentement, comme en témoignent les délais dans l’avancée des privatisations. “L’environnement des affaires est parfois lacunaire (faible transparence des entreprises et bureaucratie) et peut être à l’origine de retards de paiements et de difficultés de recouvrement des créances”, juge la Coface, qui maintient à A4 la note risque pays de l’Algérie. Pour l’organisme français d’assurance, “les perspectives politiques et économiques peuvent être marquées par quelques fragilités. Une relative volatilité de l’environnement des affaires est susceptible d’affecter les comportements de paiement, la probabilité moyenne que cela conduise à un défaut de paiement restant acceptable”. Comme point faible, la Coface relève que l’économie est très dépendante des revenus pétroliers. Les entreprises publiques non rentables, dont les effectifs sont pléthoriques, continuent de peser sur les finances publiques. Le taux élevé du chômage des jeunes, bien qu’en diminution, est un facteur de tensions sociales et freine la poursuite de certaines réformes. Le déficit en infrastructures et les carences du système bancaire, malgré les réformes en cours, pénalisent l’environnement des affaires. Dans sa note sur l’environnement des affaires, la Coface donne à l’Algérie une note B. En d’autres termes, l’environnement des affaires est moyen. La fiabilité et la disponibilité des bilans d’entreprises sont très variables. Le recouvrement de créances est parfois difficile. Les institutions présentent certaines fragilités. Les entreprises évoluent dans un cadre instable ou peu performant.

Meziane Rabhi