L’Italie veut devenir le premier partenaire économique de l’Algérie

Estimant ne pas être présente là où elle devrait :

L’Italie veut devenir le premier partenaire économique de l’Algérie

par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 28 novembre 2007

Les entreprises italiennes n’ont pas la même perception de leur gouvernement s’agissant de l’attitude à adopter vis-à-vis de l’investissement en Algérie. L’ancien ambassadeur d’Italie à Alger, M. Antonio Badini, qui a fait ce constat hier lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de l’ambassade, a admis ne pas être en mesure d’expliquer le pourquoi du décalage qui existe entre la perception italienne officielle de l’Algérie en tant que pays à fort potentiel avec lequel il importe de développer la coopération et celle des milieux d’affaires caractérisée par la réticence.

«Le marché ne répond pas aux incitations des deux gouvernement», a déploré l’ancien diplomate, aujourd’hui conseiller à la Chambre de commerce de Milan. Se hasardant tout de même à fournir quelques explications, M. Badini a imputé la perception des milieux d’affaires de son pays, pas toujours très favorable à l’Algérie, au manque de communication de part et d’autre.

«Il faut trouver un moyen pour que les hommes d’affaires aient des informations correctes. Or, souvent, elles ne le sont pas», a-t-il affirmé. Selon lui, il y a des insuffisances lorsqu’il s’agit «de chercher à se renseigner de manière directe» du côté italien, alors que la partie algérienne est également coupable d’un déficit en communication quand il est question de promouvoir ses opportunités d’investissement, ses atouts et ses réalisations.

M. Badini, qui a occupé le poste d’ambassadeur entre 1988 et 1992, s’est dit investi d’une mission qui consiste à faire en sorte que les décideurs algériens puissent tirer profit de l’expérience de son pays en matière de développement du secteur des PME.

Il s’est, en effet, dit convaincu que ce secteur constitue le créneau le plus à même de permettre le renforcement de la coopération économique bilatérale. Toutefois, a-t-il précisé, «il faut que l’Algérie sache réellement quelle place elle veut réserver à la PME».

Pour l’Italie, les choses sont claires, selon M. Badini. «Nous voulons devenir le premier partenaire de l’Algérie», a-t-il confié, en ajoutant cependant que ce n’était pas chose facile. Outre la mise à disposition de l’expérience de son pays dans le domaine de la PME à travers, notamment, le partenariat, les investissements et la création de sociétés mixtes dans divers secteurs comme la mécanique, le textile ou encore le bois, M. Badini a insisté sur la formation en sa qualité de responsable au sein de l’université continue en Italie, estimant primordial de développer la qualification professionnelle.

Une main-d’œuvre qualifiée peut être recherchée non seulement en Algérie mais également en Italie. Le conférencier a, en effet, noté que, dans certaines régions de l’Italie, il y à un manque en techniciens qui ne peut être résorbé que par l’importation d’une main-d’œuvre des pays de l’Est.

Or, a-t-il dit, «nous devrions l’importer des pays riverains». Il a d’ailleurs indiqué que l’Italie a réservé 1 000 postes de travail à des travailleurs algériens pour l’année prochaine. Toutefois, leurs spécialités n’ont pas encore été identifiées.

M. Badini a, enfin, révélé qu’une mission économique composée de plusieurs entreprises et conduite par Promos, l’organe en charge de la privatisation en Italie, effectuera une visite en Algérie à la fin du moins de janvier prochain.

S. B.