Affiner la nouvelle stratégie industrielle pour préparer l’avenir

Les assises nationales se tiendront à partir de lundi prochain

Affiner la nouvelle stratégie industrielle pour préparer l’avenir

Par : Salim Tamani, Liberté, 21 février 2007

C’est une équipe d’experts algériens qui a élaboré le document portant sur la stratégie industrielle. Les assises verront la participation de quelque 700 personnes. Des représentants entre autres du FMI, de la Banque mondiale et du Pnud seront présents.

C’est le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui inaugurera les Assises nationales de l’industrie qui auront lieu les 26, 27 et 28 février prochains au Palais des nations. Au cours d’une rencontre hier avec la presse, le ministre des Participations et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, a donné un bref aperçu sur le programme, ainsi que sur l’organisation de ces assises qui devront, selon lui, aboutir à une stratégie de relance de l’économie algérienne sur de nouvelles bases de compétitivité à même de donner à l’Algérie une dimension euro-méditerranéenne.
Qualifiant d’emblée ces assises de “libres” dans ce sens qu’elles permettront d’enrichir le projet du gouvernement, Abdelhamid Temmar a indiqué que cette rencontre, à laquelle sont conviés près de 700 participants, sera un cadre de discussion et d’échange d’idées en vue de sortir avec un programme de développement de l’économie nationale. Plusieurs acteurs ont été associés à cette stratégie. Abdelhamid Temmar a cité l’UGTA, le patronat, les hommes d’affaires ainsi que les industriels.
Les premières remarques quant aux lacunes existant dans la première mouture de l’Exécutif ont déjà été prises en charge. C’est ainsi que le ministre des Participations et de la Promotion des investissements a précisé que le secteur privé aura une place très importante dans l’élaboration du document final, avant d’ajouter que les oppositions du secteur privé quant aux investissements directs étrangers (IDE) ont été prises en considération. Au-delà des arguments pour les pour et les contre, étant donné que le débat ne se situe pas à ce niveau-là, le ministre des Participations et de la Promotion des investissements affirme que les “assises devront permettre à l’Algérie de fixer une politique vis-à-vis des IDE”.
Les industriels nationaux auront une place importante, selon Abdelhamid Temmar qui estime que les expériences acquises par l’Algérie depuis l’Indépendance en matière de politique industrielle, ainsi que le processus de privatisation enclenché les cinq dernières années permettent aujourd’hui, en plus bien entendu de l’étude et de l’analyse des différentes expériences vécues par d’autres pays étrangers, de mettre en place un système économique qui puisse aider l’Algérie à intégrer l’économie mondiale. Pour le ministre des Participations et de la Promotion des investissements, il s’agit plus que jamais de fixer la croissance ici en Algérie, et non pas ailleurs, comme c’est le cas maintenant en raison de la dépendance vis-à-vis des prix du pétrole.
Pour ce faire, le ministre a indiqué que le gouvernement a choisi 5 branches d’activité à consolider. Il s’agit des industries électriques et électroniques, de l’industrie pharmaceutique, des industries mécaniques et automobile, des industries agro-alimentaires et de la pétrochimie et engrais. “Ce sont des choix souverains, et le gouvernement est convaincu que ce sont des secteurs qui consolideront la place de l’Algérie sur le marché international”, a souligné le ministre qui a ajouté qu’après avoir ramené la
stabilité politique et sécuritaire, l’Algérie s’est attelée depuis 2004 à la consolidation de la croissance économique.
Grâce à la position qu’occupe le pays en matière de réserves énergétiques, le gaz en particulier, il est aujourd’hui possible de construire les bases d’une économie qui, graduellement, pourra intégrer l’OMC tout en étant capable d’affronter les règles du marché international. Sur ce point-là, Abdelhamid Temmar affirme que l’erreur des stratégies économiques d’avant était d’avoir négligé l’environnement international.
En tout cas, tous les aspects de la question seront abordés durant les assises. M. Temmar a annoncé hier que six commissions seront installées avec un maximum de 100 personnes chacune. Le choix des industries stratégiques, les déploiements spatiaux, le théâtre économique international et l’investissement direct, l’innovation, les NTIC et les ressources humaines, l’environnement économique de l’entreprise ainsi que la mise à niveau des entreprises seront au menu. Le document final sera soumis au Conseil de gouvernement pour adoption dans les dix jours qui suivent la fin des assises. Ce document sera ensuite soumis au Conseil des ministres, et s’il est adopté à ce niveau, les textes d’application devraient intervenir assez rapidement.

Salim Tamani