Détournement de terres agricoles: Début des investigations à Blida

Détournement de terres agricoles

Début des investigations à Blida

par R.N., Le Jeune Indépendant, 29 mars 2005

Des sources judiciaires au fait du dossier ont confirmé le démarrage des investigations sur le détournement du foncier agricole dans la wilaya de Blida. C’est la Gendarmerie nationale qui mène les enquêtes au niveau de 25 communes, suite à une réquisition du parquet général.

L’information a été confirmée par le procureur général de la cour de Blida. Selon nos sources, ces enquêtes ont commencé, en application des dernières instructions du ministre de la Justice, garde des Sceaux. Il s’agit de faire toute la lumière sur les graves dépassements et autres entorses à la loi, notamment les détournements organisés de terres à vocation agricole, transformées en lotissements à bâtir ou en assiettes pour d’autres constructions d’usines ou d’ateliers.

Les mêmes sources indiquent que les constats préliminaires confirment que plus de 1 200 hectares de terre fertile ont été détournés et qu’il y a eu plus de 500 transactions suspectes entre des membres d’EAC ou d’EAI et des personnes morales ou physiques.

Un chiffre effarant s’agissant de la Mitidja, d’autant que, depuis des années, ce trafic du foncier a généré des dizaines de litiges et d’opérations frauduleuses sur des assiettes agricoles. D’autres sources affirment que ces transactions ont dépassé le chiffre de 500 milliards de centimes ! Pis, il y aurait eu des attributions ou des désistements au profit de tiers, contraires à la réglementation et en violation des dispositions de la loi n°87-17, modifiée et complétée, déterminant le mode d’exploitation du domaine national.

A ce propos, on estime que plus de 30 % des agriculteurs de la wilaya sont à l’origine de ces pratiques à travers lesquelles a été facilité d’une manière illicite le détournement des terres agricoles. Déjà, au niveau de plusieurs communes de la wilaya, on peut facilement constater les transformations opérées au niveau du foncier, notamment au niveau des bordures des routes nationales ou des chemins de wilaya.

A la place des innombrables vergers, on a érigé des limonaderies, des conserveries et autres unités industrielles qui n’ont aucun caractère agroalimentaire. Des sources proches du dossier affirment, en outre, que toute personne ayant acquis des terres agricoles et les a détournées de leur vocation sera poursuivie par la justice.

La première phase des enquêtes a touché les milliers de bénéficiaires des terres dans le cadre des attributions sous forme d’EAI ou d’EAC, grâce à un premier recensement auprès des services agricoles, des services des Domaines ou des services municipaux.

Les enquêteurs devront par la suite procéder à des vérifications au niveau des services de l’enregistrement des domaines afin de déterminer tout le processus de ces détournements organisés et qui auraient commencé dès 1992. H. R.