L’agriculture n’a plus de bras

L’agriculture n’a plus de bras

par Salim L., Le Quotidien d’Oran, 19 mai 2011

Le ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, a déploré, hier, un manque criard en main-d’œuvre dans le secteur agricole. «Une pénurie de main-d’œuvre affecte beaucoup de régions agraires.

Ce manque se pose notamment au moment des récoltes de la pomme de terre ou de la tomate. Les agriculteurs cherchent des machines pour assurer la totalité de l’opération de la récolte», a expliqué le ministre lors d’une émission diffusée, hier, par la radio chaîne 3.

M. Benaïssa a évoqué une éventuelle révision à la hausse des subventions dédiées à l’agriculture. «Ce point est en discussion. Nous avons introduit des dispositions dans le projet de loi de finances complémentaire 2011, qui sera adopté prochainement à l’Assemblée populaire nationale, visant à amortir la hausse des prix sur le marché international. Une subvention est prévue pour les produits de première nécessité», a ajouté le ministre. «L’augmentation des subventions s’impose.

La valeur globale des subventions a atteint près de 290 milliards de dinars», a-t-il révélé. Et d’affirmer que, «et en fonction des conditions climatiques, les filières agricoles voient leur production se consolider et les rendements s’améliorent. Une tendance constatée depuis trois ans».

Benaïssa table sur «un bon rendement en blé dur dans les régions céréalières de l’est et du centre du pays, ce qui n’est pas le cas à l’ouest habitué à endurer les affres de la sécheresse». Il prévoit également une bonne production du blé tendre et de l’orge. Selon ses prévisions pour cette saison agricole, la production de l’orge atteindra les 45 millions de quintaux. «Nous sommes attentifs aux rendements dans chaque zone agraire. Les rendements varient en fonction des années et des conditions climatiques», a-t-il expliqué. M. Benaïssa a rappelé que beaucoup de banques proposent le service leasing permettant aux agriculteurs d’acquérir des équipements agricoles. Les agriculteurs, explique-t-il, ne sont pas obligés d’acheter les machines. «Une moissonneuse-batteuse peut être utilisée par un collectif d’agriculteurs, elle n’est utile que durant deux mois par an. D’où l’idée de la rentabiliser au maximum par la location», a-t-il ajouté. «La filière du machinisme agricole est en cours de réhabilitation. L’Etat a prévu un soutien pour les projets industriels locaux qui sont identifiés», a souligné le ministre qui s’est félicité de la relance de la production de moissonneuses-batteuses à Sidi Bel-Abbès et des tracteurs à Constantine. «Depuis trois années, nous essayons de promouvoir les notions du professionnalisme et du renouveau. Le règlement de la problématique du foncier agricole a permis de renforcer le rapport liant l’agriculteur à la terre», dira le ministre. «Nous avons aussi clarifié les dispositifs de financement. C’est un travail de fond. Le professionnalisme passe par l’amélioration de la maîtrise de la technique. L’agriculture a besoin de la filière du machinisme agricole. Notre stratégie se veut être durable», a conclu le ministre.