“18 milliards de dollars seront injectés d’ici à 2013 dans les campagnes”

Pour fixer les populations rurales et développer l’intérieur du pays

« 18 milliards de dollars seront injectés d’ici à 2013 dans les campagnes »

Par :Badreddine Khris, Liberté, 7 avril 2008

On n’en est pas encore à la montée en cadence en matière de revitalisation des espaces ruraux,
d’où des difficultés persistantes d’accès à l’emploi et à la création d’activités rémunératrices.

Le ministre délégué chargé du Développement rural exhorte les habitants des espaces ruraux à se prendre en charge eux-mêmes en proposant des projets réalisables socialement. Et l’État accomplira, selon le Dr Rachid Benaïssa, son rôle d’accompagnateur de toutes les initiatives visant à améliorer la situation des populations dans les zones rurales. Autrement dit, le ministre veut mettre un terme à l’assistanat. Ceux-là mêmes qui exigent à ce que l’État leur offre tous les éléments outre que financiers leur permettant d’assurer un avenir.
Cette idée constitue d’ailleurs l’un des principes sur lesquels est fondée sa stratégie. Invité du forum de l’ENTV, le ministre rappelle, dans un discours franc et transparent, les grandes lignes de la politique que le gouvernement a réservée au monde rural. Ce dernier doit être, pour lui, synonyme d’avenir et de potentialités à valoriser et non pas un espace de précarité uniquement, comme veulent bien le montrer certains.
La politique du renouveau rural prônée par le Dr Benaïssa a pour principal but de redonner espoir aux populations rurales notamment les jeunes qui représentent 70% de l’ensemble des habitants de ces zones. « Il n’y a pas de territoires sans avenir, il n’y a que des territoires sans projets », ne cesse-t-il de répéter. La stratégie nationale du développement rural durable est venue, selon le ministre délégué, changer la vision du monde rural et celle des approches et autres méthodes d’intervention dans ces espaces qui représentent 90% de la superficie globale du pays.
De par la complexité de ces derniers, cette démarche implique plusieurs secteurs à la fois. Outre le ministère de l’Intérieur, de l’Agriculture. il s’agit aussi d’un pan important de l’aménagement du territoire quand on sait que plus de 13 millions de personnes habitent dans quelque 979 communes rurales. Elle touche également 562 communes urbaines. Pour cela, le département de M. Benaïssa a dégagé un programme de soutien au renouveau rural qu’il a lancé dès janvier dernier et qui s’étalera jusqu’à 2013.
Le gouvernement a consacré une enveloppe budgétaire de 18 milliards de dollars pour le financement des projets de proximité inscrits dans le cadre de la stratégie nationale de renouveau rural pour les trois prochaines années.
M. Benaïssa a indiqué que 3 970 projets de proximité pour le développement rural sont inscrits pour bénéficier de ce budget. Plus de 765 sont déjà en cours de réalisation. Depuis 2003, 43 wilayas ont adhéré à cette politique.

90% des communes rurales enregistrent une stabilité voire une augmentation de leurs habitants
Parmi les objectifs recherchés à travers ces projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI), le ministre cite la modernisation des espaces ruraux, la répartition des activités économiques dans le milieu rural, la protection et la valorisation du patrimoine rural matériel et immatériel.
L’année 2007 a été, précise-t-il, la première étape pilote où plus de 1 500 PPDRI ont été formulés par les wilayas dont 700 ont, d’ores et déjà, été mis en cours. L’année 2008 sera celle de la consolidation alors que 2009 sera dédiée à la généralisation de toute la démarche. Ce sont des projets construits de bas en haut, c’est-à-dire proposés par la société civile elle-même, aux responsables concernés dans le cadre de la cellule d’animation rurale installée dans toutes les daïras et de certaines municipalités. L’opération vise en fait la « modernisation et/ou la réhabilitation des villages et ksour, la diversification économique en milieu rural, la protection des ressources naturelles et des patrimoines ruraux matériels et immatériels », déclarait récemment le Dr Benaïssa. L’invité du Forum de la Télévision algérienne souligne, en outre, le rôle des acteurs locaux. Il s’agit notamment des représentants du mouvement associatif et des collectivités locales dans la réussite de la politique nationale de renouveau rural. Ils ont renforcé l’action de proximité et la vulgarisation auprès des populations rurales des mécanismes de leur accompagnement dans leurs projets et les financements mobilisés à cet effet. Concernant la participation du mouvement associatif dans la politique nationale de renouveau rural, particulièrement pour ce qui est de l’action de proximité, le ministre a affirmé que 3 900 associations ont adhéré cette action en organisant des campagnes de sensibilisation et d’information dans les milieux ruraux. Pour rappel, le ministre a salué les mesures prises par le ministère de l’Intérieur visant à renforcer les prérogatives des collectivités locales et la mise en place de programmes communaux supplémentaires dédiés au développement des espaces ruraux. Ces mesures permettront aux habitants de ces régions d’exploiter les mécanismes de développement mobilisés à leur profit.
Concernant le repeuplement des zones rurales désertées par leurs habitants du fait de l’insécurité qui a marqué la décennie écoulée, le ministre explique que 90% des communes rurales ont renoué avec la stabilité et enregistrent l’augmentation du nombre de leurs habitants. Pour assurer plus de transparence dans la mise en ouvre de la politique, un système informatisé d’information nationale a été mis en place pour assurer le suivi et l’évaluation des différents projets dans les zones rurales, leur financement ainsi que les parties ayant bénéficié de mécanismes de soutien. Sur un autre registre, le ministre a souligné la nécessité de diversifier les activités économiques rurales et de ne pas se limiter à l’agriculture. Car, ajoute-t-il, 73% des populations rurales s’investissent essentiellement dans l’agriculture.

Badreddine KHRIS