L’indemnisation des céréaliculteurs touchés par la sécheresse à l’étude

L’indemnisation des céréaliculteurs touchés par la sécheresse à l’étude

Elle a été évoquée par le ministre de l’agriculture

El Watan, 12 août 2008

Ces céréaliculteurs pourraient bénéficier d’indemnités à travers le Fonds de garantie des calamités agricoles. Le ministre a signalé que les stocks stratégiques étaient suffisants pour couvrir les besoins du pays pour plusieurs mois.

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural va faire une évaluation exhaustive pour mesurer l’impact exact de la sécheresse sur la production céréalière nationale, a annoncé hier le ministre de tutelle, Rachid Benaïssa. Cette évaluation permettra aussi d’identifier les agriculteurs dont le rendement a été touché par les insuffisances pluviométriques, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse qu’il a animée en marge d’une réunion regroupant les inspecteurs vétérinaires et phytosanitaires des wilayas, ainsi que les contrôleurs des postes frontaliers. Ces céréaliculteurs pourraient bénéficier d’indemnités à travers la réactivation du Fonds de garantie des calamités agricoles. Cet organisme sera, le cas échéant, doté d’un budget pour procéder à cette indemnisation.

Le ministre a voulu dans le même sillage se montrer rassurant quant aux répercussions de la baisse de la production sur le marché national en signalant que les stocks stratégiques étaient suffisants pour couvrir les besoins du pays sur plusieurs mois. La production nationale de céréales a enregistré une baisse vertigineuse durant la saison 2007/2008. Elle ne devrait pas dépasser les 21 millions de quintaux contre 43 millions de quintaux l’année dernière, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. La quantité récoltée jusqu’à présent est de 17 millions de quintaux. La récolte a été affectée par « les insuffisances pluviométriques » à l’ouest du pays. Pour le premier responsable du secteur de l’agriculture, il ne sied plus d’attendre que le ciel se montre plus clément donc moins avare en pluie pour améliorer la production. Il a plaidé pour la mise en place rapide d’un programme d’irrigation d’appoint. Ce programme, a-t-il souligné, est déjà prêt et sera appliqué dès la saison prochaine. Par ailleurs, et s’adressant aux inspecteurs vétérinaires et phytosanitaires des wilayas et aux contrôleurs des postes frontaliers, M. Benaïssa a insisté sur la nécessité de mettre en place un réseau national de veille afin de donner l’alerte en cas de découverte de produits avariés ou de maladies endémiques qui toucheraient les différents cheptels que compte l’Algérie. Il a rappelé que son département a adopté plusieurs mesures pour aider les éleveurs. Ces actions devraient permettre, entre autres, d’optimiser l’utilisation des potentialités qui existent dont les 100 000 étables qui restent inexploitées. Le ministre a aussi évoqué le fléau de la contrebande qui concerne essentiellement le cheptel ovin. La solution à ce problème réside, selon lui, dans la stimulation des investissements pour la réalisation d’abattoirs modernes et d’unités de conditionnement de viande afin d’exporter les quantités excédentaires. Ce genre de projets devraient être encouragés dans le cadre du programme de développement des Hauts-Plateaux, région où se concentre l’élevage ovin. L’émergence d’un marché de la grande distribution en Algérie va, a-t-il relevé, pousser les différents acteurs de cette filière à aller vers la professionnalisation de leur activité diminuant ainsi l’intérêt pour la contrebande. « On aura même plus besoin d’exporter », a-t-il assuré. « Parfois, il faut une réponse économique et non coercitive », a-t-il estimé, tout en reconnaissant que « trouver une solution définitive à la contrebande d’ovins est assez complexe ». Il n’a pas manqué de jeter quelques fleurs au système vétérinaire national qui, a-t-il indiqué, avait été audité par des experts de l’Union européenne dont le rapport a été plutôt favorable avec quelques recommandations pour améliorer ce dispositif. M. Benaïssa a fait savoir en outre que le problème du statut des vétérinaires et de leurs conditions socioprofessionnelles était à l’étude sans donner plus de précisions sur cette question. Cette corporation avait organisé ces derniers mois plusieurs mouvements de protestation pour sensibiliser les pouvoirs publics sur ses préoccupations. L’Algérie compte quelques 6500 vétérinaires.

Par Nora Boudedja