Constat positif de Benaïssa sur la campagne agricole 2008-2009

Constat positif de Benaïssa sur la campagne agricole 2008-2009

«Une production exceptionnelle»

Le Jeune Indépendant, 13 octobre 2009

Les contrats de performance du programme de renouveau rural pour 2009 a permis la création de 14 714 emplois et le traitement de 39 100 hectares, selon un rapport d’évaluation de ce programme présenté hier au niveau du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

Ces contrats qui regroupent 1 949 projets de proximité au profit de 25 000 ménages ont permis la réhabilitation de 174 villages et k’sours et l’amélioration des conditions de vie dans ces zones enclavées à travers la réalisation de centres de soins, d’écoles, de logements ruraux, de réseaux d’éclairage public et de réseaux d’AEP. Selon le bilan officiel, ces contrats de performance ont également contribué à «la réalisation d’une campagne agricole exceptionnelle en libérant l’ensemble les initiatives du monde agricole et en intégrant tous les acteurs du secteur». Les contrats de performance ont mis l’accent sur l’intensification des filières stratégiques telles les céréales, le lait, la pomme de terre, les viandes rouges, la tomate industrielle, en plus du développement du potentiel productif agricole à travers le développement de la filière semences, la généralisation des systèmes économiseurs d’eau, le développement des ressources alimentaires des cheptels et la résorption de la jachère. Selon le même bilan, la campagne agricole de cette année a enregistré une croissance dans pratiquement toutes les filières, notamment les céréalicultures qui ont enregistré un bond de 260 % en passant de 17 millions de quintaux à plus de 61 millions. Cette évolution positive a également concerné les légumes secs qui ont enregistré une croissance de 85 % avec une production de 743 240 quintaux, la pomme de terre (+22 %) avec une production de 26,53 millions de quintaux, l’oléiculture (93 %) avec 4,9 millions de quintaux réalisés et les viandes rouges (9 %) avec 3,457 millions de quintaux. Mais toutes ces performances ne reflètent pas les prix exorbitants pratiqués sur le marché. Pour endiguer cette flambée des prix, qui touche même les produits de large consommation, le ministre de l’Agriculture a souligné la nécessité d’un circuit de commercialisation organisé. Mais, a-t-il dit, «celui-ci devrait être dirigé par des professionnels privés qui prennent leur marge bénéficiaire tout en garantissant l’intérêt de l’agriculteur et du consommateur». De la gestion d’une crise de pénurie, l’Algérie semble gérer une crise de surproduction dans certaines filières notamment les agrumes et les viandes. D’où la nécessité de développer les capacités nationales de stockage et de la mise en place de l’office interprofessionnel des légumes et des viandes. «Ce sont là des mécanismes et des capacités opérationnelles qui nous permettront de relever, durablement et à terme, le défi de la sécurité alimentaire». Interrogé sur certains agriculteurs exclus par la mesure présidentielle sur l’effacement des dettes, le ministre a répondu qu’il s’agit de personnes qui ont un différend avec le liquidateur de la banque de leasing, la Salem. «Ces gens ne sont pas dans la même situation que les agriculteurs endettés, car ils ont pris du matériel tels les ordinateurs pour réaliser des études, des motoculteurs (tracteurs équipés), et ne sont pas donc concernés par l’effacement des dettes, tel que proposé par le Président», a-t-il expliqué. Et d’ajouter que le ministère leur propose une réinsertion dans le monde agricole et une implication dans la politique de renouveau rural.
Z. M.