“Les concessions agricoles sont ouvertes aux étrangers”

Le Sg du ministère de l’agriculture l’a annoncé hier

“Les concessions agricoles sont ouvertes aux étrangers”

Par : Hamid Saïdani, Liberté, 16 janvier 2006

Profitant de la rencontre qu’il a eue avec le sous-ministre adjoint canadien aux Services à l’industrie et aux marchés, le SG du ministère de l’Agriculture a affirmé que l’aide apportée par son département au secteur de l’agriculture “n’est pas exclusive aux Algériens”.

Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Abdeslam Chelghoum, a invité, hier, les opérateurs étrangers du secteur de l’agriculture à investir dans le domaine de la mise en valeur des terres par le biais du système de la concession mis en place et touchant les zones sahariennes, steppiques et montagneuses. “S’il y a des opérateurs étrangers qui veulent apporter leur contribution à la mise en valeur des terres ils sont les bienvenus”, a-t-il indiqué.

C’est lors de l’audience qu’il a accordée au sous-ministre adjoint canadien aux Services à l’industrie et aux marchés, Andrew Marsland, et à la délégation qui l’accompagnait, que M. Chelghoum a fait cette annonce, appelant, à cette occasion, la partie canadienne à renforcer la coopération entre les deux pays, une coopération que les responsables algériens veulent “concrète”.

Le SG du ministère de l’Agriculture a affirmé, à ce propos, que l’aide apportée par son département au secteur de l’agriculture “n’est pas exclusive aux Algériens” et que, de ce fait, même les opérateurs étrangers intéressés pas l’investissement agricole peuvent accéder aux facilités accordées dans le cadre des dispositifs existants. L’orateur a également relevé que l’agroalimentaire est un autre créneau qui pourrait intéresser les investisseurs canadiens. Si pour le moment, ce partenariat avec le département canadien de l’Agriculture sera matérialisé par la mise en chantier très prochainement de cinq projets de coopération dans différents secteurs, M. Chelghoum a souhaité que les relations entre les deux pays dans le domaine de l’agriculture ne soient pas confinées dans un rapport strictement commercial, le Canada étant le premier fournisseur de l’Algérie en blé dur.

Mais selon toute vraisemblance, le Canada serait prêt à s’investir encore plus dans cette coopération agricole.
D’ailleurs, le ministère canadien de l’Agriculture, à travers sa division Science et développement à l’échelle internationale, a classé l’Algérie parmi les 8 pays prioritaires pour les initiatives en matière de développement international. Dans ce cadre, 5 projets ont en effet été retenus.

Il concerne le soutien à la mise en place d’une banque des ressources phytogénétiques, l’utilisation des biotechnologies liées à la reproduction dans la ferme expérimentale du Cniaag d’El Tarf, en collaboration avec l’université canadienne de Saskatchewan, l’utilisation de la télédétection dans la prévision de récolte et la surveillance des cultures céréalières, l’assistance pour la mise en œuvre des accords de l’OMC et, enfin, l’assistance pour la filière lait. Ce que cherche donc l’Algérie, c’est beaucoup plus un soutien technique et un appui dans le domaine du transfert technologique.
Chose sur laquelle a d’ailleurs insisté M. Chelghoum considérant que l’Algérie n’a, pour le moment, pas besoin d’assistance financière. “L’approche de coopération doit changer”, a-t-il insisté, mettant en avant l’expérience qu’il a eue lorsqu’il présidait aux destinées de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (Oaic). L’ambassadeur du Canada à Alger, Robert Peck, présent à cette rencontre, a estimé, pour sa part, que “d’autres pistes de collaborations concrètes peuvent être facilement identifiées”.
Relevant un déficit important en matière de communication dans la politique agricole algérienne, M. Peck saisit cette occasion pour inviter officiellement le SG du ministère de l’Agriculture à une visite dans son pays pour y rencontrer les opérateurs du secteur et leur exposer les axes et les priorités de la politique agricole algérienne à l’effet de les inciter à investir en Algérie.
Cette visite doit, en principe, avoir lieu durant le premier trimestre de l’année en cours.

H. S.


Concessions agricoles

Plus de 430 000 ha de terre récupérés et exploités

Hamid Saïdani, Liberté, 16 janvier 2006

Le système s’est finalement avéré un instrument efficace de stabilisation des populations rurales dans les zones montagneuses, steppiques et sahariennes, tout en contribuant à l’augmentation du patrimoine foncier agricole.

Lancé deux années avant la mise sur orbite du Plan national de développement agricole (Pnda) en 2000, le programme de mise en valeur des terres, par le biais de la concessions, est en train d’impulser une remarquable dynamique au secteur de l’agriculture dans les périmètres auxquels il était destiné, à savoir les zones rurales et reculées du pays qui ont tant besoin de cet apport. Sept années donc après son lancement, l’heure est au bilan, même partiel, des actions entreprises jusque-là. Les chiffres contenus dans un rapport de la Générale des concessions agricoles (GCA), organisme créé pour gérer pour le compte de l’État ce programme, illustrent parfaitement les avancées réalisées dans la mise en valeur des terres. Ainsi, selon ce rapport, ces actions ont permis de revaloriser plus de 432 700 ha de terre, dont le quart, c’est-à-dire quelque 107 000 ha, l’a été durant les dix premiers mois de l’année passée.
Le système adopté a donc permis d’augmenter de manière sensible le patrimoine foncier qui, malgré toutes les mesures prises pour sa préservation, continue de subir, par ailleurs, détournements et dégradations. C’est dire que le programme a atteint ces dernières années sa vitesse de croisière en multipliant les soutiens et les actions d’accompagnement de nombreux projets d’investissement ou de revalorisation.

Pour rappel, les responsables du ministère de l’Agriculture et du Développement rural avaient assigné à ce programme un triple objectif en termes de réalisations : de la mise en valeur de 693 669 ha, de l’octroi de 41 720 concessions et de la création de 173 629 emplois. Jusqu’à octobre 2005, le taux d’avancement réalisé concernant l’octroi de concessions a atteint plus de 50%, puisque l’on dénombre près de 25 000 concessions accordées. Le bilan, en ce qui concerne les postes d’emploi créés dans ce cadre, est jugé, quant à lui, plus intéressant.

En effet, les travaux engagés, toutes actions confondues, ont généré, selon le même rapport, plus de 150 000 emplois dont près de 34 000 pour la période allant de janvier à octobre 2005. Ce qui constitue sans nul doute un signe de bonne santé pour ce programme. En termes de réalisations, les opérations lancées ont porté sur l’amélioration foncière de quelque 126 000 ha et la plantation de 61 000 ha d’arbres fruitiers. Pour les dix premiers mois de l’année 2004, ces plantations ont concerné plus de 18 000 ha.
L’amélioration constatée est donc nette dans ce volet. D’ailleurs, cela fait très longtemps que le marché algérien n’avait pas connu une telle abondance de fruits et de légumes générée par une hausse importante de la production. Les grandes cultures raflent la part du lion en s’adjugeant quelque 10 500 ha, alors que les plantations arboricoles en extensif ont touché plus de 5 000 ha. Les plantations viticoles, phœnicicoles et pastorales ont porté sur un peu plus de 4 000 ha. Et comme le programme en question ne se limite pas aux actions d’amélioration foncière, d’autres secteurs ou activités ont bénéficié des bienfaits apportés par ce nouveau concept agricole, à l’image de l’hydraulique agricole, l’électrification, l’ouverture des pistes, l’apiculture… Bien évidemment, toutes ces actions réunies ont permis d’enclencher un processus de désenclavement de nombreuses régions retirées du pays et de contribuer par là au retour de dizaines de milliers de familles qui, pour la plupart, ont fui leurs villages en raison de l’insécurité provoquée par les groupes islamistes armés.

H. S.

QUID DE LA GCA ?

Par : Hamid Saïdani

La GCA est un organisme de gestion du programme de mise en valeur des terres agricoles par la concession, adopté par le Conseil du gouvernement en janvier 1998. Les principaux objectifs du programme sont de créer et rendre permanentes les activités de production et de services en milieu rural dans le cadre de la préservation, de la valorisation et de l’exploitation des ressources naturelles. En s’adressant directement aux populations locales, il vise à l’implication des populations rurales dans la gestion des ressources naturelles, mais aussi l’amélioration des niveaux de productivité. La mise en valeur des terres peut s’exécuter sur toutes les terres se trouvant à l’intérieur du périmètre préidentifié, quel que soit leur statut juridique. Après éligibilité, ces projets sont confiés à des directeurs de projets, chargés de conduire l’ensemble des actions, d’animer le mouvement associatif, et de promouvoir la création de PME. La mise en valeur par le biais
de la concession agricole s’insère dans le cadre du processus global du développement de l’agriculture, d’amélioration des conditions de vie, de travail des populations rurales et de préservation durable de l’environnement. Elle concerne essentiellement les terres du domaine privé de l’état situées en zones sahariennes, steppiques, montagneuses, ainsi que les terres de statut privé incluses dans les périmètres de mise en valeur par la concession. Comme nous l’avons précisé précédemment, la mission de la GCA peut s’élargir pour toucher la promotion d’entreprises activant dans les domaines
de l’exploitation, le conditionnement et la transformation de produits provenant du patrimoine productif de l’État, mais aussi la prestation de services dans différents domaines en relation directe avec les objectifs de mise en valeur.