Les fonctionnaires du Sud poursuivent leur débrayage

Les fonctionnaires du Sud poursuivent leur débrayage

par A. Zerzouri, Le Quotidien d’Oran, 10 avril 2013

La grève déclenchée le 8 avril dernier par les fonctionnaires dans 23 wilayas du Sud a été renforcée, hier, par l’adhésion des travailleurs du secteur de la fonction publique de la wilaya de Saïda, qui ont rejoint le mouvement de protestation en mettant sur le tapis les mêmes revendications et en appelant à un sit-in aujourd’hui (dernier jours de la grève cyclique) devant le siège de la wilaya. Dans un communiqué conjointement signé par le Snapest, l’Unpef et le Snapap, il est indiqué que les représentants des travailleurs de la fonction publique de la wilaya de Saïda annoncent leur adhésion au mot d’ordre de grève dans les 23 wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, lancé par une coordination de plusieurs syndicats autonomes, dont le Snapest, le Snapap, l’Unpef, le SNPSP, le CNES et le SAP. Malgré quelques tentatives de regroupement avortées des syndicats autonomes, naguère initiées pour faire face à l’hégémonie de la centrale UGTA lorsqu’il s’agissait de négocier des préoccupations du monde du travail avec le gouvernement, jamais par le passé une telle coordination entre ces syndicats autonomes n’a vu le jour. C’est là un acquis bien plus précieux que les statistiques d’adhésion au débrayage, dépassant globalement, selon les concernés, le taux de 70 %, des travailleurs de la santé, de l’éducation et des fonctionnaires de l’administration publique. Joint hier par téléphone, le président du Snapest, M. Meziane Meriane, qui avance un taux de 73 % de participation à la grève dans le corps des enseignants, maintient la pression sur les pouvoirs publics.«Il est temps de corriger ces graves injustices commises à l’encontre des travailleurs du Sud», souligne-t-il. Celui-ci rappelle que le Snapest a très tôt soumis les revendications des enseignants du Sud, lesquelles revendications sont aujourd’hui adoptées par tous les travailleurs du secteur de la fonction publique. Estimant que le sud du pays a toujours été marginalisé, le président du Snapest, tout comme les autres syndicats qui s’inscrivent dans ce mouvement de protestation, exige d’indexer la prime de zone et la prime du grand sud sur le salaire de base appliquée depuis 2008, ainsi que l’octroi d’un quota de logements sociaux et de terrains à bâtir pour les travailleurs du Sud et des Hauts-Plateaux. «C’est une aberration que de continuer de calculer ces primes sur un ancien barème des salaires de base qui fait perdre jusqu’à 6000 dinars aux travailleurs, d’où notre exigence de revoir cette base de calcul selon une indexation actualisée et qui se réfère au régime salarial issu des nouveaux statuts adoptés par les différents secteurs de la fonction publique, et de verser des rappels pour tous les travailleurs avec effet à partir de 2008», clame M. Meziane. Et à propos de l’instruction du ministère de l’Education, dont copie a été médiatisée hier sur le site du Snapest, avec un objet qui porte sur la «dérogation exceptionnelle» permettant l’intégration des enseignants dans les nouvelles catégories d’échelles par une «translation directe», c’est-à-dire permettre le passage de la fonction de professeur d’enseignement secondaire (PES) classée à l’échelle 13 vers l’échelle 16 accordée à un enseignant formateur sans perte en matière d’échelons, le président du Snapest reconnaît qu’il s’agit là d’un acquis non négligeable. «Seulement, dira-t-il, cela arrive en retard». Ajoutant dans ce contexte que «cet accord portant sur l’intégration des enseignants dans les nouvelles catégories d’échelles a été signé avec la tutelle au mois de décembre 2012». Quelle influence sur la grève actuelle ? se peut-il que le Snapest revienne à de meilleurs sentiments après ce geste de la tutelle ? «La grève du Sud est spécifique, même si l’on reconnaît que le geste en question appelle à l’apaisement, la contestation au Sud sera maintenue jusqu’à la satisfaction des revendications des travailleurs», indique notre interlocuteur. Au Sud, il n’y a pas que les chômeurs qui souffrent de l’injustice, même les salariés mettent au goût du jour leurs préoccupations et dénoncent les écarts abusifs dans le calcul de la solde.