Emeutes à Illizi et sit-in à Ouargla

Emeutes à Illizi et sit-in à Ouargla

par R. N., Le Quotidien d’Oran, 20 avril 2013

Plusieurs quartiers de la ville d’Illizi ont vécu, depuis la nuit de mercredi, des échauffourées entre des éléments de la police et des groupes de jeunes, à la suite d’une altercation entre un jeune et un agent de la sûreté. La ville d’Illizi a connu une paralysie dans ses différentes structures administratives et éducatives en raison des troubles. Des édifices publics, à l’instar de la Direction de la réglementation et des affaires générales de la wilaya, ont subi des dégâts causés par des jets de pierres. «La situation est jusque-là maîtrisée», a affirmé M. Madoui, soulignant «une large adhésion des jeunes» à la démarche des autorités locales pour mettre un terme à cette situation. «Les services de la wilaya s’emploient à rétablir la sécurité et le calme», a signalé le wali d’Illizi, lors d’une rencontre extraordinaire, en présence de notables de la région, des représentants de la sûreté de la wilaya et des jeunes, appelant, à l’occasion, les jeunes à «faire prévaloir la sagesse pour pouvoir dégager des solutions fiables par la voie du dialogue, et laisser la justice faire son travail concernant cette affaire». Le chef de l’exécutif de la wilaya d’Illizi, M. Ali Madoui, a affirmé, en outre, qu’une enquête judiciaire sera menée sur les évènements ayant opposé, depuis mercredi soir, un groupe de jeunes aux éléments de la sûreté. «Une enquête approfondie sera enclenchée pour déterminer les circonstances de ces évènements et l’affaire prendra son cours légal, à la suite des évènements qu’a connus la ville d’Illizi», a souligné le wali d’Illizi.

A Ouargla, des dizaines de jeunes chômeurs ont observé un sit-in, jeudi, sur l’esplanade jouxtant le siège de la commune du chef-lieu de wilaya pour dénoncer les récents actes de violence et de saccage d’institutions, publiques et privées, au chef-lieu de la wilaya. Ce rassemblement pacifique «se veut une réponse à la campagne tendancieuse voulant leur imputer la responsabilité des émeutes qu’a connues la ville dernièrement», indiquent ses organisateurs dans un communiqué, dont l’APS a obtenu une copie. Ils estiment que cette action vise, à la fois, à «apporter une réponse aux questionnements des gens sur les évènements précités», et à «rappeler aux pouvoirs publics leurs engagements concernant le volet de l’emploi et de l’instruction du Premier ministre sur le dossier non encore mise en œuvre». Ils condamnent aussi, à travers ce communiqué, «toute forme de violence et de saccage, incendie et pillage des institutions, publiques et privées», à Ouargla, et se démarquent de ces «agissements montés par certaines parties pour empêcher l’adhésion autour des revendications des jeunes». Le communiqué signale, en outre, que les troubles qu’a connus la ville de Ouargla «étaient liés avant tout à une liste de logements sociaux, et que d’autres wilayas du pays ont connu des évènements similaires en rapport avec des attributions de logements». En plus d’appeler à faire prévaloir la sagesse et à ne pas se laisser entraîner dans la violence, et de réaffirmer le caractère pacifique du mouvement de protestation des jeunes de la région, le texte comporte un appel au wali de Ouargla l’invitant à «ouvrir des canaux de dialogue avec les représentants des jeunes chômeurs». Le sit-in a ensuite pris fin dans le calme et les jeunes protestataires se sont dispersés spontanément, a constaté un journaliste de l’APS.