Viandes: L’Etat fixe les prix !

Viandes: L’Etat fixe les prix !

par Z. Mehdaoui, Le Quotidien d’Oran, 22 août 2009

Le sempiternel problème de la flambée des prix, de la viande notamment, lors du mois sacré du Ramadhan revient encore une fois cette année pour «hanter» les ménages.

Même si les autorités semblent dans l’incapacité de faire face durablement aux « spéculateurs », il n’en demeure pas moins que des actions sont engagées pour fixer les prix des viandes (blanche et rouge), du moins à travers les points de vente de la société de gestion des participations de la production animale (SGP/PRODA), un organisme relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. En effet, cette année, la SGP/PRODA a fixé les prix des viandes blanches à 250 dinars/kg et celui des viandes rouges à 680 dinars durant le mois de Ramadhan, et ce au niveau de 80 points de vente répartis sur 19 wilayas.

C’est ce qu’a indiqué jeudi dernier le directeur général de la société, M. Kamel Chadi, qui souligne que ces prix ont été fixés dans le cadre d’une convention signée avec les abattoirs relevant de la SGP/PRODA et des bouchers, notamment à travers les grandes villes du pays.

Invité de l’émission «Débats d’été» de la radio nationale, le directeur général de la société a fait savoir que l’application effective des prix sus-mentionnés a débuté mercredi dernier au niveau d’une soixantaine de points de vente, avant de s’élargir durant ce mois sacré à 80 points de vente dans près d’une vingtaine de wilayas.

M. Chadi précisera que cette opération s’inscrit dans le cadre du système de stockage et de régulation des produits de large consommation (Sypralac), appliqué, rappelle-t-il, par l’Etat depuis l’année dernière sur la pomme de terre, comme première étape, avant de la généraliser à l’oignon, l’ail et les viandes rouges et banches.

L’objectif de cette nouvelle stratégie, note-t-il, est «d’éviter aux producteurs et aux éleveurs des pertes qui pourraient les pousser à abandonner leurs métiers, ainsi que la protection du pouvoir d’achat des citoyens en garantissant la disponibilité du produit au niveau des marchés». L’invité de la radio nationale pense que la conclusion de cette convention avec les abattoirs publics et privés ainsi que les bouchers, est un prélude pour la mise en oeuvre d’une nouvelle stratégie ayant pour objectif l’organisation des marchés des viandes. Il reste à savoir si cela sera suffisant, sachant que les prix flambent «naturellement» à la veille de chaque fête ou rendez-vous religieux.

Par ailleurs, M. Chadi a annoncé que la SGP/PRODA prépare actuellement des projets de construction d’abattoirs modernes dans les wilayas d’El-Bayadh, Djelfa et Aïn M’lila. Le même responsable fera savoir que les terrains destinés à la construction de ces structures ont déjà été choisis, en précisant que les études préliminaires de ces projets, dont la réalisation débutera en 2010, ont pris fin.

En plus de l’abattage, le stockage et la régulation du produit, ces abattoirs se chargeront de répartir l’aide financière consacrée par l’Etat à ce secteur entre les opérateurs (publics et privés) signataires de conventions avec ces abattoirs.

Sur un autre chapitre, le directeur général de la SGP/PRODA a affirmé qu’en ce qui concerne la pomme de terre, qui connaît également à son tour des «crises cycliques», les quantités stockées sont suffisantes pour répondre aux besoins du consommateur tout au long de la période précédant la production.

M. Chadi a déclaré que le système de stockage et de régulation des produits agricoles de large consommation est entré, à partir de cette année, dans la phase du professionnalisme, grâce, soutient-il, aux leçons tirées de la première expérience, l’agriculteur étant plus confiant en ce qui concerne cette opération qui lui a permis de reproduire le même produit en grandes quantités.