10 000 tentatives de suicide par an !

DES CHIFFRES EFFARANTS AVANCÉS PAR LA LADDH

10 000 tentatives de suicide par an !

Le Soir d’Algérie, 10 septembre 2016

Des chiffres qui donnent froid dans le dos et qui doivent interpeller tout le monde : plus de 10 000 tentatives de suicide sont enregistrées dans le pays annuellement et dont 1 100 «aboutissent» fort malheureusement.
M. Kebci – Alger (Le Soir) – La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, aile présidée par Me Salah Dabouz, tire la sonnette d’alarme quant à l’étendue du fléau du suicide qui semble trouver en notre société, son terreau. Dans une réflexion à l’occasion de la célébration, aujourd’hui samedi 10 septembre, de la Journée mondiale de la prévention du suicide, son secrétaire national chargé des dossiers spécialisés invite à agir vite pour faire face aux dysfonctionnements de la structure de la notre société qui vit ces derniers, une «période de dislocation dont le suicide n’est qu’un aspect». Un fléau qui a pris, considère Houari Kaddour, «des proportions alarmantes et diverses façons».
Notamment, relève-t-il, «chez la frange juvénile qui ne s’interroge plus sur la manière de se donner la mort, que ce soit via une barque de fortune pour tenter la harga par mer, ou en s’aspergeant le corps d’essence, ou en se jetant de par-dessus le siège d’une mairie ou d’une wilaya, d’un pont ou d’un bâtiment, ou en ingurgitant des psychotropes, ou en se pendant ou en se lacérant le corps à l’aide d’une lame ou en se cousant la bouche.
Selon le cadre de la LADDH, le suicide est devenu un «problème sérieux et dangereux qui pose la problématique de la santé publique». Et de faire part de pas moins de 10 000 tentatives vaines de suicide chaque année et de 1 100 suicides dans le pays. La majorité des victimes de ces suicides ou tentatives de suicide sont des «jeunes ou des adolescents que les conditions socioéconomiques» poussent à cette “solution’’ extrême». Il y a aussi les «mobiles psychologiques ou l’échec dans une relation amoureuse et le sentiment d’insécurité qui engendre des différends conjugaux, le chômage, le sentiment de hogra et de marginalisation ou le sentiment de n’avoir aucun rôle dans la société».
Aussi, Houari Kaddour relève que des tentatives de suicide constituent pour leurs auteurs une «manière de manifester et de protester en se lacérant le corps dans des scènes horribles comme pour prouver leur existence».
Et ce sont les sans-emploi, 53%, qui détiennent la triste palme dans les tentatives de suicide, suivis de ceux qui exercent des fonctions libérales (18%), et ceux qui exercent des emplois précaires (12%). Les fonctionnaires avec 11% viennent en avant-dernière position alors que les étudiants et les lycéens ferment ces sombres statistiques avec 6%.
Relevant que les pouvoirs publics n’ont pas bougé le petit doigt malgré ses incessantes et pressantes alertes, la LADDH rappelle à l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre le suicide que notre société vit une «dislocation sans précédent qui peut engendrer, si rien n’est fait, des tragédies nombreuses».
Et d’exhorter les pouvoirs publics à «ouvrir un large dialogue avec les citoyens, à lutter contre la bureaucratie, offrir un climat empreint de transparence et de justice sociale, et ne pas ignorer les problèmes en les traitant à temps au risque de leur amoncellement».
M. K.