Syndicats: «Suivi massif» de la grève du CNAPEST

Le procès des syndicalistes reporté

«Suivi massif» de la grève du CNAPEST

par Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 3 mai 2005

Les enseignants des lycées ont répondu hier «favorablement» au mot d’ordre de grève lancé par le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), ont indiqué hier les syndicalistes. La grève, selon la même source, a été suivie à plus de 85 % à travers le territoire national.

Même si les lycées d’Alger n’ont pas été paralysés, certains cours ont été tout de même perturbés. La grève d’aujourd’hui, la quatrième depuis le mois de mars dernier, en dépit des mesures prises par le gouvernement, a été décidée pour protester contre la comparution de sept syndicalistes du CNAPEST devant le juge.

Le procès prévu pour hier a été finalement reporté à une date ultérieure. La justice, rappelons-le, avait tranché depuis le mois de mars que ni le CNAPEST ni le CLA ne sont agréés pour pouvoir activer et lancer des appels à la grève.

Le Conseil national des libertés syndicales (CNLS) a tenu à marquer sa solidarité «pour sauvegarder le droit syndical et les libertés syndicales en Algérie». Un rassemblement a été organisé dans l’après-midi d’hier devant le tribunal d’Alger où un dispositif sécuritaire a été mis en place.

Une délégation du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), le CLA, le SNAPAP, les médecins généralistes et les médecins spécialistes notamment, sont venus pour «dire non à la répression». Aucun incident n’a été enregistré, même si le regroupement a eu lieu à l’intérieur du tribunal.

Le CNAPEST continue de protester contre la répression et les intimidations envers les enseignants. Il ne compte pas mettre fin à «sa résistance». Vendredi dernier, les syndicalistes n’ont pas écarté la possibilité de perturber les examens de fin d’année.

D’ailleurs, cette organisation n’a pas hésité à faire grève le premier jour des examens sportif (Bac et BEF). Le ministère de l’Education nationale, injoignable hier, campe toujours sur sa position : non au dialogue avec une organisation non agréée.

M. Benbouzid, rappelons-le, avait à maintes reprises affirmé que son département ministériel continuera de saisir la justice pour tout le temps qu’il faudra. N. O.