Pas de coupes dans les subventions

Transferts sociaux

Pas de coupes dans les subventions

Liberté, 25 octobre 2017

Les transferts sociaux sont revus à la hausse au titre du budget 2018. Une enveloppe de 1 760 milliards de dinars leur sera allouée. Ce montant est en augmentation de près de 8% par rapport à l’enveloppe attribuée en 2017 pour cette catégorie de dépenses. Cet argent est destiné notamment aux soutiens aux familles, à l’habitat, à la santé, ainsi qu’aux subventions des prix des produits de première nécessité, à savoir les céréales, le lait, le sucre et les huiles alimentaires.
À travers ces transferts sociaux, il s’agit pour le gouvernement de “continuer à soutenir” la politique sociale de l’État notamment par le soutien aux familles, à travers la subvention des produits de base, l’éducation et l’accès à l’eau et l’énergie, la santé, le logement, les retraites et l’accompagnement des faibles revenus, des démunis et des handicapés. Telle qu’elle est détaillée dans le projet de loi de finances 2018, dont Liberté détient une copie, l’intervention sociale de l’État est maintenue, dans un contexte de crise économique qui ne semble pas près de s’atténuer.
Elle est ventilée comme suit : 1 milliard de dinars pour la “stabilisation des prix du sucre et de l’huile” ; 6,5 milliards de dinars couvrant les frais afférents “au livre scolaire pour les élèves démunis” ; 44 milliards de dinars affectés à la compensation du prix de l’eau dessalée, 26,9 milliards de dinars alloués à l’Agence de développement social (ADS) ; 5,3 milliards de dinars destinés au fonds de compensation des frais de transport dans le Sud ; 85 milliards de dinars consacrés au Fonds de réserves de retraite…

27 mds de dinars pour les salaires de la Fonction publique
Au plan des fondamentaux, le gouvernement avance, dans ce document, des chiffres trop optimistes. Il y prédit ainsi une croissance réelle en 2018 de l’ordre de 4% pour le PIB et 3% pour le PIB hors hydrocarbures. Quant aux prévisions établies pour 2019 et 2020, elles situent la croissance économique respectivement à 4,2% et à 4,6%. Hors hydrocarbures, elle devrait s’établir à 3,8% en 2019 et 2020. Les rédacteurs du projet de loi de finances expliquent que la “restructuration du contenu de la croissance” économique devrait résulter notamment du retour de la croissance dans les hydrocarbures plutôt que d’un repli des activités des autres secteurs. Par ailleurs, les coûts salariaux dans l’administration publique, dont font partie les dépenses de rémunération du personnel, continuent de grever, à une large échelle, le budget de l’État. Ils atteindront un peu plus de 27 milliards de dollars en 2018.
Pourtant, le projet de loi de finances prévoit une réduction du budget de fonctionnement dans un contexte de “volonté des pouvoirs publics d’entamer le retour à l’équilibre budgétaire dans moins de cinq années et d’encourager la production”, selon les concepteurs du projet de loi. En chiffres, le budget de fonctionnement pour l’exercice prochain s’élèvera à 4 584 milliards de dinars contre 4 591,8 milliards de dinars en 2017, soit une baisse de 7 milliards de dinars. En revanche, le projet de loi accorde une “hausse exceptionnelle” du budget d’équipement.

Youcef Salami