Journée nationale «sans achat»

Journée nationale «sans achat»

Le satisfecit de l’Apoce

Alors que l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce) estime le taux de suivi de l’appel à une journée sans achat à 70%, le commerce à Alger a fonctionné à son rythme habituel.

Salah Benreguia – Alger (Le Soir), Le Soir d’Algérie, 21 décembre 2014

Déjà laminés par un pouvoir d’achat des plus indignes, les Algériens font perpétuellement face à une envolée des prix des produits de large consommation.
Rien n’échappe à ces augmentations, parfois non justifiées, des prix. Comme action pacifique, l’Apoce a lancé un appel, pour hier, à une journée sans achat. Son président, joint par téléphone, se réjouit de l’impact de l’appel lancé par son association.
«Aujourd’hui (ndrl) jusqu’à 13h, selon les informations que nous avons recueillies à travers plusieurs wilayas, le taux de suivi de l’appel lancé par nos soins est de l’ordre de 70%» s’est réjoui Mustapha Zebdi. Ce dernier soutient que la plupart des commerçants interrogés par les agents mobilisés à cet effet ont remarqué une baisse en termes de vente chez les commerçants. L’autre point positif mis en valeur par M. Zebdi est que «les 30% qui n’ont pas répondu favorablement à notre appel n’étaient pas au courant». En d’autres termes, cela est dû au manque de communication et de vulgarisation. Toutefois, hier, lors de notre virée aux marchés «Tnache» de Belcourt et Ali-Mellah ainsi que certains points de vente aux alentours de la place du 1er-Mai, les Algérois semblaient ignorer cette journée pacifiste pour protester contre la flambée des prix. Journée printanière par excellence, les Algérois se sont adonnés, hier lors du deuxième jour du week-end, à leurs activités habituelles : faire des courses hebdomadaires pour les uns, et se promener et profiter du beau temps pour les autres.
D’ailleurs, au niveau du marché «Tnache» de Belcourt, un marché jadis connu pour ses prix imbattables, faisant le bonheur des citoyens lambda, «l’ambiance» est normale et habituelle.
A l’intérieur du ce lieu de vente, les vendeurs à la criée tentent tant bien que mal d’attirer le peu de personnes qui hésitent encore à remplir leurs couffins, compte tenu des prix affichés pas du tout encourageants (tomate à 70 DA, haricots verts à 150 DA, la courgette est cédée à 170 DA alors que le prix du poivron vert est fixé à 120 DA).
«Je fais chaque samedi le marché pour la semaine et aujourd’hui encore je le fais parce que je ne vois pas en quoi une action pareille peut changer les choses», témoigne un quinquagénaire.
Même son de cloche d’une dame, fonctionnaire, qui se demande sur l’utilité d’un boycott si les pouvoirs publics laissent ces commerçants, sans foi ni loi, imposer leur diktat, en fixant les prix des produits de première nécessité à des seuils quasi inabordables.
En effet, le rôle régulateur de l’Etat est pointé du doigt. Se contenter d’appeler uniquement ces maquignons à plus de raison ne suffit pas.
S. B.