21 400 salaires impayés

Djenouhat, Sécrétaire national de l’UGTA, à propos des difficcultés des entreprises publiques

21 400 salaires impayés

Par : Badreddine Khris, Liberté, 25 mars 2007

Le contrat à durée déterminée (CDD) s’est généralisé dans le pays plongeant dans la précarité des centaines de milliers de travailleurs.

Plus de 21 400 travailleurs n’ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois. Cette question devrait être prise en charge dans le cadre de la dernière tripartite. Depuis, rien n’y fit. Un nombre important d’entreprises connaissent actuellement une situation financière difficile au point de ne pas pouvoir assurer leur approvisionnement. Des contrats ont été néanmoins signés entre ces sociétés et le partenaire social pour que les employés recouvrent leurs droits de salaires impayés dès que la situation s’améliorera. C’est-à-dire, une fois que les sociétés de gestion des participations (SGP) interviennent et aident financièrement ces entreprises déstructurées. « Nous suivons cette situation de près et d’une manière permanente. C’est une question qui interpelle à tout moment l’organisation syndicale pour qu’elle trouve une solution juste et équitable à tous les travailleurs concernés », expliquera M. Salah Djenouhat, secrétaire national chargé de l’organique à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Il a indiqué que les SGP et les groupes d’entreprises reconnaissent ces « créances », mais ils avouent qu’ils n’ont pas aujourd’hui, les moyens financiers pour payer ces travailleurs. « La reconnaissance en elle-même est un bon signe. Nous avons donné le temps aux entreprises pour qu’elles puissent d’abord s’approvisionner et payer ensuite ses employés. Nous avons demandé à ces derniers de patienter pour sauver leurs sociétés. Nous escomptons que ce problème soit résolu avant la fin de l’année », a déclaré hier M. Djenouhat sur les ondes de la radio Chaîne III. C’est ce manque en moyens financiers qui retarde d’ailleurs, soulignera-t-il, l’application de conventions de branches au sein de ces entreprises. M. Djenouhat a recensé 10 conventions qui n’ont pas connu un terrain d’application. Toutefois, celles des entreprises telles que Air Algérie, les ports et le groupe bois ont été, précisera-t-il, réglées. La plus récente est cet accord salarial signé avec le groupe bois qui prévoit une augmentation de 5% minimum, et le maximum suivant la situation des entreprises affiliées. Par ailleurs, l’UGTA, selon lui, a toujours dénoncé le secteur informel dont 50 % des employés ne sont pas déclarés aux caisses de la sécurité sociale. Cette situation a pris de l’ampleur avec le développement de ces activités au noir. « Le travail au noir est favorisé par l’activité informelle. Nous sollicitons de ce fait les pouvoirs publics pour plus de fermeté et de contrôle pour lutter contre ce phénomène », affirmera le secrétaire national. Ce qui complique davantage l’intervention de l’État, c’est que ce sont des situations éparses. Celles-ci étouffent ainsi les travailleurs, pénalisent les entreprises qui déclarent leur personnel et leur activité aux organismes de la sécurité sociale et « saigne à blanc » l’économie nationale. Abordant le nouveau code du travail en cours de finalisation, dont la promulgation est attendue pour 2007, et l’entrée en vigueur en 2008, Salah Djenouhat a assuré que la Centrale syndicale privilégie la formule de contrat à durée indéterminée (CDI) dans les relations de travail. Il dira, cependant, que le contrat à durée déterminée (CDD) est une réalité puisqu’il est appliqué de par le monde. Mais l’UGTA continuera, renchérit-il, à préserver la protection sociale des travailleurs. Ayant adhéré à un certain nombre de conventions internationales, l’UGTA, ajoutera-t-il, ne peut s’opposer à une telle disposition. Le texte vient en outre corriger les lacunes constatées dans l’ancien code, notamment après la mise en œuvre des opérations de liquidation ou de privatisation. Celles-ci ont engendré en effet beaucoup d’insuffisances, de problèmes et de conflits nés de l’incompréhension des dispositions. Dans le cadre de ce nouveau code, la priorité est, pour M. Djenouhat, de finaliser les 43 statuts particuliers de la Fonction publique et les conventions de branches.

Badreddine KHRIS