Rush sur les restos de la rahma

Ils sont de plus en plus nombreux à s’y rendre

Rush sur les restos de la rahma

Par : Hana Menasria, Liberté, 1er septembre 2009

Même si leur nombre a sensiblement diminué par rapport aux années précédentes, les restaurants de la rahma sont plusieurs à ouvrir pour recevoir des centaines de personnes en difficulté.

Chaque année, durant le mois de ramadhan, des restaurants ouvrent leurs portes pour servir des repas gratuits aux personnes nécessiteuses. Le ministère de la solidarité a enregistré pour ce mois de Ramadhan pas moins de 600 restaurants de la rahma à l’échelle nationale. Un peu moins que l’année dernière où l’on a comptabilisé 668 établissements de ce genre. Et ces restaurants sont soit des établissements publics ou appartenant à des âmes charitables ou à des associations. Dans le centre-ville d’Alger, plusieurs établissements se transforment en restaurants de la rahma durant le mois de ramadhan. Parmi eux, la cantine de l’APC, gérée par un restaurateur, M. Slimi Lounès. Contrairement aux autres établissements, le travail que font le traiteur et son personnel n’est pas du bénévolat.
Il est rémunéré par les services de l’APC. “En fait, avec mon personnel, on s’occupe de tout, même les courses et cela me coûte entre 80 000 à 100 000 DA par jour. Mais je serai payé par l’APC”, explique-t-il. La cantine a accueilli depuis le début de la semaine environ 400 personnes, essentiellement des SDF, hommes et femmes, environ une vingtaine et quelques familles.
“Les femmes nous ont posé beaucoup de problèmes avec les SDF hommes. Il y a eu des disputes ; chacun veut prendre une part en plus, ce qui a créé de la discorde et a fini par dégénérer en dispute”, a déclaré le traiteur. Il était à peine 17h, et les gens commençaient à venir, quelques SDF et ouvriers attendaient devant la porte comptant les minutes restantes pour la rupture du jeûne. Pour le repas de dimanche dernier, les cuisinières avaient préparé 20 kilos de chorba, 60 kilos de rôti de viande et 400 boureks. En revanche, les services de l’APC interdisent les couffins, alors que plusieurs familles préfèrent cette méthode par pudeur. À l’exception des ouvriers qui ramènent un bon pour le fameux couffin. Ces “clients”, qui vont aux restaurants de la rahma, la plupart sont des SDF, des ouvriers qui habitent en dehors de la ville et aussi des étudiants étrangers venus de l’Afrique noire, mais le plus désolant est de constater un nombre considérable de familles entières obligées de prendre leur marmaille pour les nourrir au moins une fois par jour. Un étudiant du Mali, Dakit Ibrahim, fréquente, depuis le début, un restaurant tenu par le croissant-rouge. “Afin d’économiser de l’argent pour l’hôtel et mes dépenses quotidiennes, je préfère manger ici ; comme je suis loin de ma famille, je me sens entouré par ces personnes”, a-t-il témoigné. Un jeune en rupture avec sa famille compte parmi les abonnées à ce resto. “J’ai un toit et une famille, mais comme je me suis disputé avec mon père, je viens manger au restaurant de la rahma”, a-t-il confié.
À Bab El-Oued, c’est l’école primaire Kamel-Aberkane qui est transformée le temps d’un mois en restaurant, tenu par le directeur de l’établissement lui-même M. Bounadjer Sid-Ali. “Nous le faisons depuis dix ans. en fait, c’est financé par la Baraka banque qui offre de la nourriture sans compter, et sans aucun quota”, a-t-il déclaré. Les repas sont distribués dans deux salles ; depuis huit jours, 1 000 personnes ont déjà mangé, soit 150 par jour. Il a été constaté sur place que de nombreuses femmes étaient venues munies de couffins. “La plupart des chefs de famille ont honte de venir, alors, ils ramènent discrètement des boîtes dans lesquelles nous leur servons le menu du jour”, a témoigné le directeur. Des bénévoles et des scouts travaillent de 9h jusqu’à 23h sans répit. Un menu très varié et riche est proposé chaque jour, dont la banque finance les achats, mais aussi des donateurs anonymes contribuent avec le minimum qu’ils possèdent. “Pour moi, le ministère de la solidarité est quasi absent, je ne le vois pas. Et nous avons rédigé des centaines de lettres à l’APC pour la réparation de la batterie de cuisine, jusqu’à l’heure actuelle, nous n’avons reçu aucune réponse”, s’est-il plaint. À l’avenue du 1er-novembre, un bienfaiteur a prêté son restaurant au croissant-rouge. Grâce aux dons récoltés par la fondation à travers des sociétés et des particuliers, un nombre de 200 personnes ont la possibilité de consommer le repas sur place. Les bénévoles effectuent 2 à 3 services. À l’heure du repas d’avant-hier, une file d’attente immense s’est massée devant la porte. “Nous faisons entrer les familles d’abord, car elles sont accompagnées de leurs enfants, ensuite les autres. Tout le monde a droit à un repas”, a déclaré M. Walid Aïssi, le responsable de ce groupe du croissant-rouge. En effet, une vingtaine de familles était venue manger. Pour la soirée de dimanche, au menu de la chorba, de la salade, un ragoût de pomme de terre et des fruits. Après trois services, 190 personnes étaient venues ; 6 paquets de chorba de 400 grammes ont été servis, 15 kilos de viande et 30 kg de viande hachée pour 200 boureks ; 5 kilos de poivrons pour la salade. Dans le calme et l’organisation, les bénévoles dont la plupart sont âgés de vingt ans avaient travaillé jusqu’à 21h, consacrant leur temps pour donner aux autres. Et les restaurants tenus par le croissant-rouge sont plus d’une dizaine dans la wilaya d’Alger.
Après avoir fait le tour de ces trois établissements à Alger-centre, il a été constaté qu’au total un minimum de 700 personnes en tout se nourrissent dans les restaurants de la rahma, et le ministre de la solidarité annonce que le peuple algérien n’est pas pauvre.


Point de presse du président du comité local du CRA

“Nous fonctionnons avec le budget de 2008”

Par : Salah Yermèche

Le président du comité local de la daïra de Tizi Ouzou, Samir Bouaziz, a animé hier un point de presse dans la salle du restaurant Rahma. Le responsable a fait part du retard, voire de l’absence d’aides pour assurer comme de coutume un service adéquat dans la distribution des repas et des couffins alimentaires à l’occasion du mois sacré de Ramadhan. Les repas servis durant les dix premiers jours de ce mois sacré dans le resto du cœur du comité local du Croissant-Rouge et ceux servis à domicile ont été assurés grâce à l’argent qu’avait le comité datant de l’exercice 2008, aux dons reçus de particuliers dans la région, ainsi qu’à l’unique aide de 100 000 DA reçue jusqu’à présent de la part du comité national du CRA. Selon l’orateur, les aides promises par l’APC de Tizi Ouzou et la DAS (Direction de l’action sociale), n’ont pas été concrétisées à ce jour. Pour tirer la sonnette d’alarme, M. Bouaziz a indiqué que le montant payé pour 200 couffins alimentaires servis chaque semaine à des familles nécessiteuses est revenu pour le comité du CRA à 85 650,00 DA, et ce, en achetant au prix de gros. Ceci pour signifier l’exorbitante augmentation des prix connue par les denrées alimentaires à la veille du mois de Ramadhan. “La viande congelée, qui nous revenait en 2008 à 320,00 DA le kg, nous est cédée cette année à pas moins de 480,00 DA le kg. Dix kilos de viande sont nécessaires par jour pour la préparation des 200 repas servis quotidiennement. Et à chaque fois, Dieu merci, nous recevons des aides de la part de particuliers, et c’est une économie pour nous pour assurer chaque jour durant ce mois les deux services du restaurant, animé par des bénévoles du comité local, aidés en cela aussi par de nombreuses femmes, notamment en cuisine et en nettoyage quotidien, issues de familles nécessiteuses. Le conférencier a indiqué que Coca-Cola a apporté une contribution dans le cadre de la solidarité Ramadhan au comité national du CRA l’équivalent de 150 000 repas, tandis Nedjma, l’opérateur du téléphone mobile, a offert une quantité de 50 tonnes de produits alimentaires dans le même cadre. Le comité local du CRA à Tizi Ouzou prévoit dans son programme d’organiser, comme à son habitude, la circoncision au profit de 50 enfants, entre orphelins et ceux issus de familles pauvres. Ces derniers recevront à l’occasion de cette fête, tenue à la veille du 27e jour du Ramadhan (Leïlat el-qadr), des couffins alimentaires suffisamment garnis, ainsi que des colis. La prise en charge de l’opération circoncision sera assurée par deux cliniques (privées) Les Oliviers et El-Djouher de Tizi Ouzou. Par ailleurs, faut-il le signaler, le président du comité de wilaya de Tizi Ouzou a été suspendu par le comité national du CRA sur décision du siège national à la mi-août courant.


Constantine

Les bénévoles au secours de la solidarité

Par : Betina S.

Chaque année, le nombre de familles dans le besoin ne cesse d’augmenter, et de longues files se forment devant
les restaurants de la rahma. Des bienfaiteurs, notamment des propriétaires de restaurant, ont tenu à ouvrir leurs établissements aux démunis. Cette année, ils sont sept restaurants, au niveau de la ville des Ponts, à servir des repas.

Boulevard Belouizdad. Il est 14 heures quand nous arrivons sur les lieux ; el-hadj Djamel-Eddine nous a conduits dans la cuisine où des femmes préparent le f’tour. “Le menu d’aujourd’hui est composé de chorba frik, mahchi, limonade, zlabia ou qualbellouz, yaourt ou crème dessert”, précise le propriétaire du restaurant. Les bénévoles épluchent les pommes de terre. “Elles seront farcies de viande et plongées dans la sauce”, nous précise une bénévole. Dans ce restaurant, la mise en place de la salle est déjà terminée. Les tables et les chaises sont alignées, les assiettes, les cuillères, la limonade et les corbeilles de pain sont déjà rangées sur les tables.
Dans une salle près de la cuisine, des aliments sont stockés. “Nous ne manquons de rien ; mieux encore, nous disposons de stocks alimentaires qui nous permettront de couvrir tout le mois de Ramadhan, incha’ Allah”, nous dit el-hadj Djamel-Eddine. “Avant le mois de Ramadhan, des donateurs nous remettent de l’argent pour le restaurant. Des donateurs fidèles sont toujours présents à l’appel depuis des années”, continue d’expliquer notre interlocuteur. “C’est vrai que le stock alimentaire est suffisant, mais on a constaté aussi que le nombre de nécessiteux et de repas servis augmente chaque année”, rajoute hadj, tout en annonçant que son restaurant a servi, le premier jour de ce mois sacré, 350 repas à prendre sur place ou à emporter, alors que l’année dernière, il n’a servi que 280 repas. Il est 18h ; d’autres bénévoles se joignent à el-hadj Djamel-Eddine. Ils s’occupent du service dans le resto. Ils jettent un coup d’œil sur le menu. Tout sera servi à l’heure de la rupture du jeûne. “Les repas sont composés d’une soupe, d’une entrée, d’un plat de résistance et d’un dessert. C’est un repas riche et équilibré, un peu comme ceux que l’on retrouve sur notre meïda à la maison”, dira un bénévole affecté au service de la salle. Pour aâmi Mohamed, un retraité qui, depuis des années, vient chaque soir servir dans ce restaurant, les gens qui viennent rompre le jeûnee ici ne sont pas forcément des personnes nécessiteuses. “Nous accueillons, également, des passagers, des SDF et des mendiants”, nous a-t-il expliqué encore.
Les premiers arrivés dans ce resto se sont déjà attablés et font connaissance. Les discussions tournent autour de la chaleur enregistrée ces derniers jours. “C’est le troisième Ramadhan que je passe ici, les gens sont sympas, la bouffe est bonne”, nous précise un homme en baissant la tête. On y retrouve de tout dans ce restaurant situé en plein centre-ville. Des jeunes et des vieux. Il est 19h14, l’appel à la prière a mis fin à toute discussion. Plus besoin de s’attarder, chacun des jeûneurs a déjà entamé la chorba dont l’odeur si chaleureuse enbaume la salle, la même que celle qui se dégage des habitations limitrophes. Les bénévoles s’activent à ce qu’aucune table ne reste vide. Les paniers de pain sont remplis au fur et à mesure qu’ils se vident. Dans cette ambiance, el-hadj Djamel-Eddine prend place entre ces personnes qu’il appelle ses invités. Le service terminé, seuls quelques bénévoles, chargés du nettoyage, restent avec el-hadj. Les autres bénévoles rentrent chez eux pour manger en famille.

 


En Kabylie

De plus en plus de démunis

Par : Salah Yermèche

En ce mois de piété, l’ouverture de restaurants rahma, notamment par le comité local du Croissant-Rouge algérien (CRA), ceux de l’APC et de l’antenne de la SAA (Société algérienne d’assurance) de Tizi Ouzou ne semblent pas suffire pour faire face à une misère palpable qui atteint progressivement des couches sociales importantes de la population. La preuve en est que des jeunes bénévoles au comité local du CRA indiquent “reconnaître” de nombreux habitués de la “meïdat ramadhan” qui reviennent chaque année. Et cette année encore, de nouveaux nécessiteux ont rejoint les tables du resto pour prendre part aux repas offerts ou bénéficier du plat servi à domicile.
À un peu plus d’une heure avant la rupture du jeûne, ces nécessiteux, dont plusieurs femmes avec leurs enfants, mêlés à d’autres citoyens parfois des voyageurs qui n’ont pu rejoindre leur domicile dans des localités environnantes en raison de l’absence de transport à une telle heure “tardive” avant l’adhan, font la queue devant la porte de la salle du restaurant de l’ex-Cercle des enseignants, situé au cœur de la ville de Tizi Ouzou. Une vague de cent personnes est invitée à entrer dans la salle 10 à 15 minutes avant l’adhan.
Les 100 couverts comprenant chacun un bol de chorba (soupe), un plat de résistance avec viande blanche ou rouge, selon les dons reçus, de l’eau fraîche, un dessert (yaourt, melon, pastèque ou raisin…), sont disposés préalablement par les jeunes bénévoles du comité du CRA, dont beaucoup ont acquis leur diplôme de secouriste, reçu en juin dernier des mains du président de leur comité, Samir Bouaziz, et du directeur de l’INTHT (Institut national des techniques hôtelières et du tourisme), M. Ferhat, après avoir reçu une formation de deux ans dans cet institut, ainsi que de nombreux jeunes volontaires. En plus des repas servis à table, une centaine d’autres repas complets sont remis dans des récipients à domicile pour des familles nécessiteuses, dont le comité local du CRA détient la statistique qu’il met à jour chaque année.
Parfois, il est impossible de satisfaire tout ce monde dans le besoin, tant le rush sur les restos du cœur est important. L’APC et l’antenne SAA de Tizi Ouzou tiennent de leur côté des restos rahma similaires dans d’autres quartiers de la ville des Genêts, notamment à la salle de l’ex-cinéma Mondial du centre-ville. Il faut dire que dans la majorité des grandes villes de la wilaya de Tizi Ouzou, deux ou trois restos du cœur ne peuvent suffire aux foules de jeûneeurs qui s’y concentrent quotidiennement, qu’ils soient des pauvres ou ceux contraints par le voyage à rompre le jeûne sur place.

 


CHLEF

Plus de 150 repas/jour au fast-food Atba-Ben-Atba

Par : AHMED CHENAOUI

Fidèle à ses principes, mais surtout aux traditions qu’il a héritées de ses ancêtres, M. Moulay Atba Ben Atba, propriétaire du fast-food pizzeria se trouvant au centre-ville de Chlef, transforme pour la cinquième année consécutive son établissement, durant le mois de Ramadhan, en un restaurant de la rahma au profit des nécessiteux, et des passagers qui transitent par la ville. “Le Ramadhan est un mois du pardon, de la réconciliation, de piété et de la miséricorde. Cela fait indéniablement partie de nos coutumes en tant que musulmans, et aussi en tant qu’Algériens d’être au secours des nombreuses familles démunies que compte, malheureusement, notre pays à longueur d’année et particulièrement durant ce mois sacré”, lancera M. Atba Ben Atba qui n’a accepté de se livrer à nous qu’après insistance de notre part, car il souhaitait garder l’anonymat tout comme l’avaient fait avant lui ses aïeux pendant longtemps. Entièrement prise en charge par ses propres moyens humains, matériels et financiers, cette importante action de solidarité “spécial Ramadhan”, qui mobilise quotidiennement du matin jusqu’à une heure tardive de la nuit, l’ensemble du personnel de l’établissement, attire un nombre impressionnant de personnes issues de différentes couches de la société pendant chaque rupture du jeûne. “C’est avec un très grand respect et une grande joie que nous accueillons, chaleureusement entre 120 et 150 jeûneurs par jour. Et comme vous êtes en train de le constater vous-mêmes, la salle est spacieuse et le décor spécialement aménagé pour l’événement répond à toutes les conditions de repos des jeûneurs. Quant à la mosquée, elle est située à quelques mètres seulement d’ici, ce qui permet aux jeûneurs d’y accomplir la prière du Maghreb avant de venir se mettre enfin à table”, confie avec joie et satisfaction notre bienfaiteur qui souhaite, enfin, que ce genre d’actions de solidarité ne se limite pas uniquement au mois de Ramadhan, mais se poursuive durant toute l’année.

 


plus de 1 500 personnes inscritES à l’aide socialE

Que des couffins pour Oran

Par : MUSTAPHA MOHAMMEDI

À partir de ce soir, dimanche, la petite école El-Feth à Miramar près de la clinique ophtalmologique que les Oranais appellent communément Belazrag sera transformée en resto du cœur. Elle servira au cours de ce Ramadhan entre 250 et 300 couverts quotidiens. Hier, avant le d’hor, un camion du Croissant-Rouge déversait les premières marchandises. Aucune publicité n’a été faite autour de cette ouverture et on à la pénible impression qu’elle est classée top secret. Le bouche à oreille fera certainement remplir les tables. Et ce ne sont pas les zawalis qui manquent dans une ville, elle-même au seuil de la pauvreté. Cette opération que gère le CRA sera encadrée par une cinquantaine de volontaires et de bénévoles. Il est dommage qu’elle ne fasse pas tâche d’huile. Et pour cause : les pouvoirs publics, les autorités de la commune entre autres ont abandonné depuis plusieurs années la restauration pour la distribution de couffins. Aucune raison n’a été fournie concernant cette décision. La mairie semble privilégier un type de solidarité et d’entraide plus rapide moins contraignant et très impersonnel.
Même les autres APC qui gravitent autour d’Oran ont suivi la même démarche. La petite ville de Sidi-Chahmi par exemple a débloqué onze millions de dinars pour l’achat de packs à ses démunis. Elle en a dispatché 2 000 au niveau de son agglomération, 2 000 autres au niveau de Chtaïbo et 1 000 au niveau de Sidi-Maârouf. 5 000 couffins vont être distribués dans les tout prochains jours aux citoyens de la commune d’Oran, les nécessiteux tout particulièrement. Comment les organisateurs comptent empêcher les “fuites” de couffins cette année quand on sait que leurs détournements sont incontournables. Pour l’anecdote, un citoyen qui vit dans la pauvreté absolue a reçu il y a quatre ans… son premier couffin à la veille de l’Aïd el-Fitr. Même si les “meïdas” du cœur ne font plus recette dans la wilaya ou très peu, il n’empêche que l’intervention du bureau d’aide sociale de la mairie d’Oran en direction de ses 1 500 inscrits est exceptionnelle en ce début de jeûne.

Un mandat de 3 000 DA par famille et 500 DA par enfant pour ceux qui possèdent la carte rouge sera envoyé incessamment à leurs destinataires. Quant à l’autre catégorie un peu moins démunie que la précédente, elle recevra elle aussi un mandat de 2 000 DA par famille et 500 DA par enfant. Cette aide motivée par un mois de rahma va même plus loin : le bureau s’apprête à fournir des vêtements de l’Aïd à tous les enfants âgés de 1 à 16 ans issus de ces mêmes familles. En plus de 1 100 tabliers neufs qui leur seront offerts à la veille de la rentrée scolaire.
Mais pour revenir au resto de Miramar qui s’apprête à mettre ses petits plats dans les grands avec une entrée traditionnelle de tadjine “h’lou” dimanche pour ses convives, espérons que des élus ne viendront pas “polluer” la soirée avec des photos démagogiques pour la presse locale où on les voit rompre le jeûne avec un sourire forcé en compagnie des miséreux que la vie a rejetés.