Les chômeurs de Ouargla empêchés de marcher sur Hassi Messaoud

Les chômeurs de Ouargla empêchés de marcher sur Hassi Messaoud

El Watan, 24 février 2013

La marche des chômeurs de Ouargla a finalement été réprimée au barrage fixe de police qui régule le passage vers la zone pétrolière de Hassi Messaoud à quelque 25 Km du chef-lieu de la wilaya de Ouargla dans la commune de Ain Beida.

« Nous avons été arrêtés au barrage après une longue et pénible marche de 3 heures » nous a confié Tahar Belabess à son retour de Ain Beida. Le rassemblement a commencé vers 10h devant la mairie, plusieurs centaines de chômeurs se sont regroupés dans la placette pour attendre le wali qui devait présider les festivités.

Le cortége officiel a donc évité la placette et les seuls officiels auxquels ont eu droit les chômeurs sont les députés Habib Korichi et Mohamed Daoui qui se sont enfin solidarisés avec eux après que plus de 70 ont été présentés devant la justice depuis le début de l’année 2013.

Tahar Belabess, essoufflé, le teint basanés par un soleil de plomb semblait déçu de ce nouveau rendez-vous raté avec les autorités locales qui comme d’habitude ont préféré éviter le confrontation directe avec les concernés.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les chômeurs ont préféré laisser la wilaya derrière eux non sans y avoir déposé la même plate-forme de revendication soumise aux gouvernements successifs depuis 2004.

Dans cette plate-forme, il demandent en premier lieu une véritable transparence dans le traitement des offres d’emploi du secteur pétrolier, de soumettre les multinationales au droit algérien, demander des comptes aux différents responsables qui ont poussé la situation au pourrissement depuis presque une décennie, donner une priorité absolue aux demandeurs d’emploi locaux, la mise en place de formations professionnelles aux métiers du pétrole et pour la première fois une exigence au lourd sens : la renationalisation des hydrocarbures 42 ans après celle effectuée par feu Boumediene.

Pour le porte-parole du comité national de défense des chômeurs « les pouvoirs publics doivent en priorité assurer un emploi stable à tous, mettre à contribution les chômeurs dans la commission de l’emploi installée par l’APW et limoger les actuels responsables de l’emploi actuels qui nous estent en justice surtout Berrihane Mohamed le régional qui se targue d’avoir la justice dans la poche parce qu’il a une juge pour épouse ».

Les chômeurs estiment qu’un véritable sursaut est plus que nécessaire pour éviter le chaos, de vrais investissements, un nouveau 24 février parce qu’ils pensent que la nationalisation est un leurre et que ce sont les mêmes qui en profitent. La marche des chômeurs a atteint le barrage fixe de Hassi Messaoud vers 13h, plusieurs centaines de chômeurs, une marée humaine opaque sur 3 kilomètres à pieds, à moto, à bicyclette et en voiture au moment ou les CRS dotés de plusieurs camions anti-émeutes faisaient barrage empêchant les marcheurs de dépasser le barrage de police.

Les protestataires ont été bloqués jusqu’à 15 h, menacés de gourdins, contraints à rebrousser chemin au moment ou plusieurs marches étaient organisées à Alger, Metlili, El Goléa, El Bayadh, Tamanrasset, Illizi et Laghouat selon Tahar Belabess qui annonce d’ores et déjà que les chômeurs vont retourner à leurs bases et organiser une rencontre pour préparer une nouvelle offensive. Ce dernier doit par ailleurs être jugé le 26 février prochain simultanément à 6 autres délégués des chômeurs de la wilaya de Laghouat qui sont emprisonnés en ce moment.

Houria Hadji


Ils exigent une renationalisation des hydrocarbures: Les chômeurs de Ouargla marchent sur Hassi Messaoud

Ils ont pris un peu de retard pour se regrouper ce matin du 24 février 2013 devant la place de l’hôtel de ville de Ouargla mais ils ont été nombreux à répondre présent à l’appel du comité de défense des droits des chômeurs qui a organisé cet impressionnant rassemblement.

Une foule de jeunes et moins jeunes ont scandé pendant plus d’une demi heure des slogans anti-politique actuelle de l’emploi qui n’est selon eux que de la poudre aux yeux.

La commémoration du 42e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures organisée à grande pompe à In Amenas a particulièrement inspiré les chômeurs de Ouargla qui appellent les plus hautes autorités du pays à réviser leur position et prendre les mesures adéquates pour calmer la colère grondante qui couve pour s’exprimer sous les formes les plus pacifiques pour le moment déclare Tahar Bélabess, porte-parole du CNDDC. Et alors que les instances de l’emploi redoublent de bureaucratie en implantant des bureaux ici et là sans aucun impact direct sur l’emploi hormis une soi-disant purge de la base de données de l’Agence locale de l’emploi de la wilaya de Ouargla ainsi que ses démembrements dans les différents chefs-lieux de daïras, les chômeurs mettent dos-à-dos les autorités locales et le premier ministre qui avait promis des mesures concrètes pour apaiser la situation et donner la priorité à la formation et au recrutement des jeunes nés et vivant à proximité des pipelines lors de sa visite officielle de novembre 2012.

Ainsi, chemin faisant à travers les artères de Ouargla, les chômeurs en marche vers la capitale du pétrole ont fait une courte escale devant le siége de la wilaya sur l’avenue Si El Haoues pour y déposer la même plate-forme de revendication soumise aux gouvernements successifs depuis 2004 sollicitant ejn premier lieu une véritable transparence dans le traitement des offres d’emploi du secteur pétrolier, de soumettre les multinationales au droit algérien, demander des comptes aux différents responsables qui ont poussé la situation au pourrissement depuis presque une décennie, donner une priorité absolue aux demandeurs d’emploi locaux, la mise en place de formations professionnelles aux métiers du pétrole et pour la première fois une exigence au lourd sens : la renationalisation des hydrocarbures 42 ans après celle effectuée par feu Boumediene.

A souligner que les chômeurs ont déjà parcouru une trentaine de kilomètres sur les quatre vingt qui relient Ouargla à Hassi Messaoud sans heurt avec les forces de l’ordre qui les encadrent de loin.

Houria Hadji