Hassi Messaoud : Les chômeurs se révoltent

Hassi Messaoud : Les chômeurs se révoltent

El Watan, 18 février 2011

Un vent de révolte souffle sur Hassi Messaoud. Les chômeurs de la commune la plus riche d’Algérie se mobilisent depuis mercredi pour exiger de meilleures conditions de vie et une réelle prise en charge de leurs préoccupations.

Ainsi, mercredi, après avoir occupé de force les bureaux de la daïra de Hassi Messaoud, les chômeurs, regroupés en un comité local, n’ont cédé ce bâtiment administratif que vers les coups de 3h du matin. Pour les déloger, des centaines de policiers et de gendarmes ont été mobilisés et de nombreuses promesses leur ont été faites. Après une nuit agitée, Hassi Messaoud a renoué hier matin avec la contestation. Des centaines de chômeurs, qui n’ont pas fermé l’œil la nuit, sont revenus manifester devant la daïra pour réclamer haut et fort l’intervention du wali. «Les gendarmes m’ont demandé de calmer les manifestants et de leur demander de rentrer chez eux. Mais je leur ai répondu qu’il est de notre droit de manifester notre exaspération. La misère et la pauvreté vont nous affamer. Nos familles n’ont même pas de quoi manger. Comment alors ne pas protester et manifester ?» indique Mahmoud Zegoune, porte-parole du comité des chômeurs de Hassi Messaoud.

Notre interlocuteur précise également que la situation risque de dégénérer à n’importe quel moment. Les chômeurs sont déterminés à procéder à la fermeture de la daïra et n’éprouvent aucune crainte à affronter les forces de l’ordre. La passivité et l’immobilisme du wali de Ouargla, qui ne s’est toujours pas déplacé à Hassi Messaoud pour calmer les esprits et répondre aux sollicitations des chômeurs, risque de provoquer encore davantage la furie des jeunes protestataires. A signaler enfin que le mouvement de contestation initié par les chômeurs de Hassi Messaoud a gagné également la ville de Touggourt, dans la wilaya de Ouargla. Hier après-midi, une centaine de jeunes en colère ont manifesté devant l’antenne locale de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM). Si aucun dérapage n’a caractérisé cette manifestation, les chômeurs de Touggourt n’écartent pas aussi le recours, dans les jours à venir, à la violence pour se faire entendre. Abderrahmane Semmar