Dar El Beïda et Bab Ezzouar: Des habitants de plusieurs cités désemparés

Dar El Beïda et Bab Ezzouar: Des habitants de plusieurs cités désemparés

El Watan, 5 février 2016

Des centaines d’habitants tirent la sonnette d’alarme sur la dégradation de nombreuses constructions qui, autrefois, étaient un havre de paix.

La commune de Dar El Beïda qui s’agrandit continuellement, avec de nombreuses cités fraîchement habitées, est en proie à des désagréments qui, selon toute vraisemblance, posent une réelle problème d’hygiène et de sécurité. A la cité Ismaïl Yefsah qui compte 2068 logements, dans la commune de Bab Ezzouar, des centaines d’habitants tirent la sonnette d’alarme sur la dégradation de nombreux immeubles qui, autrefois, représentaient un havre de paix.

En effet, l’insalubrité et les odeurs nauséabondes attirent des mouches par milliers. La dégradation des immeubles est palpable, les peintures qui s’écaillent laissent présager les infiltrations d’eau. Pas d’espace vert, pas de nettoyage. Les habitants expliquent qu’ils se sont rendus à maintes reprises auprès des services de l’OPGI de Dar El Beïda afin de faire entendre leur voix et dénoncer la situation dans laquelle ils vivent au quotidien, mais «rien n’a été fait et rien ne sera fait», s’indigne un père de famille.

Dans une lettre adressée au quotidien El Watan, les habitants de cette cité populeuse expliquent que la situation devient de plus en plus critique. L’OPGI de Dar El Beïda, l’APC de Bab Ezzouar ainsi que la société Netcom ne remplissent aucunement leur devoir envers les citoyens. Selon une source, les seuls immeubles bénéficiant d’un traitement de faveur seraient ceux habités par des cadres de l’OPGI et de l’APC ; toutes les conditions de salubrité sont réunies, alors qu’à quelques mètres, des immeubles occupés par de modestes citoyens sont totalement délaissés !

Des habitants relancent en affirmant que les services de la Seaal ont effectué des travaux de rénovation des canalisations qui alimentent la cité, mais rien n’a été fait correctement. Ils affirment que le travail n’a été réalisé qu’a moitié car «des tuyaux posés il y a plus de 25 ans ont été camouflés avec de la chaux» au lieu d’être remplacés. «Pourqui devrions-nous payer les services d’hygiène de notre poche, peindre nous-mêmes nos façades alors que des services spécialisés sont payés pour s’acquitter de ces tâche ?

Pourquoi les agents de Netcom sont tout le temps entrain de se balader au lieu de faire leur travail», s’interroge un habitant visiblement très en colère. Pour avoir des réponses à ces questions, des habitants se sont rendus auprès de Netcom pour exiger un service de nettoyage régulier, mais aucun interlocuteur n’a daigné écouter leurs nombreuses demandes, qui sont restées sans suite.

La cité des 1100 logements à Dar El Beïda rencontre aussi son lot de problèmes. Si le manque d’infrastructures et l’absence de salle de soins sont évidents, aujourd’hui c’est la construction d’une autoroute non loin d’une école primaire et également l’aménagement d’un rond point servant à l’accès de l’autoroute conduisant a Ben Aknoun.Plusieurs lettres ont été envoyés au wali délégué de Dar El Beïda, au président de l’APC ainsi qu’a d’autres institutions. M. Rabah, que nous avons rencontré, mentionne dans ces missives plusieurs critères sur lesquels se sont basés les riverains : «Nous nous sommes opposés à cette construction dès que nous avons appris la nouvelle.

Il faut savoir qu’il y a une école primaire, une mosquée ainsi que de deux crèches non loin de là et nous avons peur pour nos enfants.» «C’est une question de sécurité. L’autoroute passe à une vingtaine de mètres. Il y a aussi le même accès à 300 mètres de la cité, c’est une perte de temps et d’argent», ajoute notre interlocuteur avec détermination. Avec ces nombreuses plaintes, la commune de Dar El Beïda aura fort à faire si elle veut avoir la cote auprès des habitants.

Rachid Larbi