La grève des vétérinaires largement suivie

La grève des vétérinaires largement suivie

De la viande non contrôlée sur les étals

El Watan, 10 octobre 2005

Les abattoirs d’Alger étaient ouverts, hier, premier jour de grève des vétérinaires. Des carcasses de veau et de mouton, accrochées à un système de rails aériens, étaient proposées, comme à l’accoutumée, à la vente.

Ce point de vente, livré aux quatre vents, constitue la dernière étape de la chaîne. Selon une vétérinaire gréviste, la marchandise datait d’au moins 48 heures. « Aucune carcasse n’a été estampillée aujourd’hui par nos services, pour la simple raison qu’il n’y a pas eu d’abattage. Les chevillards ne peuvent pas procéder à l’abattage de leur cheptel si le vétérinaire est absent. Tout ce que vous voyez comme marchandise a été abattu vendredi et les jours précédents », nous a indiqué la vétérinaire gréviste. Dans notre édition d’hier, nous avions fait état, sur la base d’une information communiquée par le SG du Syndicat national des vétérinaires affiliés à la Fonction publique (SNVAFP), de la fermeture des abattoirs d’Alger. « La direction des abattoirs a pris la sage décision de fermer l’établissement tout au long de la grève, et ce, pour l’intérêt du consommateur », nous avait indiqué le syndicaliste. Information que l’Etablissement de gestion des abattoirs et de la poissonnerie d’Alger (EGESAP, Epic sous tutelle de la wilaya d’Alger) a vite fait de démentir, par le biais du cabinet du wali. « Les abattoirs sont ouverts sans abattage durant les jours de grève. Cependant, des quantités importantes sont stockées et sont mises à la vente », explique la wilaya d’Alger dans un courrier adressé à notre rédaction. Le même courrier indique également qu’« aucune tension particulière n’est enregistrée à ce jour ». Allusion faite au marché, d’autant plus qu’en ce mois sacré, la consommation de la viande connaît une importante hausse, sachant de toute évidence que la marchandise, vendue hier, n’était pas estampillée « viande du jour ». Y a-t-il risque sur la santé publique en ce sens que ce produit, hautement sensible aux bactéries, subissait nombre d’aller-retour entre la chambre froide et le lieu des transactions ? « Cette viande est négociée comme étant un produit frais, alors qu’en réalité elle ne l’est pas. Exposer la marchandise à la chaleur, puis la stocker de nouveau au frigo (s’il y a mévente), peut provoquer une altération de la carcasse », affirme un vétérinaire. La grève des vétérinaires a été massivement suivie, selon Djamel Sayad, secrétaire à l’organique du SNVAFP. « Nous enregistrons un taux de participation de 97,82% dans les 41 wilayas structurées. Les services vétérinaires des 7 autres wilayas n’ont pas encore adhéré au syndicat », ajoute-t-il.

Djamel Zerrouk