Grève dans les lycées de Tizi-Ouzou: Un taux de suivide 80 %, selon le syndicat

Grève du CNAPEST à Tizi Ouzou

Un taux de suivi de 80 %, selon le syndicat

par T. Drifa, Le Jeune Indépendant, 7 février 2005

L’appel à la grève lancé par le CNAPEST a rencontré un écho favorable auprès des enseignants du secondaire qui ont majoritairement boycotté les cours hier. Selon les premiers chiffres communiqués par les syndicalistes, lors d’un point de presse animé hier, le taux de suivi de la grève a dépassé 80 %.

Le coordonnateur local du CNAPEST a précisé que «le mouvement de protestation risque de se radicaliser, au cas où la direction aurait recours aux ponctions sur les salaires des enseignants grévistes». Car, explique-t-il encore, «si les grévistes doivent être sanctionnés, les responsables du chahut actuel dans le secteur de l’éducation doivent l’être également».

En fait, l’objectif des syndicats, enchaîne le coordinateur du CNAPEST, n’est pas de pénaliser les élèves mais de pousser les pouvoirs publics à réagir à la situation actuelle du secteur dans la wilaya de Tizi Ouzou. Le premier mis en cause dans ce dysfonctionnement est le directeur de l’éducation de la wilaya.

«Si les quelques problèmes qui existaient ont été résolus depuis son arrivée en 2003 les choses ne seraient pas arrivées à ce stade. Certains échelons ne sont pas payés depuis cinq ans, les allocations familiales et les salaires des vacataires depuis trois ans, en plus des primes de rendement… Pour ces dernières, les responsables de la direction ont déclaré qu’elles étaient réglées.

Cependant, a-t-on encore souligné, les enseignants n’ont rien reçu après vérification de leurs comptes CCP. Les responsables de ce syndicat n’ont pas hésité à fustiger le directeur de l’éducation et à le désigner comme le responsable de tous les maux du secteur.

«Nous sommes conscients que des problèmes sont posés dans toutes les wilayas du pays, mais pas avec une aussi grande complexité qu’à Tizi Ouzou. «Le directeur veut maintenir le pourrissement, chose que nous n’allons jamais accepter… Nous appelons d’ailleurs tous les parents d’élèves à se mobiliser et à prendre conscience de la gravité de la situation, car c’est l’avenir de leurs enfants qui est en jeu.» Au deuxième jour de la grève, le CNAPEST tient aujourd’hui son conseil de wilaya pour évaluer son action et décider de la suite à donner au mouvement.

Pour rappel, la grève cyclique est à sa deuxième semaine, après celle observée les 1er et 2 février. T. D.
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Les professeurs des lycées d’Alger ont fait grève malgré la décision de justice

L’Académie d’Alger engage des poursuites pénales contre Osmane

par Nassima Oulebsir

L’inspection académique de la wilaya d’Alger a décidé d’engager des poursuites judiciaires contre le Conseil des lycées d’Alger (CLA). Ce dernier n’a pas respecté la décision de justice lui ordonnant d’annuler sa grève prévue pour hier et aujourd’hui.

L’inspection académique de la wilaya d’Alger a engagé hier de nouvelles poursuites judiciaires, au titre du pénal, à l’encontre de «l’instigateur» du mouvement de grève des lycées d’Alger, à savoir le coordonnateur du Conseil des lycées d’Alger (CLA).

Cette nouvelle escalade a été prise suite au refus «d’exécution de décision de justice» prononcée par référé contre Redouane Ousmane, samedi dernier, aux environs de 18 heures. La chambre administrative de la Cour d’Alger, saisie vendredi, a statué samedi en référé d’heure en heure en faveur de l’institution de M. Hamani en ordonnant l’annulation de la grève à laquelle avait appelé le CLA pour les 6 et 7 février.

Le jugement énonce «l’interdiction de la grève observée par une organisation non agréée, dénommée Conseil des lycées d’Alger». Dans un communiqué rendu public hier, l’Académie a précisé que toutes les dispositions administratives et judiciaires seraient prises à l’encontre des grévistes, à l’exemple des retenues sur salaires.

Pour sa part, le CLA, syndicat non agréé, qui a fait la sourde oreille à la décision de justice a, contre toute attente, maintenu son mot d’ordre de grève pour hier. M. Ousmane fait savoir que même si la décision de justice a été affichée dans tous les lycées de la capitale, elle ne lui a pas été notifiée personnellement.

«Je n’ai pas reçu la notification de cette décision. De plus, je ne suis pas habilité à annuler ce mouvement. La décision a été prise lors d’une assemblée générale, et elle sera suspendue de la même manière», a précisé le coordonnateur du CLA, lors de la conférence de presse animée hier à Alger.

Les lycées d’Alger ont, selon lui, suivi cet appel à 70 %. Tout en expliquant que l’Académie d’Alger a observé un «silence radio» malgré les préavis de grève déposés les 25 et 30 janvier derniers, le syndicaliste s’est montré «favorable au dialogue avec l’Académie».

Il est à souligner que le CLA a appelé à deux grèves : une, de deux jours, au lycée Emir-Abdelkader, pour des problèmes particuliers avec la directrice de cet établissement, et la deuxième pour l’ensemble des lycées d’Alger, pour la seule journée d’hier.

Pour cette grève, le CLA avance de nouvelles revendications : il dénonce le blocage du dialogue avec l’institution de Hamani et exige le respect du pouvoir pédagogique des enseignants. Le Conseil des lycées d’Alger demande également la concrétisation des mesures prises pour les libertés syndicales, telles qu’inscrites dans le PV signé le 22 avril 2004 par l’inspecteur de l’Académie d’Alger.

Pour le conférencier, ce blocage traduit la «volonté de l’inspection académique de déstabiliser et de détruire le CLA». M. Ousmane s’est réjoui par ailleurs du soutien du CNES, du SNOMMAR et du CNAPEST. Ce dernier, rappelons-le, a déclenché une grève de deux jours dans la wilaya de Tizi- Ouzou.

Notons enfin que le CLA a organisé hier un meeting à Alger et il envisage également d’entreprendre d’autres actions de protestation, en collaboration avec le CNAPEST. N. O.