École : Ce qui va changer à la rentrée

École : Ce qui va changer à la rentrée

El Watan, 27 août 2015

Retour à l’école à partir de dimanche 6 septembre. Le tamazight enseigné dans 20 wilayas, un tuteur attribué aux wilayas dernières au classement du bac, 4% d’indemnités de salaire pour les directeurs d’établissement… Voilà les nouveautés de la rentrée.

Pas de modification dans les manuels scolaires, ni dans les programmes : les élèves, tous paliers confondus, ne vont pas sentir un grand changement cette rentrée.

Le volume horaire sera toujours le même, ont affirmé les responsable au ministère de l’Education nationale. L’année scolaire 2015-2016 sera consacrée à la validation de plusieurs recommandations proposées lors de la dernière conférence nationale sur la réforme. Il se pourrait toutefois que des surprises interviennent au cours de l’année scolaire.

On pourrait en effet valider quelques propositions et prendre de nouvelles mesures, si le gouvernement donne son aval. Pour l’examen du bac, par exemple, de nouvelles modalités d’organisation pourraient intervenir dès cette année.

«Nous sommes sur la question et c’est un dossier qui doit être validé par le gouvernement», explique Abdelkader Missoum, directeur de l’enseignement secondaire général et technologique. Le ministère mettra, dit-il, progressivement en application les recommandations retenues.

On saura dès que possible si la décision de supprimer le sujet au choix, le bac en deux phases ou encore des épreuves orales à cet examen seront les options retenues pour 2016. «Le dossier sera soumis au gouvernement», affirme encore M. Missoum.

Le changement concernera surtout les enfants du primaire. «Nous nous sommes exclusivement concentrés cette année sur le cycle primaire», affirme Saïd Bensallem, inspecteur général de la pédagogie au ministère de l’Education.

A commencer par l’examen de fin de cycle primaire qui sera allégé et, donc, moins stressant. «Nous avons développé la nature pédagogique de l’examen. Il sera plus valide et parlant», explique encore M. Missoum.

Préscolaire

En clair, cet examen exprimera effectivement le niveau réel de l’élève. Le ministère Ws’engage aussi, à partir de cette année, à lancer un appel d’offres aux éditeurs pour la conception d’un livre unique pour la rentrée 2015 pour les classes de 1re et 2e années primaires. Ce manuel rassemblera les matières technologiques et scientifiques. «Un autre manuel est prévu pour les disciplines littéraires», affirme Saïd Bensallem. Au lieu de travailler avec 4 ou 5 manuels, l’écolier n’en aura donc plus que deux. Seule nouveauté pour les autres cycles : l’introduction d’un nouveau manuel d’informatique pour les élèves de terminale.

Toujours dans le primaire, bonne nouvelle : davantage d’écoles primaires offriront le préscolaire. «Notre but est d’atteindre cette année une couverture de 65% de préscolaire pour le généraliser à l’ensemble des écoles à la rentrée de 2018», explique encore Saïd Bensallem.

Jusqu’à aujourd’hui, le préscolaire n’était pas ouvert à tous les enfants, faute d’infrastructures. Il est aussi question cette année que la langue tamazight soit enseignée dans 20 wilayas, dont Alger. Avant cette décision, seules 11 wilayas étaient concernées.

A partir de cette rentrée, un collège d’inspectorat de la wilaya est mis en place. Sa mission sera celle d’une direction d’éducation sans pour autant… qu’il prenne de décision. Il rassemblera une inspection pédagogique et administrative. Il suivra de près toutes les écoles de la wilaya et se chargera d’évaluer, de contrôler et de détecter les problèmes et les lacunes et de proposer des solutions à la direction d’éducation.

Tutorat

Autre nouveauté : l’accompagnement spécial pour les 20 wilayas classées en bas du tableau concernant les examens nationaux, particulièrement les 10 du Sud.

Le ministère a mis en place un tuteur dans chaque wilaya concernée par cette décision. Il suivra le projet pédagogique, c’est-à-dire le plan pour remédier aux mauvais résultats scolaires. Pour éviter aussi le désordre et entamer l’année scolaire à temps, les emplois du temps des enseignants sont déjà établis. Reste à savoir les horaires exacts qui leur seront confiés. Sur le plan logistique, le ministère a fait des efforts pour éviter l’anarchie de chaque rentrée. Les inscriptions pour le passage aux nouvelles classes se sont faites en juillet dernier.

Durant la même période, l’ensemble des établissements scolaires du pays, tous paliers confondus, ont été dotés de livres scolaires. «Une disposition qui permet d’éviter la pagaille que nous avons l’habitude d’enregistrer chaque début d’année», affirme M. Bensallem. En effet avant, les livres étaient habituellement commandés en septembre, après le premier jour de la rentrée.

Cette année, les élèves pourront acheter leur quota à partir de dimanche 6 septembre, ce qui permettra de débuter les cours dans les délais, comme souhaité d’ailleurs par la ministre. Cette dernière donnera le coup d’envoi à partir de la wilaya de Skikda.

Ghardaïa

La ministre effectuera, une semaine avant, une visite d’inspection à la wilaya de Ghardaïa touchée par de violents affrontements les derniers jours de la scolarisation.

Dernière bonne nouvelle : une indemnité de 4% de salaire sera versée aux directeurs d’établissement. Cette même indemnité sera aussi, selon certaines sources, versée à tous les corps de l’éducation, à savoir les enseignants, les inspecteurs et les intendants. Le ministère promet une rentrée scolaire sereine sans perturbation.

Il se félicite d’ailleurs de la dernière rencontre préparatoire de la rentrée scolaire qui vient d’avoir lieu avec les syndicats. A partir du 15 octobre, une série de rencontres avec les syndicats sont programmées.
Nassima Oulebsir