CNES : une équipe nationale contre la pauvreté

CNES : une équipe nationale contre la pauvreté

par Ali Babès, Le Quotidien d’Oran, 8 juin 2008

Des  »champions » nationaux de la lutte contre la pauvreté seront formés par la banque mondiale avec, comme mission principale, de produire des rapports conformes aux standards internationaux, notamment ceux des Nations-Unies. Selon le président du Conseil économique et social (CNES), M. Mohamed-Séghir Babes, ces experts seront »rodés aux techniques, protocoles et normes reconnues internationalement, pour permettre à l’Algérie de se doter des outils d’évaluation objective de ses politiques publiques». Le domaine de compétences de ces super-experts est, une fois formés, l’établissement de l’ensemble des volets des études sociales et économiques : développement humain, bonne gouvernance, libertés économiques, développement durable. La finalité de ce projet est que l’Algérie puisse mettre en place, avec l’appui de la banque mondiale, des systèmes de gestion plus cohérents de l’ensemble du volet du développement social. Autant dire que la mission sera capitale : évaluer, selon les critères des organismes des Nation-Unies, les indices de pauvreté, de croissance et de développement humain entre autres, de l’Algérie. Des données qui seront ensuite transmises autant aux grandes organisations internationales qu’aux partenaires de l’Algérie. Et, parmi eux, la banque mondiale et le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement). Car, depuis quelques années, les chiffres du développement humain, et plus globalement de la pauvreté en Algérie, deviennent de plus en plus inquiétants, à l’ombre d’une manne financière générée par les recettes d’hydrocarbures généreuses. Car l’objet de ces préoccupations du CNES est de mesurer � »le taux de pauvreté » et d’en limiter les contours pour qu’elle soit mieux analysée, avec des instruments analytiques plus proches de la réalité. La banque mondiale s’est engagée, depuis des années, à monter et accompagner des projets de développement humain en Algérie, notamment en matière de bonne gouvernance, de libertés publiques, économiques, ou de co-gestion des affaires publiques. Des thèmes, par ailleurs, développés un peu partout dans les pays africains et latino-américains par nombre d’organisations onusiennes. L’objectif étant, bien sûr, de maîtriser le développement humain et rendre moins stressante la lutte contre la pauvreté. Par ailleurs, le CNES et la BM avaient signé, en février 2007, un mémorandum d’entente et de coopération qui porte notamment sur le renforcement des capacités d’analyse du CNES en matière de gouvernance, des libertés économiques et de la pauvreté et sur l’appui à la préparation des rapports annuels du Conseil. Les indicateurs de l’économie algérienne sont, en fait, dans le vert depuis quelques années, et les grands équilibres macro-économiques sont restaurés. Depuis 1999, la balance des paiements et le budget sont excédentaires, les réserves officielles de devises ont augmenté à plus de 60 milliards de dollars, l’économie nationale passant d’un mois d’importation en 1990 à plus de 24 mois depuis fin janvier 2003. La dette extérieure a diminué d’environ 80 % du PIB en 1993 à environ moins de 20 % depuis 2002.

Mais, cette embellie financière n’empêche pas un marasme social, des contradictions sociétales qui font que des émeutes urbaines se font de plus en plus fréquentes depuis quelques années. Un dossier qui est, en fait, l’une des priorités du CNES qui doit mettre en place des stratégies de lutte contre la pauvreté plus efficaces, et accompagner les efforts de l’Etat pour rétablir les grands équilibres sociaux.