A 10,5%: Le chômage en hausse, les universitaires les plus touchés

A 10,5%: Le chômage en hausse, les universitaires les plus touchés

par Yazid Alilat, Le Quotidien d’Oran, 15 janvier 2017

Le taux de chômage a baissé sur une année en Algérie, s’établissant à 10,5% de la population active à fin septembre 2016 contre 11,2% en septembre 2015, mais en hausse par rapport à avril dernier. Selon un bilan de l’Office national des statistiques (ONS), l’évolution du chômage a atteint 10,5% en septembre 2016 contre 9,9% en avril 2016. Cette hausse a notamment affecté les diplômés des universités et dans une moindre mesure, les femmes. La population au chômage a ainsi atteint 1,272 million de personnes en septembre 2016 contre 1,198 million de personnes en avril de la même année. Par sexe, ils sont 792.000 hommes (contre 790.000 en avril 2016) et de 479.000 femmes (contre 408.000) à chercher un travail. Le taux de chômage était de 8,1% chez les hommes en septembre 2016 (contre 8,2% en avril 2016) et de 20% chez les femmes (contre 16,5%).

L’ONS indique, par ailleurs, que la population active a atteint 12,117 millions de personnes contre 12,092 millions en avril 2016, alors que la population occupée est estimée à 10,845 millions de personnes en septembre 2016 contre 10,895 millions de personnes en avril. Les hommes représentent 82,4% de la population occupée (8,933 millions), alors que les femmes ne sont que 17,6% (1,912 million). Et sur les dix dernières années, le taux de chômage atteint par les femmes en septembre dernier était le plus élevé. D’autre part, sur les 10,845 millions de personnes ayant un travail, 7,558 millions sont des salariés (4,176 millions de salariés permanents et 3,382 millions de salariés non permanents et apprentis). Le secteur public emploie 4,355 millions de personnes (40,2%) contre 6,49 millions dans le secteur privé et mixte (59,8%), ajoute l’ONS, qui précise que 7,32 millions de personnes occupées résident en milieu urbain et 3,525 millions en milieu rural. Par secteurs, les services (dont l’administration et le commerce) sont le plus grand employeur avec 6,62 millions de personnes (61% de la population occupée), suivis du BTP avec 1,895 million (17,5%), de l’industrie avec 1,465 million (13,5%) et de l’agriculture avec 865.000 (8%). Par catégorie d’âges, ce sont les jeunes qui souffrent le plus du chômage avec un taux de 26,7% (24,7% en avril 2016) pour les jeunes âgés entre 16 et 24 ans, alors que le taux de chômage est de 7,9% pour les personnes âgées de 25 ans et plus, dont 5,7% chez les hommes et 16,2% chez les femmes.

La dure réalité des chiffres

Le drame de la structure du chômage en Algérie est que ce sont les diplômés de l’enseignement supérieur qui sont les plus frappés par le phénomène avec un taux de 17,7% à fin septembre dernier contre 13,2% en avril 2016, 13% pour ceux de la formation professionnelle.

Par contre, le taux de chômage pour les personnes n’ayant aucun diplôme a baissé à 7,7% en septembre (contre 8,3% en avril). Dans le stock de la population au chômage, 45% n’ont aucun diplôme (570.000 personnes), 28,2% sont des diplômés de l’enseignement supérieur (358.000 personnes) et 27% sont titulaires de diplômes de la formation professionnelle (343.000 personnes). La situation est encore plus dramatique pour les chômeurs de longue durée, et qui représentent 66,4% de la population au chômage, car les demandeurs d’emplois ayant accepté un travail en deçà de leurs aptitudes professionnelles représentent 75,3% du total des sans-emploi, ou des emplois ne correspondant pas à leur profil pour 74,4%, des emplois pénibles pour 26,7% et des emplois mal rémunérés pour 75,8%.

L’ONS indique en outre que près d’un million de personnes (797.000 dont 54,6% de femmes) n’ont pas cherché un travail, estimant qu’elles ne pouvaient en décrocher un après de nombreuses démarches. Près de 52% ont moins de 30 ans, et près de 77% sont âgés de moins de 40 ans.