Les cause structurelles du chômage et les remèdes

Les cause structurelles du chômage et les remèdes

El Watan, 19 janvier 2015

On peut qualifier le chômage de mal endémique le plus important de notre société. Aucun problème ne cause autant de dégâts aux familles algériennes que l’absence d’un emploi, pour la vaste majorité des citoyens. Les fléaux du chômage sont connus : mal-vivre, violences, drogues, pertes de production et gonflement des importations pour le pays, etc.

Les autres problèmes sociaux lui sont reliés : une personne bien payée a besoin de moins de soins, elle peut soumissionner pour un crédit et régler elle-même son problème de logement. Il faut donc le considérer comme l’ennemi numéro un du pays et orienter les politiques économiques pour l’éradiquer. Ce faisant, par ricochet, on règle beaucoup d’autres problèmes. Puisque partout dans le pays des milliers de jeunes s’élèvent contre ce fléau, il faut beaucoup plus croire la réalité plutôt que les chiffres produits.

Une analyse détaillée de l’économie nationale permet d’affirmer que tous les autres problèmes sont reliés directement ou indirectement au chômage. Le logement, la santé, la qualité de l’éducation, l’importation, la croissance économique et l’urbanisme sont d’une manière ou d’une autre, en partie, des dégâts collatéraux du chômage. Les transferts sociaux représentent une lourde charge pour le budget national. On peut les réduire considérablement lorsque l’on se rapproche du plein-emploi. Les chiffres officiels donnent un taux d’un peu plus de 10% et de plus de 24% pour les jeunes.

On ne peut pas approfondir la question des statistiques dans ce contexte. Elle nécessite de longs développements. De surcroît la plupart des emplois sont précaires (chantiers, CDD). L’avenir demeure incertain dans ce domaine d’autant plus que le taux de participation est faible et que de plus en plus de femmes vont convoiter des postes d’emploi.

Les facteurs responsables, par ordre de Priorité

Globalement, il y a trois causes principales liées à la problématique du chômage. On peut imaginer plusieurs autres facteurs, mais de moindre importance. Nous choisissons ici les raisons fondamentales, celles qui expliquent plus de 80% des cas. La première et la plus importante concerne la taille du secteur productif.

L’Algérie possède un tissu de PME/PMI de 700 000 unités. Nous avons environ 500 grandes entreprises. Un pays comme le nôtre devrait disposer d’au moins 1 500 000 PME/PMI et 5000 grandes entreprises pour pouvoir peser efficacement sur le marché de l’emploi. L’absence d’entreprises en nombre et en qualité induit des importations massives, une saignée de devises et un chômage important pour nos citoyens. On produit peu et on importe beaucoup.

Depuis plus de quarante ans, à tous les échelons de l’Etat, on ne jure que par l’économie hors hydrocarbures. Mais cette dernière peine à se dessiner. Plus on en parle et moins on en fait. L’investissement productif demeure insuffisant, mal canalisé et peu performant pour de nombreuses raisons. La plus importante demeure l’erreur d’avoir privilégié les infrastructures au détriment de l’économie productive. Il ne fallait pas faire des plans tout infrastructures et négliger la matière grise, la science et l’économie productive.

Le second facteur concerne l’adéquation formation/emploi. L’appareil de formation a subi de nombreuses transformations au cours de son évolution. Il a fait l’objet de mutations internes autonomes qui ont peu de liens avec l’appareil économique et le marché du travail. Ainsi, alors que l’on veut réindustrialiser le pays, les effectifs qui fréquentent les facultés hard (sciences) constituent moins de 15% du total. On a gonflé certaines disciplines des sciences humaines alors que le marché leur tourne le dos.

On forme en fonction des facultés et des professeurs disponibles au lieu de l’évolution des besoins du marché. Le phénomène se duplique à tous les niveaux : les métiers techniques manuels connaissent des évolutions insuffisantes. Ce n’est que récemment que la formation professionnelle a entrepris des réformes profondes en ce sens. En attendant, on importe de la main- d’œuvre qualifiée dans un pays où le taux de chômage des jeunes est alarmant. Le troisième facteur est culturel.

Les métiers manuels sont désertés par nos jeunes (agriculture, maçonnerie). Dès que quelqu’un accède à un niveau de formation de lycée, il répugne les métiers manuels et ne rêve que d’emplois administratifs. Les parents et la société tout entière valorisent les emplois des cols blancs alors que la demande se situe surtout au niveau des cols bleus. Et même les personnes sans formation aucune n’aspirent qu’à des postes de gardiennage parce que moins pénibles.

Après le diagnostic, quoi faire ?

Quand on s’attaque au seul problème de l’emploi, on commet la même erreur de conception des politiques économiques que celle commise par de nombreuses instances nationales. On prend un seul problème et on croit pouvoir le résoudre d’une manière isolée. Notre pays souffre de l’absence d’une stratégie globale, cohérente et ouverte. On ne peut régler ce problème isolément. Ceci dit, on est obligés de fournir des pistes de recommandations sans disposer de stratégie globale.

En quelque sorte, ce seraient les dispositions qu’il faille inclure dans un hypothétique plan stratégique. Le plus dur serait de faire travailler en harmonie différentes institutions pour le règlement du problème. Nous avons besoin de créer un million d’entreprises dans les dix prochaines années. Il nous faut créer des pépinières et des incubateurs par centaines. Nous aurons donc besoin de créer des institutions de formation de formateurs.

L’université serait interpellée, les banques également, de même que la question du foncier et tous les paramètres du climat des affaires. Il faut donc une réingénierie globale des mécanismes et des institutions liés à la création d’entreprises. Ce n’est pas une mince affaire. Ceci demeure possible mais avec beaucoup de remodelages profonds des politiques économiques et des structures des institutions actuelles.

Le second point a trait à la cohérence entre le système de formation et les besoins du marché. Comme tout autre aspect, il ne peut se régler qu’avec une démarche collective et consensuelle. Ici on pose le problème de l’Observatoire de l’évolution des emplois. Cet outil, comme tant d’autres, n’est pas opérationnel. Une économie a besoin de vision et d’adaptabilité.

Le second point aurait trait à la flexibilité du système de formation. Comment l’adapter le plus rapidement possible en termes de formation et de recyclage aux besoins du marché ? La démarche de certains pays asiatiques est à méditer : le patronat et les employeurs publics participent à l’élaboration des programmes de formation au niveau de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur. Le dernier point a trait au rejet du travail manuel.

Il requiert tout un effort de communication, un programme où on valorise l’effort physique par des mesures aussi bien concrètes que symboliques. Il s’agit de rehausser l’image des métiers manuels. Ceci est possible à moyen et long termes, mais dépend de plusieurs autres actions.

Un gouvernement doit avoir une stratégie de communication. Plusieurs de ses facettes seraient orientés pour rehausser le prestige des emplois manuels. Il nous faut un plan d’ensemble. Vaincre le chômage est possible mais avec une vision, une stratégie et des politiques économiques rénovées.
Abdelhak Lamiri


En raison du mode de calcul utilisé par L’ONS

Les chiffres du chômage ne collent pas à la réalité

Très controversé par les experts, le mode de calcul des chiffres de l’emploi utilisé par l’Office national des statistiques (ONS) conduit à des chiffres en total déphasage avec les réalités empiriques du pays.

Il suffit de se promener dans nos villes et villages, pratiquement tous touchés par le chômage, pour constater à quel point le nombre de personnes totalement désœuvrées ou versées dans des activités informelles est élevé et en totale contradiction avec le chiffre «politiquement correct» de 10,8%, récemment affiché par l’ONS.

Les manifestations récurrentes de chômeurs en quête d’emploi, les dizaines de milliers de diplômés de l’enseignement supérieur, qui ne trouvent pas d’embauche et toutes ces franges de la population qui quittent d’une manière ou d’une autre le pays à la recherche d’un travail, rendent encore moins crédibles les résultats de l’ONS, qui veut rapprocher, mais sans toutefois convaincre, l’Algérie des performances d’emploi des pays développés. Sur le terrain, la situation est, en effet, toute autre.

L’industrie et l’agriculture en crise peinent à offrir suffisamment d’emplois aux personnes en âge de travailler, que la démographie, encore très prospère, alimente et que les rejets du système scolaire (environ 400 000 par an) exacerbent. Les activités de services, certes en plein essor grâce notamment aux financements de l’Ansej et au développement de l’informatique, n’absorbent qu’une infime partie des demandes d’emploi.

Les entreprises étatiques et la Fonction publique, largement saturées par les recrutements de ces dix dernières années, n’ont plus grand-chose à offrir aux jeunes en quête de travail. Pour ne pas compliquer la donne, nous éviterons d’évoquer les problèmes de sureffectifs qui les affectent, notamment depuis que le gouvernement les a contraintes à recruter à tour de bras pour calmer un front social en ébullition. Les observateurs de la scène économique algérienne estiment à environ 400 000 les effectifs pléthoriques qui encombrent les entreprises et la Fonction publique.

Dans le mode de calcul de l’ONS, il est par ailleurs étonnant de constater l’exclusion des statistiques du chômage de millions de femmes et de primo demandeurs en âge de travailler, qui ne se sont pas déclarés aux instances de recensement concernées. Faute de dispositif d’allocation chômage qui les auraient incités à s’y inscrire, une importante frange de ces demandeurs potentiels d’emploi ne prend même pas la peine de se déclarer, et ce n’est qu’à l’occasion de l’ouverture d’une usine que l’on prend conscience, à travers le grand nombre de chômeurs non déclarés qui se bousculent à son portillon, de l’ampleur du chômage dans la localité concernée.

Il est également utile de savoir que l’ONS considère comme non-chômeur toute personne ayant travaillé, ne serait-ce qu’un jour dans l’année ainsi que les saisonniers et les personnes ayant bénéficié de contrats de préemploi ou du filet social. Les statistiques de l’emploi sont ainsi exagérément gonflées et celles du chômage amoindries. Il est également intéressant, mais surtout étonnant, de constater que l’ONS ne prend en compte les femmes en attente d’un travail que dans la mesure où ces dernières font une demande expresse à l’administration concernée.

A l’exception de celles qui font commerce de produits réalisés dans leur domicile, des millions de femmes au foyer ne sont pas recensées comme chômeurs potentiels, alors qu’elles constituent un important vivier de demandeuses d’emploi. Les experts estiment ainsi à environ 70% le nombre de demandeuses d’emploi non recensées, du fait de ce très contestable mode d’évaluation de l’emploi, qui ne prend pas en considération l’élément féminin et les demandeurs potentiels qui ne se déclarent pas.

Il n’est par conséquent pas étonnant qu’entre les statistiques de l’ONS et la réalité du terrain, existe un grand fossé que l’ampleur du marché informel et le nombre très élevé de désœuvrés mettent clairement en évidence. Les deux à trois millions de travailleurs qui travaillent dans les activités clandestines ne le font certainement pas de gaieté de cœur, mais parce qu’ils n’ont pas réussi à dénicher dans leur pays, frappé par une désertification industrielle et agricole sans précédent, l’emploi souhaité.

Il est toutefois utile de signaler que les gains substantiels et faciles que procure le commerce informel incitent bien souvent les personnes concernées à s’y installer durablement, refusant de chercher un emploi dans les entreprises et les administrations publiques qui ne peuvent offrir que des salaires dérisoires. Mais comme le relatent de nombreuses associations, ce ne sont pas seulement les demandeurs d’emploi ordinaires qui pâtissent du chômage, mais aussi les universitaires, dont une bonne partie cherche à trouver solution dans l’exil.

Nordine Grim


Le chômage repart à la hausse

Le désinvestissement plombe l’emploi

Alors qu’un nouveau code des investissements est en voie d’être adopté, la politique menée en la matière par l’Etat depuis plus d’une décennie vient peut-être de montrer ses limites. Des milliards de dinars injectés dans des projets d’infrastructures, d’autres milliards dans l’aide à l’entrepreneuriat des jeunes, d’autres encore sous forme d’incitations fiscales aux entreprises n’ont eu qu’un effet éphémère sur la résorption du chômage.

Selon la Banque mondiale, les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord ont besoin d’une croissance de 5% au moins pendant plusieurs années pour régler durablement la question du chômage. En Algérie, la moyenne de croissance de ces 15 dernières années a rarement atteint les 4%.

Un modèle de croissance fondé sur la dépense publique qui a englouti quelque 700 milliards de dollars a certes permis de réduire de près de 50% le taux de chômage entre 2004 et 2013, mais la tendance est repartie en hausse en septembre 2014 pour la première fois depuis quatre ans, selon les chiffres publiés la semaine dernière par l’Office national des statistiques (ons). (graphe1)

Plusieurs enseignements sont tirés des chiffres de l’ONS : les emplois sont de plus en plus temporaires (près de 80% des chômeurs étaient des salariés non permanents), le nombre de ceux qui travaillent à leur compte (employeurs et indépendants) régresse et le secteur privé a du mal à créer de l’emploi, du moins à en préserver, puisque les trois quarts de ceux qui pointent au chômage étaient employés par le secteur privé.

Quid de l’investissement industriel ?

Certains experts et économistes avaient à plusieurs reprises appelé à relativiser les chiffres en baisse du chômage ces dernières années, pointant du doigt la nature des projets qui sont à l’origine de cette tendance. L’investissement massif dans le BTP a le mérite d’absorber de l’emploi, mais le désavantage d’alimenter le chômage, une fois les grands projets de l’Etat achevés. «Actuellement, on investit très mal, on gaspille beaucoup d’argent pour un résultat insignifiant», déplore Arezki Issiakhem, patron du groupe Isser Delice.

Selon le bilan de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), plus d’un quart des emplois créés par les projets d’investissement déclarés entre 2002 et 2013 sont dans le secteur du BTPH. L’ONS confirme que 22% des chômeurs enregistrés viennent de ce secteur. Mais les services et notamment les transports, un secteur très prisé par les jeunes souscrivant à l’Ansej fournissent trois fois plus. (graphe 2)

«L’Etat a investi dans le bâtiment, mais peu dans l’industrie. Au contraire, il a fermé les usines», déplore Amar Moussaoui, responsable d’une entreprise de maroquinerie à Chéraga. Pour Amar Takjout, porte-parole de la Fédération des industries manufacturières, textile et cuir, ce qui a manqué à l’économie nationale ces dernières années, «c’est la mobilisation de notre potentiel industriel». «Beaucoup d’entreprises ont fermé depuis 20 ans, le potentiel existant ne peut répondre à plus de 20% des besoins nationaux, nous avons besoin de 2 millions de PME…» Les grands projets d’infrastructures «sont porteurs d’emplois, mais ne sont pas permanents», souligne-t-il.

Sur les 14 dernières années, l’industrie n’a représenté que 12% des projets déclarés à l’ANDI, trois fois moins que le transport par exemple. Cela reste pourtant le secteur le plus créateur d’emplois (31,8% des emplois créés entre 2002 et 2013), mais aussi le plus coûteux financièrement puisqu’il représente la moitié des montants d’investissements déclarés. Mais les investissements sont aujourd’hui surtout le fait du secteur privé (98% des projets déclarés et 85% des emplois créés), or investir et créer de l’emploi semble de plus en plus laborieux.

Impact sur l’emploi

Arezki Issiakhem, qui dit avoir «près de 1050 employés sous le chapeau» estime que les lois et les mesures qui sont appliquées actuellement «n’incitent pas à la création d’emplois». «J’ai des projets de création d’entreprises qui datent de 8 ans et demi et il y a beaucoup d’entreprises dans mon cas».

«J’ai déposé des projets pour la création de 3 hôtels 3 étoiles, franchisés. Cela fait 3 ans et je n’ai toujours pas de réponse».
Difficultés face aux banques, aux impôts, aux Douanes, prédominance de l’informel, manque de main-d’œuvre qualifiée sont autant d’obstacles cités par Amar Moussaoui pour expliquer les difficultés d’investir. Dans ce cas, voir le taux de chômage repartir en hausse est un peu logique. «Je n’ai pas le courage d’investir sans trouver de la main-d’œuvre. Il faudrait aussi que les formations qui sont prodiguées aux jeunes soient orientées vers les besoins des entreprises et de l’industrie. Il faut changer de politique pour les jeunes pour qu’ils sortent de l’assistanat».

Limites

Pour ce chef d’entreprise, comme pour beaucoup d’économistes, les politiques visant à encourager l’entrepreneuriat à travers des dispositifs de type Ansej et Cnac ont été dévoyés. Ces dernières années elles ont surtout consisté en une redistribution de la rente pour garder la paix sociale, même si elles ont permis de créer des entreprises et des emplois (plus de 800 000 dans le cas de l’Ansej, selon un de ses responsables). «Les banques donnent des crédits à des gens qui achètent des fourgons, qui ouvrent des pizzerias, mais pas pour l’industrie», remarque Amar Moussaoui.

Or, tous les jeunes ne sont pas voués à devenir des entrepreneurs. Les derniers chiffres de l’ONS montrent que le salariat reste la principale forme d’emploi avec près des trois quarts des personnes occupées. Ils révèlent surtout un recul de l’auto-emploi (moins de 300 000). Un responsable de l’Ansej indiquait récemment sur la Radio nationale que certains jeunes, qui avaient développé des projets dans le secteur des transports, avaient proposé à l’agence de faire marche arrière et de restituer leur véhicule. L’agence cherchant en ce moment un moyen de leur trouver des solutions.

Mais pour Amar Takjout, ce retour en hausse du chômage n’est que «conjoncturel». Il s’explique notamment par des départs en retraite qui n’ont pas été remplacés et une restructuration du secteur économique qui n’a pas encore été mise en place. «Il faut créer les conditions pour permettre la création de nouveaux emplois et pas seulement pour remplacer ceux qui partent».

L’exemple a été donné dans le secteur des textiles, où quelques groupes dans la confection et le cuir ont réussi à recruter 2000 travailleurs en trois ans, en remplacement d’environ 1200 départs en retraite, soit des centaines de nouveaux emplois créés. Assainir l’environnement économique et donner un plan de charge aux entreprises nationales à travers un meilleur accès aux marchés publics serait, nous dit-on, salutaire aussi bien pour l’investissement que pour l’emploi à l’avenir.

Quels secteurs pour porter l’emploi ?

Si l’industrie n’a pas bénéficié de la part du lion en termes de nombre de projets, elle fait pourtant partie, avec le BTP et l’agriculteur, des réservoirs sûrs d’emplois. A eux trois, ils représentent, selon l’ANDI, les deux tiers des emplois créés et des montants d’investissements déclarés entre 2002 et 2013.

Pour autant, c’est le secteur des services et du commerce qui emploient le plus de travailleurs aujourd’hui. Selon les chiffres de l’Office national des statistiques, 60,8% de la population occupée appartient à ce secteur.

Revers de la médaille, c’est aussi celui qui fournit le plus de chômeurs (plus de 62% en proviennent). Pour Arezki Issiakhem, patron du groupe Isser Delice, «tous les secteurs sont créateurs d’emplois. L’agroalimentaire, le tourisme, l’agriculture, l’industrie, l’industrie mécanique». Il y aurait, dit-il, pour «250 milliards de dollars de projets d’investissement qui dorment dans les tiroirs des wilayas».

Simplement, il faut laisser les entreprises se créer, investir et grandir, insiste-t-il. 90% des PME sont de très petites entreprises. Pour Amar Moussaoui, qui gère une entreprise d’une quinzaine d’ouvriers, les petites entreprises sont condamnées à le rester et sont destinées à terme à disparaître.

Pas forcément, estime Arezki Issiakhem : «On ne peut pas passer directement de petites à de grandes entreprises.» Selon lui, on aurait besoin de «300 ou 400 grandes entreprises qui constitueraient une locomotive de l’industrie et pourraient drainer les autres». Encore faut-il leur assurer l’environnement adéquat pour évoluer dans une économie où l’acte d’importer serait plus aisé que celui d’investir. S. B.

Safia Berkouk


Considérée comme le principal réservoir d’emplois

La fonction publique n’a plus les moyens de recruter

Avec la politique d’austérité prévue cette année en raison de la chute des cours du pétrole, le marché de l’emploi risque d’accuser un coup dur. Et pour cause, avec près de 2,5 millions d’agents, la Fonction publique reste le principal recruteur en Algérie. En effet, le poids de l’emploi à ce niveau est élevé par rapport au secteur économique, où les opportunités de travail restent relativement faibles faute de diversification de l’économie.

L’instruction du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, adressée aux différents départements ministériels, aux walis et à la direction générale de la Fonction publique portant sur le gel des recrutements, ne sera pas sans conséquences sur le marché du travail en Algérie. Même si certains représentants du gouvernement ont essayé de jouer la carte de l’assurance, soulignant que leurs secteurs ne seront pas concernés par de telles mesures, la situation ne semble pas du tout facile à gérer, que ce soit dans l’éducation nationale, la justice, la santé, les collectivités locales ou le commerce, où les besoins sont pourtant importants en recrutement, comme c’est le cas pour le contrôle des activités commerciales.

Mais avec des moyens financiers qui s’amenuisent, les postes budgétaires sont bloqués. Les chiffres qui ont circulé depuis décembre 2014 à ce sujet font part de 41 000 postes gelés cette année, alors qu’en 2013, 52 600 personnes avaient, pour rappel, rejoint les rangs de la Fonction publique. Les demandeurs d’emploi au niveau de l’administration seront les premiers à faire les frais d’une telle situation.

Pendant de longues années, l’Algérie a énormément misé sur l’administration pour absorber le chômage sans ouvrir en parallèle de réelles perspectives de création d’emplois en dehors de la distribution de l’argent via les différents dispositifs d’aide à la création d’entreprises. Cependant, ces largesses n’ont pas profité à l’investissement productif, mais plutôt au commerce, comme l’ont montré les résultats de l’enquête de l’Office national des statistiques en 2012.

Cela pour dire que les politiques d’emploi menées jusqu’à présent n’ont pas donné de résultats probants. Et pourtant, ce ne sont pas les réunions, les rencontres et les recommandations qui manquent à ce sujet. La conférence économique et sociale de la jeunesse est la dernière en date.

Elle s’est tenue en novembre 2014 sous l’égide du ministère de la Jeunesse, dont le premier responsable, Abdelkader Khomri, a rappelé la semaine dernière la nécessité d’aller vers la croissance économique pour créer l’emploi et ne plus compter sur la Fonction publique. «Il faut que la croissance économique se substitue à la Fonction publique», a-t-il insisté, plaidant pour des projets, qui «tiennent compte» de toutes les potentialités dont dispose le pays.

Et soulignant que «la Fonction publique n’est plus le seul réservoir de l’emploi». Pour M. Khomri, l’agriculture et le tourisme sont les secteurs qu’il y a lieu de promouvoir et d’exploiter pour faire face à la demande croissante en emplois et préparer l’après-pétrole. Or, des conditions sont à assurer pour attirer les jeunes à investir dans ces deux secteurs et pour relancer l’industrie.

A commencer par l’environnement des affaires, comme nous l’a souligné le président du CNC/PME, Zaïm Bensaci, contacté à cet effet : «Le ministère de l’Industrie a annoncé une série de mesures pour diversifier l’économie. Il faut juste veiller à l’application de ces mesures pour sécuriser les investissements et mettre en place l’environnement adéquat pour les affaires», nous dira M. Bensaci, appelant par la même occasion à construire un réseau de sous-traitance à travers l’identification des filières qui permettent la création d’emplois.

«On ne peut pas compter éternellement sur la Fonction publique pour recruter. Je pense à la sous-traitance où il y a de fortes potentialités pour la création d’emplois. Le marché existe», soulignera-t-il. Et d’ajouter : «On est obligés d’y arriver en créant cette passerelle entre le monde de la formation et celui du travail».

«Il faut surtout apprendre aux jeunes ce que c’est qu’être un entrepreneur à partir de l’école et ne pas attendre la fin des cursus de formation pour le faire.» Il notant dans le même sillage la nécessité d’assurer le suivi des mesures annoncées par le ministère de l’Industrie, et ce, pour ne pas répéter les erreurs commises dans le passé. «Les dispositifs sont généralement bons. Mais ça freine toujours dans l’application», fera remarquer M. Bensaci.
Samira Imadalou


Les diplômés de plus en plus livrés au chômage

Absence de perspectives d’emplois pour les universitaires

Les nouveaux chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) sur l’emploi, rendus publics la semaine dernière ont font ressortir une hausse des chômeurs diplômés, principalement les universitaires. Avec un taux de 16,4%, on relève une augmentation de 3,4% en septembre 2014 par rapport au mois d’avril de la même année.

La sortie de nouvelles promotions de diplômés des universités algériennes entre juin et septembre a fait grimper le nombre de demandeurs d’emploi. Au bout d’un cursus universitaire pas toujours facile, les nouveaux diplômés se retrouvent livrés à un marché où l’offre de travail reste limitée pour de nombreuses raisons.

L’inadéquation entre la formation et les exigences des universités, un point souvent évoqué par les experts et les hommes d’affaires, en sus d’autres facteurs, contribuent à l’amplification du taux de chômage chez les universitaires. «Le problème du niveau de chômage des diplômés universitaires revient à l’employabilité de ces diplômés qui doit répondre à plusieurs critères et paramètres», explique à ce sujet le premier responsable de l’Observatoire de l’emploi au niveau de l’université Houari Boumediène des sciences et technologies (USTHB), Merzak Ferroukhi.

Ce dernier citera, entre autres, la nécessité de réduire le décalage et l’anachronisme entre l’université et l’entreprise pour permettre aux entreprises d’accéder aux universités en leur proposant de dispenser des formations qui répondent aux besoins du marché du travail et d’être à jour avec les nouvelles technologies. Car, dira-t-il, «l’entreprise est une entité productive et n’a pas de temps à perdre pour recycler les nouveaux recrutés».

Le fait aussi que les universitaires cherchent à accéder au monde de l’emploi sans passer par les étapes intermédiaires de préemploi (dans le cadre du dispositif de l’Agence nationale de l’emploi) amplifie le taux de chômage, selon notre interlocuteur. «Dans le constat amer du chômage, tout le monde est impliqué : l’université qui forme, l’entreprise qui recrute et le diplômé qui s’entête à exercer un travail en attendant de trouver mieux», résumera M. Ferroukhi, qui plaidera pour un vrai dialogue entre toutes les parties. «La synergie doit être réelle et efficace», dira-t-il Même constat dans la formation professionnelle.

Les diplômés des instituts sont également confrontés au problème du chômage, alors que parallèlement, il est difficile de trouver la main-d’œuvre qualifiée dans certain secteurs, à l’image du bâtiment et de l’agriculture. Une situation paradoxale qui pousse à la réflexion. Dans ce cadre, le département de la Formation professionnelle a opté pour la signature de conventions de partenariat avec les entreprises, notamment étrangères.

Exemple, la semaine dernière des conventions de partenariat ont été conclues entre la direction de wilaya de la formation professionnelle, l’Entreprise publique des tracteurs agricoles (Etrag) et la Société des matériels de gerbage et de manutention (German). Les jeunes formés dans les filières de la mécanique dans les établissements d’enseignement professionnel bénéficieront ainsi de stages en vue de leur insertion dans ces deux entreprises.

Mais il reste à généraliser cette option à d’autres spécialités et avec d’autres entreprises, notamment celles relevant du secteur privé. Ce dernier est en effet appelé à être impliqué dans le recrutement des diplômés et à réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande. Un problème qualifié de «structurel» par l’Organisation international du travail (OIT) dans son rapport sur les tendances mondiales de l’emploi des jeunes en 2013 dans la région Mena (Afrique du Nord/Moyen-Orient).

Un rapport dans lequel l’OIT avait relevé le décalage professionnel et l’inadéquation des compétences et avait même averti sur l’amplification du phénomène (avec une prévision d’un taux de chômage de 24% chez les jeunes en Afrique du Nord en 2018) «faute de politiques propices à la requalification des demandeurs d’emploi en collaboration étroite avec le secteur privé».

La sonnette d’alarme est également tirée par d’autres institutions internationales. Les perspectives s’annoncent d’ailleurs moroses. «Les perspectives de trouver un emploi pour les personnes ayant achevé un cursus universitaire ne sont guère réjouissantes», avait avisé l’OIT en 2013. Ce qu’a confirmé l’ONS dans son dernier rapport.
Samira Imadalou


Moundir Lassassi. Maître De Recherche – CREAD

«Il y a précarisation de l’emploi ces dix dernières années»

Les analyses de la segmentation du marché du travail montrent qu’il y a une sorte de précarisation de l’emploi ces dix dernières années. C’est ce que montrent les études du Centre de recherche en économie appliquée au développement (Cread), selon Moundir Lassassi, maître de recherche au centre. Ce dernier souligne par ailleurs que les femmes seront les plus touchées par les mesures portant gel des recrutements dans la fonction publique.

– Quelle lecture faites-vous du dernier bilan de l’ONS sur le chômage en Algérie ?

Statistiquement parlant, nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que le taux de chômage a augmenté en septembre 2014 par rapport à avril, dans la mesure où les intervalles des marges d’erreurs entre le taux de chômage de septembre et d’avril se chevauchent, ce qui signifie en statistiques que l’écart n’est pas significatif. Au-delà de l’augmentation ou de la diminution du taux de chômage, un aspect aussi important n’est généralement pas évoqué, c’est bien la précarité de l’emploi.

Au Cread, l’équipe démographie, économie de travail et protection sociale travaille sur ces questions. Les analyses de la segmentation du marché du travail montrent qu’il y a une sorte de précarisation de l’emploi ces dix dernières années. Bien que les indicateurs de la précarité de l’emploi tels que définis par le Bureau international de travail, notamment le salaire, ne sont pas tous pris en considération dans les enquêtes emploi de l’ONS, d’autres indicateurs confirment une précarisation de l’emploi en Algérie : 1) L’augmentation de la part de salariat non permanent dans la population occupée.

En effet, la part de salariat non permanent est passée de 23% en 2004 à plus de 35% en septembre 2014. 2) Bien que le taux d’emploi informe ait diminué ces cinq dernières années (37,3% en 2013 contre 44,6% en 2009), le rythme de croissance de l’emploi informel reste néanmoins élevé et ce sont les jeunes et les femmes qui sont le plus affectés. 3) Le sous-emploi qui reflète la sous-utilisation de la capacité productive de la force de travail est relativement important en Algérie. Selon l’enquête emploi de 2013, le taux du sous-emploi est de 20,4% (18,9% en 2010), soit une personne occupée sur cinq déclare effectuer un nombre d’heures de travail insuffisant par rapport au nombre d’heures souhaitées. 4) Environ 25% des personnes occupées expriment leur désir de changer d’emploi.

La première raison invoquée est l’instabilité de l’emploi occupé (57%). Pour plus de 27% des occupés, ils estiment qu’ils sont mal rémunérés, c’est la deuxième raison invoquée par les personnes occupées voulant changer de travail. 5) En analysant les trajectoires professionnelles, il ressort que la tendance en Algérie est dans la stabilité dans l’emploi.

Ainsi, une part non négligeable des occupés commencent leur vie active dans des emplois moins qualifiés et terminent leur vie active dans le même travail non qualifié. Autrement dit, contrairement aux pays développés, en Algérie, il y a une faible transition d’un emploi moins qualifié vers un emploi qualifié. Il y a stabilité dans une position instable.

La question qui se pose est : que cherche-t-on ? Une diminution coûte que coûte du chômage sans se soucier de la qualité de l’emploi, ou bien la diminution du chômage et de la protection de l’emploi ? La réponse semble évidente, pourtant rares sont ceux qui mettent côte à côte ces deux aspects : chômage et qualité de l’emploi.

Un autre résultat important est les stratégies utilisées par les chômeurs à la recherche d’un emploi. Les résultats de l’enquête emploi montrent que les chômeurs utilisent plus fréquemment les réseaux de relation (82,2%), que ce soit pour les hommes (83,1%) ou les femmes (80%) dans la recherche d’un emploi au détriment du recours aux agences publiques d’intermédiation (ANEM).

Le recours aux relations dans la recherche d’un emploi semble de plus en plus important au fil du temps. En effet, en 1997, la part des chômeurs qui utilisaient les relations était de 57,3%. Là aussi, il faut se poser la question, pourquoi les chômeurs cherchent-ils davantage par le biais des relations et non par l’intermédiaire des agences publiques d’intermédiation ?

Le chômage touche particulièrement les jeunes et les femmes, notamment celles instruites. Le taux de chômage féminin a atteint 21,8%, ce qui signifie qu’une fille sur cinq se retrouve au chômage après la sortie de l’université. Si nous voulons diminuer le taux de chômage global, il faut impérativement des mesures spécifiques en direction de ces deux sous populations : les jeunes et les femmes. A l’heure actuelle, il n’existe aucune mesure spécifique destinée aux femmes.

L’analyse de l’évolution du chômage des jeunes et des adultes sur une longue période montre que l’écart diminue pratiquement avec la même amplitude, ce qui signifie que l’impact des politiques d’emploi destinées aux jeunes n’a pas eu un effet suffisamment important pour diminuer significativement le chômage des jeunes. Sinon nous devrions observer un rythme de diminution du taux de chômage des jeunes plus prononcé comparativement à celui des adultes, ce qui n’est pas le cas.

Un autre résultat frappant est la diminution de la population active entre avril (11,7 millions) et septembre (11,4 millions)s) 2014. Techniquement parlant avec une enquête par sondage et un échantillon partiellement renouvelé, nous ne devrions pas arriver à ce résultat. Une diminution de la population active signifie que le nombre de sorties du marché du travail est supérieur au nombre d’entrées.

Ce qui est un contresens vu les périodes de réalisation des deux enquêtes de 2014 : la période de septembre est celle où il y a eu le plus d’afflux des sortants des universités sur le marché du travail et la période d’avril celle des sortants du marché du travail. Il faut être plus rigoureux sur la qualité des estimateurs utilisés dans les calculs.

Les résultats des enquêtes de type sondage comme l’enquête emploi doivent être recadrés par les données des fichiers administratifs, tels que les fichiers de la CNAS et de la Casnos. L’accès aux fichiers administratifs par les services de l’ONS ne devrait pas poser de problème. Les fichiers administratifs en Algérie sont très peu exploités. En particulier les données les plus fiables sur la création d’emplois devraient provenir de la nouvelle caisse de recouvrement des cotisations sociales.

– Avec l’annonce de coupes budgétaires et le gel des recrutements dans la Fonction publique, comment se présente la situation en 2015 ?

Il faut remarquer d’abord, que le poids relatif de l’emploi dans l’administration publique est relativement élevé en Algérie. La normalité voudrait que ce soit le secteur économique qui porte la croissance de l’emploi et non le secteur non marchand. Toujours est-il, encore une fois, que ce sont les femmes, notamment, celles instruites en particulier, qui seront affectées par cette décision, dans la mesure où les femmes se concentrent plus dans le secteur public, notamment dans l’administration.

En économie, cela signifie que les femmes sont exposées à une ségrégation horizontale. Les analyses de type choix occupationnels montrent que le seul segment où les femmes ont plus de chances de s’intégrer comparativement aux hommes est le secteur public. Cela signifie qu’avec cette mesure, les femmes, notamment celles instruites, vont trouver plus de difficultés pour l’insertion sur le marché du travail. Le chômage touche particulièrement les femmes diplômées (21,8%).

Les choses vont s’aggraver davantage pour cette catégorie de femmes avec le gel du recrutement dans la Fonction publique. D’un côté, il y aura de moins en moins de postes de travail qualifiés pour cette catégorie de femmes, et d’un autre côté, il y a chaque année de plus en plus de femmes diplômées qui sortent des universités algériennes et qui se présentent sur le marché du travail. L’écart entre les filles et les garçons diplômés est en nette augmentation ces dernières années.

L’Etat investit massivement dans l’éducation et chaque année il y a une perte sèche de cet investissement. Avec cette mesure de gel des recrutements dans la Fonction publique, les choses vont s’aggraver. Plusieurs études empiriques, notamment dans les pays de la région Afrique du Nord / Moyen-Orient, montrent que le seul secteur où les écarts de salaires sont faibles entre les hommes et les femmes est le secteur public, ce dernier protège plus les femmes de la discrimination salariale.

Avec cette mesure, les femmes vont probablement se diriger plus vers d’autres secteurs, notamment le privé et dans l’informel où la discrimination salariale est plus importante. Une des conséquences de cette réorientation, c’est l’aggravation de la situation des femmes sur le marché du travail pour celles qui arrivent à trouver un emploi.

– Les actions menées jusque-là pour la création d’entreprises et la promotion de l’investissement n’ont pas contribué à améliorer la situation. Pourquoi ?

Le critère le plus important dans la conception des politiques d’emploi en Algérie est le niveau d’instruction. Ce seul critère n’est visiblement pas suffisant pour un meilleur ciblage de la population vulnérable. Les analyses du marché du travail montrent par exemple que les personnes qui vivent dans les régions rurales trouvent plus de difficultés pour l’insertion sur le marché du travail. Ce critère n’est pas pris en compte en Algérie.

Ainsi aucune mesure spécifique ne concerne la population rurale. Visiblement, il y a des problèmes de ciblage dans les politiques d’emploi. Il faut aller vers un meilleur ciblage. Les dispositifs de la création d’entreprises sont conçus spécifiquement pour aider les jeunes promoteurs dans la première étape dans le processus de l’entrepreneuriat. Certes, c’est une étape importante, mais l’étape de développement est d’autant plus vitale que la première, une étape qui est mal engagée sur le terrain. L’accompagnement des entreprises dans l’étape de croissance fait défaut en Algérie.S. I.
Samira Imadalou