46 communes crèvent la dalle

46 communes crèvent la dalle

Le Quotidien d’Oran, 14 octobre 2006

Intervenant lors des travaux de la séance plénière de l’APN, jeudi, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamal Ould Abbès, a révélé l’existence de 46 communes pauvres et 1.280 autres déficitaires au niveau national.

Le ministre qui répondait à une question orale d’un député, sur le chômage dans la wilaya de Tébessa, a précisé qu’une étude réalisée en Algérie a démontré l’existence de 46 communes pauvres sur le plan national.

Selon Ould Abbès, l’étude réalisée par l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT) en 2005, à la demande du ministère, avait démontré que quatre communes de la wilaya de Tébessa sont considérées comme étant pauvres. Les statistiques de l’ANAT révèlent en outre que 61% des communes pauvres ont été localisées dans les hauts plateaux. Pour parer à cette situation, le ministre de l’Emploi a indiqué que les pouvoirs publics ont pris des mesures et initié des programmes pour la promotion de ces régions, affirmant au passage que la prise en charge de ces communes se fait progressivement et selon les priorités.

Dans le même ordre d’idées, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale a dressé un tableau noir de la situation financière des communes, indiquant dans ce sens que la majeure partie des communes algériennes sont déficitaires. Evoquant les résultats de l’enquête sur la cartographie de la pauvreté en Algérie, réalisée en 2005 par l’ANAT, Ould Abbès a révélé l’existence de 1.280 communes déficitaires sur les 1.541 communes que compte le pays. Selon le ministre, le développement de ces communes reste tributaire de l’aide accordée par l’Etat. Il s’agit de communes qui ne peuvent en aucun cas investir, en attendant l’aide de l’Etat, notamment dans le cadre des programmes de développement.

D’autre part, et en réponse à une question sur l’augmentation de l’allocation forfaitaire de solidarité, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité, a affirmé que son département ne ménage aucun effort pour augmenter cette allocation prochainement, estimant que celle-ci qui est actuellement de 1.000 DA est insuffisante. M. Ould Abbès a rappelé que l’allocation forfaitaire de solidarité octroyée au chef de famille sans revenu ou au handicapé mental ou moteur, ou encore aux citoyens âgés de plus de plus de 60 ans, avait été instituée en 1994 et son montant était de 600 DA pour être porté à 1.000 DA en 2001, sachant que cette catégorie bénéficie des prestations sociales. Ould Abbès a par ailleurs souligné que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale consacre chaque année 6,10 milliards de DA à la couverture des prestations sociales en direction des nécessiteux, affirmant dans la foulée que des actions sont entreprises pour augmenter les salaires des contrats pré-emploi dont bénéficient les universitaires et les techniciens supérieurs.

Evoquant la prise en charge du transport scolaire, notamment au niveau des communes déshéritées, le ministre a rappelé que quelque 1.994 bus de transport scolaire ont été distribués à travers 1.541 communes, et que des efforts sont déployés par son ministère en vue de couvrir les besoins de toutes les communes. D’ici la fin de l’année, a ajouté le ministre, 1.500 bus seront accordés au profit des régions éloignées.

M.Ould Abbès a, en outre, indiqué que le ministère a accordé, à travers la caisse de solidarité nationale, quelque 100 logements au profit des victimes du terrorisme, outre des postes de travail assurés par des organismes dans le cadre du soutien à l’emploi.

Enfin, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale a signalé que l’opération de création de locaux au profit des jeunes dans le cadre de l’emploi permettra la réalisation, avant 2007, de 154.000 locaux qui permettront la création de 154.000 petites entreprises non destinées au commerce mais plutôt aux prestations ou à la production.

Djamel B.