Saoudiens, Français et Italiens prennent des parts dans la Cnan

La compagnie maritime partiellement privatisée

Saoudiens, Français et Italiens prennent des parts dans la Cnan

Par : Nabila Saidoun, Liberté, 14 mars 2007

Gofast, Dario Perioli et Faraon ont bénéficié de l’ouverture du capital de la Cnan à hauteur de 49%. Cette opération, qui assure aux Algériens une majorité absolue, permettra la relance du transport maritime avec, entre autres, le renouvellement de la flotte maritime.

Plusieurs mois se sont écoulés après les appels d’offres lancés avant que le Conseil des participations ne se prononce sur les résultats au grand soulagement des candidats à l’ouverture du capital de Cnan-Goup. Ils étaient quatorze au total, tous des soumissionnaires étrangers, à entrer en course pour décrocher des parts de la Compagnie nationale algérienne de navigation (Cnan) disposant d’un capital social de 8 milliards de dinars et dotée d’un personnel professionnel estimé à plus de 2 170, dont 1 655 navigants. Point de surprise quant à l’annonce des bénéficiaires de cette décision finale du CPE qui, en date du 4 mars dernier, sous la présidence du Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a donné son accord pour l’ouverture du capital de trois filiales de Cnan-Group qui sont Cnan Maghreb Lines (assure le transport maritime des voyageurs entre les différents ports d’Algérie, avec ceux de Marseille et d’Alicante), Cnan-Nord et Cnan-Med. Une date à marquer par une pierre blanche pour le groupe français Gofast-Aigle Azur qui se retrouve détenteur de 49% des parts de Cnan Maghreb Lines et Cnan-Nord tout autant que Cnan-Group (49%) au moment où 2% reviennent à Arezki Idjerouidene en sa qualité de personne physique algérienne. Autrement dit, les filiales restent algériennes à 100% avec un nouveau management qui ne pourrait s’avérer être que bénéfique pour la Cnan qui n’a pas manqué de connaître pas mal de difficultés ces dernières années. D’où la solution idoine de recourir au partenariat étranger.
Ainsi, avec ces trois filiales privatisées parmi les huit soumises à l’ouverture du capital, l’entreprise Cnan-Group entre de plain-pied dans la privatisation annonçant une ère nouvelle pour le transport maritime qu’il s’agisse de voyageurs ou du fret.
Cnan-Nord, assure pour sa part le transport de marchandise générale et de conteneurs avec des rotations sur les États-Unis, l’Europe du Nord, la Turquie et Dubaï d’une part et sur l’Algérie d’autre part. Cnan-Med (51% pour Cnan-Group) qui jouit de la même vocation assure, quant à elle, des rotations sur l’Italie, la France, l’Espagne d’une part, et l’Algérie d’autre part, autrement dit la Méditerranée comme son nom l’indique d’où d’ailleurs l’intérêt du groupe italien Dario Perioli qui détient désormais (49%).
Dans la décision du CPE, il existe une toute autre option qui consiste, cette fois, à créer une joint-venture entre Algériens et Saoudiens. Il s’agit du groupe Faraon-CTI qui est une filiale jordanienne du groupe saoudien Faraon qui détient 49% de cette nouvelle société de transport de marchandise homogène avec 8 navires vraquiers. Même topo reproduit que pour Cnan Maghreb Lines dans lequel Cnan-Goup détient 49% au moment où les 2% reviennent à l’industriel Mustapha Laradji en sa qualité de personne physique algérienne, ce qui assurera une majorité algérienne.
“C’est un partenariat qui est bénéfique à tout point de vue qui permettra à la compagnie de renforcer sa position sur le marché du fret”, commentera M. Bounbar, DG de la Cnan, à propos de cette opération privatisation qui illustre la volonté de l’État de se désengager, peu à peu, de la sphère économique.
Un désengagement qui se confirmera, sans nul doute, avec l’ouverture du capital de l’Entreprise nationale de transport maritime des voyageurs (ENTMV) qui a son tour est tout à fait éligible à la privatisation. Reste à savoir à quelle hauteur…

Nabila SaÏdoun