«Pas de contacts avec la justice française sur l’affaire Khalifa»

BELAIZ AU SENAT

«Pas de contacts avec la justice française sur l’affaire Khalifa»

Le Quotidien d’Oran, 8 janvier 2005

Tayeb Belaiz, ministre de la Justice, garde des Sceaux, qui a présenté son texte de loi sur le blanchiment d’argent devant les sénateurs, jeudi, a annoncé que le projet de loi relatif à la prévention et à la lutte contre la corruption est fin prêt et qu’il sera présenté au plus tard dans un mois, tout en évoquant l’affaire Khalifa.

Le garde des Sceaux a précisé encore qu’un groupe composé de juristes a établi un texte conformément aux orientations du président de la République lors de l’ouverture de l’année judiciaire 2004/2005. Le ministre ajoute que le texte concerne la corruption, dans son sens large, le trafic d’influence, l’obstruction à la justice et tous ceux qui se procurent de l’argent de manière illégale.

Interrogé sur l’affaire Khalifa et sur l’existence de contacts entre les justices française et algérienne dans le traitement de ce dossier controversé, le garde des Sceaux a déclaré qu’il n’y a aucun contact entre les justices algérienne et française sur ce dossier précis. Questionné sur la convocation des stars françaises dans le cadre de ce dossier, le ministre a indiqué que la justice française a le droit d’auditionner sur son territoire toutes les personnes susceptibles d’être impliquées de loin ou de près dans cette affaire. Pour ce qui est de l’installation du nouveau procureur qui sera chargé du dossier Khalifa, le ministre a déclaré: «Le défunt Tahar Amara était un procureur général modèle, on ne peut pas le remplacer, mais la justice suit son cours. On nommera dans les jours à venir un procureur général à la cour de Blida, qui aura à assurer sa mission dans cette cour mais aussi et surtout le dossier Khalifa.» Dans sa présentation devant les sénateurs de la loi sur la prévention et la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, le garde des Sceaux a précisé que ce texte vise à adapter la législation nationale aux derniers développements survenus au niveau international en cette matière. Le ministre de la Justice a précisé à ce propos que l’Algérie est le seul pays dans le monde qui a établi dans sa législation un lien entre le blanchiment d’argent et le fléau du terrorisme, car ayant souffert durant une décennie de ces deux crimes interdépendants.

M. Tayeb Belaiz, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a mis l’accent sur la nécessité de «réorganiser les pénitenciers à travers la protection des droits des détenus, l’humanisation de leur traitement et la préservation de leur dignité». A ce sujet, le ministre a indiqué que les détenus faisant preuve de bonne conduite pourront bénéficier de dix jours de sortie sans surveillance, avant d’ajouter qu’aucun procureur ni juge ne peut interdire à un prisonnier d’assister à l’enterrement de sa mère ou de son père. Le ministre a mis l’accent également sur la promiscuité dans les prisons algériennes précisant aux sénateurs qu’il faut revenir aux normes internationales: 12 m² pour un seul prisonnier. Il ajoute en outre que 59 prisons ont été construites avant 1900. A ce propos, M. Tayeb Belaiz a annoncé qu’un budget spécial a été dégagé pour la construction de 42 prisons avec 36.000 places supplémentaires et cela dans le cadre du programme économique et social 2005-2009.

Enfin, le ministre de la Justice a déclaré que les agents relevant des pénitenciers, au nombre de 15.000, bénéficieront de programmes de formation en Espagne, en France et en Belgique.

Salim Bey