Avec 500 millions de dinars, l’OPGI de Blida, le premier dépositaire

Avec 500 millions de dinars, l’OPGI de Blida, le premier dépositaire

El Watan, 6 février 2007

La magistrate lui fait remarquer qu’il avait affirmé auparavant que le compte de Ighil était à découvert de 150 millions de dinars.

« Je n’ai jamais dit qu’il était à découvert », dit-il, ajoutant que Ighil avait demandé une autre ligne de crédit de 12 millions de dinars. A propos de Kheireddine El Oualid, DG de l’OPGI d’Oran puis de Constantine, puis à l’AADL, l’accusé affirme qu’il lui a remis une carte de gratuité de voyages. Il affirme avoir démissionné à cause du salaire. Il est resté quatre mois sans travail, puis il est revenu pour s’occuper de l’agence St Georges, puis celle de Staouéli, en août 2002. La présidente l’interroge sur les 13 comptes de clients de Blida qui étaient débiteurs et se sont transformés en créanciers d’El Khalifa Bank, durant la période de liquidation. Parmi ces clients, le frère du directeur de l’agence installé en France, 2 millions de dinars, et Djellouli Abderrazak, frère de Abdelwahab, actionnaire à Digimex, chez lequel l’accusé travaille actuellement, Kaci Samir, commerçant à Blida, et beaucoup d’autres clients de l’agence. Le préjudice a été estimé à 121 millions de dinars. L’accusé était chargé par le liquidateur pendant cette période du recouvrement des créances. Il nie avoir eu une quelconque relation avec ces opérations et ne cesse de clamer son innocence. La présidente lui fait remarquer que c’est le code de Fayçal Zerrouk, en congé pendant cette période, qui a été utilisé. Au sujet des 1,4 million de dinars, qu’il a pris en prêt auprès de la direction générale des moyens généraux, il reconnaît, et ajoute avoir aussi bénéficié d’un véhicule et d’une carte de gratuité pour 2002. Il affirme que l’OPGI de Tizi Ouzou a placé 300 millions de dinars, par le biais de Debiane Rahal, le DG. A la question de savoir pourquoi se déplacer de Blida jusqu’à Tizi Ouzou, il déclare que le directeur de l’agence Khalifa n’a pas convaincu le responsable. Il a fallu qu’il se déplace en personne pour réussir à amener le DG de l’OPGI à placer les avoirs de la société. Maître Meziane, avocat d’El Khalifa Bank en liquidation, l’interroge sur les garanties engagées dans le crédit accordé à Benchefra. L’accusé étonne l’assistance en disant que les garanties ou les hypothèques sont un accessoire dans un prêt. L’essentiel c’est le demandeur, c’est-à-dire la personne et son salaire. Il l’interroge sur des bons de caisse souscrits au nom de deux personnes en même temps, l’accusé n’y croit pas. Mais une fois des exemplaires montrés, il garde le silence. Il affirme avoir une société dénommée le Canari sportif qui vend des équipements sportifs. Zerrouk Fayçal, l’accusé ancien ami du frère de Moumen, déclare à la barre qu’il n’a rien à voir avec les 13 opérations de manipulation de comptes, étant donné qu’il était en congé et qu’à cette époque, Kechad était chargé par le liquidateur de procéder au recouvrement des créances à Blida. Il affirme que tout le personnel utilise son code d’accès, mais tout peut être vérifié dans l’état informatique. La magistrate lui fait remarquer que Digimex était débitrice de 230 millions de dinars, Kechad Ahmed de 2 millions de dinars, et les treize sont de gros clients de l’agence. Il affirme avoir pris un prêt de 500 000 DA de l’agence des Abattoirs, avec un taux d’intérêt de 3% qu’il a remboursé. Il note que l’USM Blida était également débitrice d’un montant 13 millions de dinars. Me Meziane lui demande d’expliquer ce qu’est un compte douteux. Il déclare qu’il s’agit du compte où sont logés les clients débiteurs en situation de litige. Me Meziane affirme que le montant des client débiteurs a atteint 367 millions de dinars. Appelé à la barre pour donner une explication technique de ces opérations, Moncef Badsi, liquidateur d’El Khalifa Bank, déclare qu’il s’agit d’un acte prémédité, en rappelant les notes de l’administrateur Djellab relatives à l’interdiction des manipulations des comptes. Il parle de comptes fictifs de clients, « inventés dit-il, pour faire disparaître leurs traces ». « Quand un client est insolvable, on le met dans un compte de coma profond et il faut être très fort pour le faire sortir de sa situation. J’ai entendu ici qu’on accordait des intérêts à des clients dans cette situation. C’est un mensonge. On n’accorde pas d’avantages à quelqu’un qui ne paie pas. C’est un acte délibéré par excellence qui vise l’information destinée à la Banque d’Algérie, afin de camoufler des opérations dans le but de ne pas tomber dans les infractions à la solvabilité », déclare M. Badsi. Il parle également des bons de caisse et de la compensation qu’il n’a jamais suggérée ou pratiquée. « Lorsque j’ai convoqué le concerné (Kechad, ndlr), il m’a dit tout simplement qu’il était prévu pour devenir ministre de la République. Nous vivons un drame des comptes d’ordre devant lesquels les opérations de manipulation deviennent peu importantes. Lorsque vous avez 92 milliards de dinars en compte d’ordre sur un bilan de 192 milliards, soit 76% qui n’ont pas d’expression avec la réalité. C’est un monde susceptible de magouille la plus grossière. » L’audience est levée par la présidente qui annonce que les accusés poursuivis pour des délits doivent être présents dès aujourd’hui. Le procès reprend donc avec la poursuite de l’audition de Meziane Ighil.

S. T.