Affaire Khalifa: “ Un holding acquis illégalement au Luxembourg”

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“ Un holding acquis illégalement au Luxembourg”

Par N. Ryad Liberté, 10 octobre 2004

Comment Abdelmoumène Khalifa s’est retrouvé actionnaire de Société Générale Algérie ? C’est là un pan non négligeable de l’affaire Khalifa. Ce n’est désormais plus une énigme : “Abdelmoumène Khalifa a acquis le holding luxembourgeois Fiba qui détenait une partie du capital de Société Générale Algérie. Il s’est retrouvé ainsi actionnaire de Société Générale Algérie”, confie un banquier au fait du dossier.
À l’insu donc de la société-mère, qui détenait la majorité des actions de Société Générale Algérie (SGA), Fiba et la Sfi constituant le restant du capital. En fait, Abdelmoumène Khalifa n’a pas acheté les actions de Sga. En clair, il y est entré “en gros par effraction” à travers l’acquisition pour 5 millions de dollars du holding luxembourgeois Fiba. Cette dernière était la propriété de Ali Benouari, l’ex-ministre délégué au Trésor et d’opérateurs algériens, notamment un ex-Pdg de la Bea.
Aspect méconnu de l’affaire : cette acquisition est considérée comme un investissement d’un résident en Algérie à l’étranger (investissement de portefeuille). Or, “cette opération légalement doit passer par la Banque d’Algérie. Suivant la loi sur la monnaie et le crédit, c’est le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC) qui doit examiner et approuver cet investissement à l’étranger”, a ajouté la même source. Comme l’opération, suivant un dossier introduit par Abdelmoumène, via Khalifa Bank n’est pas passée par la Banque centrale, elle relève ainsi de l’illégalité, poursuit-il.
Aujourd’hui, la Banque d’Algérie a autorisé la Société Générale à racheter les actions que Abdelmoumène Khalifa détenait dans Sga à travers la Fiba, reprenant donc l’entière contrôle de sa filiale Algérie.
En résumé, avec cette acquisition, Abdelmoumène poussait ses pions sur le marché bancaire algérien. Il n’a pu heureusement mener à terme son OPA sur le système bancaire local à des fins de transferts de capitaux. La question est de savoir aujourd’hui comment a-t-il pu avec autant de facilité détourner les lois bancaires algériennes ?