Endgame pour Rafik Khalifa : Londres lui offre un aller simple vers Alger

Endgame pour Rafik Khalifa : Londres lui offre un aller simple vers Alger

Sana Harb, Maghreb Emergent, 16 décembre 2013

C’est fini pour le « tycoon » algérien, Rafik Khalifa, alias Moumène, en position d’extradable depuis plusieurs années en Grande-Bretagne. Selon le ministère de l’intérieur, l’ancien patron du groupe Khalifa a épuisé toutes les procédures judiciaires et pourrait se voir offrir un voyage sans retour vers Alger avant la fin de l’année.

Selon un communiqué du Home office cité par AFP, « « M. Khalifa s’est vu refuser d’interjeter appel devant la cour Suprême le 3 décembre. Il va être extradé dans les 28 jours qui font suite à cette date ». « Tous les recours de Rafik Khalifa » pour empêcher son extradition vers l’Algérie « ont été rejetés » par les autorités britanniques, a indiqué pour sa part lundi la procureure-adjointe du tribunal correctionnel de Nanterre (région parisienne), Marie-Christine Daubigney, au cours d’une audience de procédure. Cette situation équivaut selon elle à une « décision définitive de la Grande-Bretagne » en faveur de l’extradition de l’ancien magnat algérien. Le procès en France du fondateur de l’empire Khalifa, poursuivi pour banqueroute et détournements de fonds, doit se dérouler du 2 au 20 juin 2014 devant ce tribunal. Après avoir été monté au pinacle et présenté comme un modèle de réussite, la chute de « l’empire Khalifa » a commencé en novembre 2002 avec le blocage des transferts de la Khalifa Bank. A partir de 2003, c’est la déconfiture avec l’arrestation de collaborateurs sur le tarmac de l’aéroport d’Alger avec une valise contenant 200.000 euros en liquide. Les autorités, au grand dam de ceux qui estimait qu’il était possible de préserver les actifs, ont entrepris une liquidation au pas de charge, laissant sur le carreau de nombreux épargnants et déposants attirés par des taux d’intérêts hors norme. Moumène Khalifa a été condamné en mars 2007 à la perpétuité pour association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, et faux et usage de faux. Réfugié en Grande-Bretagne, Khalifa a lancé une éphémère chaine de TV. La justice britannique a autorisé son extradition en juin 2009, mais Khalifa a utilisé les voies de recours permis par le système judiciaire britannique pour empêcher son exécution. Le Home Office a définitivement donné son aval à l’extradition en avril 2010. Mais les avocats ont encore fait jouer la procédure. Cette fois-ci, à en croire, le Home Office, c’est la fin de partie pour Rafik Khalifa.