Affaire Khalifa Bank : Le juge rejette les demandes des victimes de se porter partie civile

Affaire Khalifa Bank : Le juge rejette les demandes des victimes de se porter partie civile

par Tahar Mansour, Le Quotidien d’Oran, 30 juin 2015

Coup de tonnerre, hier lundi, à la salle d’audience de la Cour de Blida où, après une semaine de délibéré, le juge Antar Menouar a annoncé que les demandes de constitution en partie civile de la Banque d’Algérie, de Khalifa Bank en liquidation, des entreprises nationales et autres institutions publiques étaient irrecevables. La raison de ce refus revient à ce que toutes les parties citées précédemment, ainsi que les particuliers, ne s’étaient pas pourvus en cassation lors du procès de 2007. Pour rappel, 39 établissements publics sont concernés par cette décision. Le président du tribunal les dirige vers le tribunal civil à qui ils doivent s’adresser pour réclamer leurs dus qui se chiffrent, rappelons-le, en dizaines de milliards de dinars. Si la défense de Khalifa Abdelmoumen s’est réjouie de ce jugement en se disant plus tranquille pour se pourvoir en cassation avant jeudi prochain, il n’en est pas de même pour les avocats de la Banque d’Algérie, de Khalifa Bank en liquidation ou des autres institutions qui ne s’attendaient nullement à cette décision. Ils affirment ne pas s’être pourvus en cassation lors du procès de 2007 car le principal accusé était absent alors qu’actuellement il est présent et doit leur rembourser tout leur argent.

Au cours de l’audience, une surprise attendait les présents : celle de l’abandon de la contumace à l’encontre du beau-frère d’Abdelmoumen Khalifa, M. Sedrati, accusé d’abus de confiance pour avoir gardé deux véhicules appartenant à Khalifa Bank. La déclaration de l’accusé, lue par le juge, affirme que les deux véhicules étaient un dépôt de sa sœur, la femme de Abdelmoumen, qui les lui a laissés.

Enfin, les avocats de Khalifa Abdelmoumen essaient de déduire les deux années passées par leur mandant en Angleterre avec le bracelet électronique de la durée de la sentence à laquelle il a été condamné dernièrement. Khalifa a passé jusqu’à maintenant 8 ans derrière les barreaux et il doit en passer dix autres pour purger sa peine. Si la demande des avocats est acceptée, il n’en passera que huit, ceci dans le cas où ni le procureur général ni la défense ne se pourvoient en cassation.