La justice britannique déclare valide la demande d’extradition de moumen khalifa

La justice britannique déclare valide la demande d’extradition de moumen khalifa

L’Algérie gagne la première bataille

El Watan,19 avril 2008

La demande algérienne d’extradition de l’ex-golden boy, Abdelmoumène Khalifa, va finalement être examinée jeudi prochain (24 avril).

En effet, le juge londonien, Timothy Workman, du tribunal de Westminster, a jugé hier valide la demande algérienne d’extradition, contre laquelle la défense de Khalifa avait déposé une requête au motif qu’elle « ne remplissait pas toutes les conditions requises par la loi ». C’est une petite victoire pour la justice algérienne qui voit ainsi aboutir une première procédure permettant d’ouvrir le dossier de l’extradition de Khalifa sujette à une polémique par déclarations officielles interposées. En attendant que la date de l’examen de la demande algérienne soit fixée, les autorités judiciaires nationales sont désormais appelées à présenter un dossier solide pour espérer mettre la main sur un homme qui a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité en mars 2007 par le tribunal criminel de Blida. A rappeler que la première audience consacrée à l’examen de la requête algérienne s’est tenue le 11 mars dernier et qui était « essentiellement procédurale ». La deuxième audience qui a eu lieu le 1er de ce mois a dû être reportée à hier en raison de l’insistance de la défense sur les questions de forme. Et dans l’audience d’hier, le juge a donné rendez-vous aux deux parties à jeudi prochain, soit le 24 de ce mois, pour une séance au terme de laquelle la date du début des audiences consacrées à l’examen concret de la demande d’extradition sera annoncée. Khalifa Abdelmoumène devrait à cette occasion déposer une demande de mise en liberté sous caution. La justice britannique avait, rappelle-t-on, prononcé une décision d’extradition de Khalifa vers la France à la fin août 2007 alors qu’il était attendu en Algérie. Il avait été arrêté le 27 mars 2007 en vertu d’un mandat d’arrêt européen et déféré devant le tribunal de Westminster dans le cadre d’une demande d’extradition formulée par la France pour « banqueroute frauduleuse, blanchiment d’argent et abus de biens sociaux ». L’exécution de la procédure était même programmée pour le 25 septembre 2007, mais elle a dû être différée pour que l’appel interjeté par la défense de Khalifa soit examiné. Et cette fois, c’est la demande algérienne qui sera examinée avant cet appel. Et si le dossier algérien est suffisamment étayé, l’ex-milliardaire, toujours en détention préventive en Grande-Bretagne, condamné pour « association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux » dans l’affaire de la faillite d’El Khalifa Bank, « a toutes les chances d’échouer aux mains de la justice dans son pays. Mais la justice française ne perd pas espoir de pouvoir mettre la main sur un homme soupçonné d’avoir détourné de l’argent, des titres et des actifs de Khalifa Airways, Antinéa Airlines (transport aérien) et Khalifa Rent-a-Car (KRC, location de voitures), causant ainsi leur liquidation et le licenciement de plus de cent salariés, et laissant une dette de plus de 90 millions d’euros. Ces développements positifs dans le feuilleton de l’extradition de Khalifa sont annoncés à un moment où des indiscrétions évoquent l’imminence de l’ouverture d’un autre procès Khalifa. Airways cette fois.

Hassan Moali